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HUNTING THE “I”

Lucy Cornelssen : qui fait l’enquête ?

ACCORDING TO SRI RAMANA MAHARSHI

samedi 2 juin 2018

Français

Quelqu’un a demandé à Sri Ramana :

« Quand cette enquête commence, qui la fait ? »
 
La réponse de Sri Ramana : « Le Moi ne fait pas vichara [1]. Ce qui fait l’enquête est l’ego. Le “je” à propos duquel l’enquête est faite est aussi l’ego. À la suite de l’enquête, l’ego cesse d’exister? et seul le Soi existe ». (Jour après jour, 21.11.45.)

Mais il y a des gens qui se sentent incapables d’attaquer la mauvaise idée d’eux-mêmes immédiatement. Ils veulent d’abord montrer une approche intellectuelle. Il y en a peut-être aussi qui ne savent même pas comment « entrer à l’intérieur ». À ceux-là nous recommandons d’abord qu’ils regardent de plus près leur propre « personne », à ce qu’ils prennent comme « je ».

Vous dites : « Je suis? assis, je marche », prenant évidemment le corps comme « je », parce que c’est le corps qui s’assoit ou qui marche.

Mais vous ne dites pas aussi : « Je pense, je crois, je décide », etc. Ce « je » vous semble plutôt être de la nature? de l’esprit? pensant !

Et qu’en est-il de votre bonheur ou tristesse, exaltation ou dépression ? N’est-ce pas un « je » d’un type sentiment ? Et à un autre moment émerge un « je » qui a l’intention de faire quelque chose?, de planifier, de concevoir, un « je » qui semble vouloir tout simplement ?

La conclusion semble être : « je » signifie tout cela ensemble comme mon corps-esprit-personne.

« Mon » ? De qui ? En regardant ces « je » franchement, nous voyons que ce corps-esprit-personne n’est pas non plus « je », mais « esprit ». Alors, de qui ? Où se trouve le « je » dans ce cas ?

Un étrange caprice de la langue? ?

Laissez-nous considérer le corps. Cela ne peut pas être « je », parce que tout le monde? parle de « son » corps. En dehors de cela, il est né sans avoir auparavant demandé son « je », et il mourra sans demander à son « je » s’il y consent ou non. Et entre temps, il vit jusqu’à son heure fixée sans aucune considération pour son « je », simple phénomène? biologique, produit de cette planète, et il semble plutôt présomptueux de dire même « mon » corps. De plus, « mon » corps ne m’obéit pas du tout, son « je ». Est-ce que « mon » esprit pensant fait cela ? La réponse est : « Non, au contraire ».

Il semble donc que penser, sentir et vouloir sont des fonctions du corps, ou, pour être plus spécifiques, de son cerveau, un mécanisme biologiquement réactif qui sert le corps correctement sans avoir besoin d’un « je » à cette fin.

Mais il semble toujours y avoir un « je », parce que nous en sommes conscients même maintenant, en ce moment, quand il semble perdre son dernier pied !

Attendez !

Restez très calme et observez : Ce « je » ne pense ni ne veut ; il n’a pas de qualités, n’est ni homme? ni femme, n’a ni corps ni esprit ; il n’a aucune trace de la « Personne » que vous aviez en tête lors de vos précédentes questions sur le « je ». Il est simplement conscient de soi-même comme « je suis ». Pas « Je suis ceci », « Je suis cela » ; seulement « je suis » .............................................

Mais attention : ce n’est pas vous qui avez ce « je » ... la Conscience? en tant qu’objet?, mais cette Conscience est votre vrai « je » !

Ce être pur « je suis » est le premier aperçu du vrai « je », le Soi, qui est par nature Pure Conscience.

Quand votre attention est vive, alors vous découvrirez simultanément qu’il n’y a pas maintenant et n’a jamais été un mauvais « je ». Cela a toujours été le même « vrai je », seulement votre esprit l’a recouvert de l’idée qu’il a de votre « personne ».

Original

Somebody asked Sri Ramana :

“When we start this enquiry, who is doing it ?”
 
Sri Ramana’s answer : “The Self does no vichara [2]. That which makes the enquiry is the ego. The ‘I’ about which the enquiry is made is also the ego. As the result of the enquiry the ego ceases to exist and only the Self is found to exist.” (Day by Day, 21.11.45.)

But there are people who feel unable to attack the wrong idea of themselves immediately. They want first to be shown an intellectual approach. There may also be some who do not even know how to ‘go within’. To those we recommend first that they take a closer look at their own ‘person’, at that which they take as ‘I’.

You say : ‘I sit, I walk’, obviously taking the body as ‘I’, because it is the body that sits or walks.

But don’t you also say ; ‘I think, I believe, I decide’, etc.? This ‘I’ seems rather to be of the nature of the thinking mind !

And what about your being glad or sad, elated or depressed ? Isn’t it an ‘I’ of some sort of feeling? ? And at another time there emerges an ‘I’ which is intending something, planning, designing, an ‘I’ which seems to be sheer willing ?

The conclusion seems to be : ‘I’ means all this together as my body-mind-person.

‘My ?’ Whose ? By looking at these ‘I’s quite frankly, we see that this body-mind-person also is not ‘I’, but ‘mind’. So whose ? Where is the ‘I’ to be found in this case ?

A strange whim of language ?

Let us consider the body. It cannot be ‘I’, because everybody talks about ‘his’ body. Apart from that, it has been born without having asked its ‘I’ beforehand, and it shall die without asking its ‘I’ whether it agrees to it or not. And in between it is living upto its appointed hour without any consideration for its ‘I’, a mere biological phenomenon, a product of this planet, and it seems rather presumptuous to say even ‘my’ body. Moreover ‘my’ body does not at all obey me, its ‘I’. Does ‘my’ thinking mind do that ? The answer is : ‘No, on the contrary.’

Thus it seems that thinking, feeling and willing are functions of the body, or, to be more specific, of its brain, a biologically reacting mechanism which serves the body properly without needing an ‘I’ for that purpose.

But still there seems to be an ‘I’, because we are conscious of it vividly even now, at this moment, when it appears to lose its last foothold !

Hold it !

Keep very quiet and observe : This ‘I’ does neither think nor will ; it has no qualities, is neither man nor woman, has neither body nor mind ; it has no trace of the ‘Person’ which you had in mind during your previous questions about the ‘I’. It simply is conscious of itself as ‘I am’. Not ‘I am this’, ‘I am that’ ; only ‘I am’.....................................................

But beware : It’s not you who has this ‘I’...Consciousness as an object, but this Consciousness is your real ‘I’ !

This pure be-ing ‘I am’ is the first glimpse of the real ‘I’, the Self, which is by nature Pure Consciousness.

When your attention is keen, then you will discover simultaneously that there is not now and never has been a wrong ‘I’. It has always been the same ‘real I’, only your mind has covered it up with the idea which it has about your ‘person’.


Voir en ligne : HUNTING THE “I”


[1enquête sur la nature du Soi

[2investigation into the nature of the Self