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THE STANZAS ON VIBRATION

Dyczkowski : Stanzas §§1-52

THE SPANDAKĀRIKĀ WITH FOUR COMMENTARIES

samedi 26 mai 2018

Français

1. Nous louons que Śaṅkara qui est la source de la puissance de la roue des énergies par quoi l’expansion (unmeṣa) et la contraction (nimeṣa) de l’univers est absorbée et devient réalité?.

2. Celui dans lequel toute cette création est établie et d’où elle provient n’est nulle part obstrué parce qu’elle est inconditionnée par (sa) nature? même.

3. Même lorsque la division prévaut à cause des états de veille et autres, elle s’étend à travers ce qui est indivis (tadabhinna) parce que la subjectivité perceptrice reste toujours fidèle à sa propre nature.

4. Aucune notion telle que : « Je suis? heureux », « Je suis misérable » ou « Je suis attaché » (existe indépendamment). Elles résident tous clairement ailleurs, c’est-à-dire (dans celui-ci) qui traverse (tous) les états de plaisir et de repos.

5. Cela existe dans le sens ultime où il n’y a ni plaisir ni douleur, sujet ou objet?, ni absence? de conscience?.

6-7. Ce principe devrait être examiné avec effort et révérence parce que cette liberté non créée l’emporte partout. En vertu de cela, les sens, avec le cercle intérieur, (quoique) inconscients se comportent comme s’ils étaient conscients en eux-mêmes et se dirigeaient vers (leurs objets). Repose [là] et se retire [d’eux].

8. En effet, l’âme individuelle (puruṣa?) n’active pas l’impulsion de la volonté (qui dirige l’activité? du corps) par elle-même, mais par son contact avec (sa) force (intérieure) propre (bala) faite de telle sorte? qu’elle s’identifie à celle-là (acquérant ainsi son pouvoir).

9. Un individu qui, (bien que) désirant faire diverses choses?, (mais) incapable de les faire à cause de son impureté innée, (éprouve) l’état suprême (param padam) quand la perturbation (ksobha) (de son faux ego?) cesse.

10. Alors (l’âme se rend compte) que sa (vraie) nature incréée (dharma) est l’agence (universelle) et perçoit la subjectivité, et ainsi il sait et fait tout ce qu’il désire.

11. Comment celui qui, comme étonné, voit sa propre nature comme ce qui soutient (toutes choses) peut-il être soumis à cette tournée maudite de transmigration ?

12. Le néant ne peut jamais être un objet de contemplation parce que la conscience y est absente. (c’est une erreur de croire que l’on? a perçu le néant) parce que lorsque la réflexion intervient, on est certain que c’était « ça ».

13. Considérez donc cela comme un état artificiel semblable au sommeil profond. Ce principe est toujours perçu et ne se souvient pas de cette manière.

14. De plus, deux États appelés « l’agent » et « le produit de l’action? » se tiennent ici. Le produit de l’action est sujet à la décomposition tandis que l’action est impérissable.

15. Seul l’effort dirigé vers le produit de l’action disparaît ici (dans des états de contemplation introvertie intense). Quand cela cesse, le non-croyant croit que sa propre existence? cesse (avec elle).

16. Cet être intérieur est la demeure de l’omniscience et de tous les autres attributs divins. Il ne peut jamais cesser d’exister parce que rien d’autre ne peut être perçu (en dehors de cela).

17. La perception de (la réalité) complètement éveillée (yogi) est constante (et demeure) inchangée dans les trois états, alors que d’autres (perçoivent) seulement à la fin du premier (tadādyante).

18. Le seigneur omniprésent apparaît dans deux états en union avec (son) pouvoir suprême dont la forme est la connaissance? et son objet. Ailleurs, à part ceux-là (deux états, il se manifeste) comme pure conscience.

19. Les courants de la pulsation (spanda) des qualités avec l’autre (principes) sont fondés sur la vibration universelle (de la conscience) et atteignent ainsi l’être ; par conséquent, ils ne peuvent jamais obstruer les illuminés.

20. Cependant, pour ceux dont l’intuition sommeille (ces vibrations de la conscience) ont l’intention de perturber leur propre état d’être (svasthiti), de les abattre sur le terrible chemin de la transmigration si difficile à traverser.

21. C’est pourquoi celui qui s’efforce constamment de discerner le principe spanda atteint rapidement son propre état d’être (vrai) même dans l’état de veille lui-même.

22. Spanda est stable dans l’état où l’on entre extrêmement en colère, intensément excité, en courant ou en se demandant quoi faire.

23-24. Une fois entré dans cet état que (le yogi) prend comme son soutien et fermement résolu que : « Je ferai sûrement tout ce qu’il dit », le soleil et la lune ensemble, suivant la voie ascendante, dans le canal? de suṣumnā, une fois abandonné la sphère de l’univers.

25. Alors, dans ce grand ciel, quand le soleil et la lune se dissolvent, l’esprit? morne (yogi est abattu) dans un état semblable à celui du sommeil profond. L’éveillé reste cependant lucide.

26. Saisissant cette force (bala), les mantras, dotés du pouvoir de l’omniscience, remplissent leurs fonctions, comme le font les sens de l’incarnation.

27. C’est là seulement qu’ils se dissolvent avec l’esprit de l’adepte et prennent ainsi part à la nature de Śiva.

28. Tout surgit de l’âme individuelle, et ainsi il est tout parce qu’il perçoit son identité avec la conscience (qu’il a) d’eux.

29. Il n’y a donc aucun état dans la pensée des mots ou de leurs significations qui ne soit Śiva. C’est le seul jouisseur qui demeure toujours et partout comme objet de jouissance.

30. Ou, constamment attentif, et percevant l’univers entier comme un jeu, celui qui a cette conscience (saṃvitti) est indubitablement libéré dans cette vie même.

31. C’est en effet la naissance de cet objet de méditation dans l’esprit du méditant, à savoir, la réalisation par l’adepte de son identité avec elle par la force de (son) intention.

32. Ceci seul est l’obtention du nectar de l’immortalité, c’est en effet s’emparer de soi, c’est l’initiation du nirvana? qui confère la vraie nature de Śiva (sadbhāva).

33. Demandé par la volonté, le bienfaiteur fait lever le soleil et la lune et confère aux incarnés, pendant qu’ils se réveillent, les objets qui sont dans leur (leur) cœur.

34. De même, dans l’état de rêve (Śiva), résidant au centre, manifeste sans exception, toujours et de la manière la plus vive les choses (son dévot) désire parce qu’il ne renonce jamais à (sa) demande priante.

35. Autrement (comme cela se produit normalement), la génération (d’images) serait continue et indépendante tout au long des états de veille et de rêve en accord avec leur caractère, comme cela arrive aux mondains.

36-37. Tout comme un objet qui n’est pas vu clairement au début, même lorsque l’esprit s’y attache soigneusement, devient plus tard pleinement évident quand on l’observe avec l’effort exercé par sa propre force (inhérente) (svabala) ; quand (le yogi) s’empare de ce même pouvoir de la même manière, alors tout ce qu’il perçoit lui apparaît rapidement en accord avec sa vraie nature (paramarithena) et quelle que soit sa forme, son lieu, son temps ou son état.

38. S’emparant de cette (force) même un homme? faible atteint son but, et de la même manière un homme affamé peut toujours calmer sa faim.

39. Quand le corps est soutenu par cela, on sait tout ce qui s’y passe. De même (cette même omniscience) prévaudra partout (quand le yogi) trouvera son soutien dans sa propre nature.

40. La lassitude ravage le corps, et cela vient de l’ignorance?. Mais si elle est éliminée par une expansion de la conscience (unmeṣa), comment (l’ignorance), privée de sa cause, peut-elle continuer à exister ?

41. L’expansion de la conscience qui a lieu quand on est engagé dans une seule pensée devrait être connue comme la source d’où une autre surgit. On devrait faire l’expérience de cela par soi-même.

42. Peu de temps après, de cette (expansion) surgit le point (bindu), de ce son (nāda), de cette forme (rūpa), et de ce goût (rasa) qui dérangent l’âme incarnée.

43. Quand (la conscience du yogi) imprègne toutes choses par (son) désir de percevoir, alors pourquoi parler beaucoup ? - il l’expérimentera par lui-même.

44. En tout temps (le yogi) doit rester bien éveillé. Ayant avec (sa) perception observé le champ (de la conscience), il devrait déposer tout en un seul endroit, et ainsi ne pas être troublé par un étrangeté (la réalité).

45. Celui qui est privé de sa puissance par les forces de l’obscurcissement (kalā), et qui est victime des pouvoirs découlant de la masse des sons (śabdarāśi), est appelé l’enchaîné (paśu).

46. ​​Opérant dans le domaine des éléments subtils, l’apparition de la représentation mentale (pratyaya) marque la disparition de la saveur du nectar suprême de l’immortalité ; à cause de cela (l’homme) perd sa liberté.

47. De plus, les pouvoirs (de la parole) sont toujours prêts à obscurcir sa nature car aucune représentation mentale ne peut naître non pénétrée par le discours.

48. Ceci, la puissance d’action de Śiva, résidant dans l’âme entravée, la lie, (mais) quand (sa vraie nature) est comprise et elle est placée sur son propre chemin, (ce pouvoir) confère les fruits du yoga (siddhi) [1]

49-50. (L’âme) est liée par la ville de huit (puryaṣṭaka) qui réside dans l’esprit, l’intellect et l’ego et qui consiste en l’apparition des (cinq) éléments subtils (de la perception sensorielle). Il souffre impuissant de l’expérience mondaine (bhoga) qui consiste en l’apparition de la représentation mentale née de cette (ville de huit), et ainsi son existence le soumet à la transmigration. Nous allons donc expliquer comment mettre fin à cette existence transmigratoire.

51. Mais quand il est fermement établi dans un endroit qui est alors généré et retiré (par lui à volonté), son état devient celui du sujet (universel). Ainsi, il devient le seigneur de la roue.

52. Je révère le merveilleux discours du maître, dont les paroles et la signification sont merveilleuses ; c’est le bateau qui conduit à travers l’océan insondable du doute.

Original

1. We praise that Śaṅkara who is the source of the power of the wheel of energies by whose expansion (unmeṣa) and contraction (nimeṣa) the universe is absorbed and comes into being.

2. That in which all this creation is established and from whence it arises is nowhere obstructed because it is unconditioned by (its very) nature.

3. Even when division prevails due to the waking and other states, it extends through that which is undivided (tadabhinna) because the perceiving subjectivity forever remains true to its own nature.

4. No notions such as : ‘I am happy,’ ‘l am miserable’ or ‘I am attached’ (exist independently). They all clearly reside elsewhere, namely, (in that) which threads through (all) the states of pleasure and the rest.

5. That exists in the ultimate sense where there is neither pleasure nor pain, subject nor object, nor an absence of consciousness.

6-7. That principle should be examined with effort and reverence because this, its uncreated freedom, prevails everywhere. By virtue of it, the senses, along with the inner circle, (although) unconscious behave as if conscious in themselves and move towards (their objects). Rest (there) and withdraw (from them).

8. Indeed the individual soul (puruṣa) does not activate the impulse of the will (which directs the body’s activity) by himself alone, but through his contact with (his) own (inner) strength (bala) made in such a way that he identifies with it, (thus acquiring its power).

9. An individual who, (though) desirous of doing various things, (but) incapable of doing them due to his innate impurity, (experiences) the supreme state (param padam) when the disruption (ksobha) (of his false ego) ceases.

10. Then (the soul realizes) that his (true) uncreated nature (dharma) is (universal?) agency and perceiving subjectivity, and so he knows and does whatever (he) desires.

11. How can one who, as if astonished, beholds his own nature as that which sustains (all things) be subject to this accursed round of transmigration ?

12. Nothingness can never be an object of contemplation because consciousness is absent there. (it is a mistake to believe that one has perceived nothingness) because when reflection (subsequently) intervenes, one is certain that ‘it was.’

13. Therefore consider that to be an artificial state similar to deep sleep. That principle is forever perceived and not remembered in this way.

14. Moreover two states called, ‘the agent’ and ‘product of action’ abide here. The product of action is subject to decay whereas agency is imperishable.

15. Only the effort directed towards the product of action disappears here (in states of intense introverted contemplation). When that ceases the unenlightened believes that his own existence ceases (with it).

16. That inner being is the abode of omniscience and every other divine attribute. It can never cease to exist because nothing else can be perceived (outside it).

17. The fully awakened (yogi’s) perception of that (reality) is constant (and abides) unaltered in all three states, whereas others (perceive) that only at the end of the first (tadādyante).

18. The omnipresent lord appears in two states in union with (his) supreme power whose form is knowledge and its object. Elsewhere, apart from these (two states, he manifests) as pure consciousness.

19. The streams of the pulsation (spanda) of the qualities along with the other (principles) are grounded in the universal vibration (of consciousness) and so attain being ; therefore they can never obstruct the enlightened.

20. Yet for those whose intuition slumbers, (these vibrations of consciousness) are intent on disrupting their own abiding state of being (svasthiti), casting them down onto the terrible path of transmigration so hard to cross.

21. Therefore he who strives constantly to discern the spanda principle rapidly attains his own (true) state of being even while in the waking state itself.

22. Spanda is stable in the state one enters when extremely angry, intensely excited, running or wondering what to do.

23-24. Once entered that state which (the yogi) takes as his support? and firmly resolves that : ‘I will surely do whatever he says,’ both the sun and moon set, following the ascending way, into the channel of susumnā, once abandoned the sphere of the universe.

25. Then in that great sky, when the sun and moon dissolve away, the dull minded (yogi is cast down) into a state like that of deep sleep. The awakened however remains lucid.

26. Seizing that strength (bala), mantras, endowed with the power of omniscience, perform their functions, as do the senses of the embodied.

27. It is there alone that they, quiescent and stainless, dissolve away along with the adept’s mind and so partake of Śiva’s nature.

28. Everything arises (out of) the individual soul, and so he is all things because he perceives his identity with the awareness (he has) of them.

29. Therefore there is no state in the thoughts of words or (their) meanings that is not Śiva. It is the enjoyer alone who always and everywhere abides as the object of enjoyment.

30. Or, constantly attentive, and perceiving the entire universe as play, he who has this awareness (saṃvitti) is undoubtedly liberated in this very life.

31. This indeed is the arising of that object of meditation in the mind of the meditator, namely, the adepts realization of his identity with it by the force of (his) intent.

32. This alone is the attainment of the nectar of immortality, this indeed is to catch hold of oneself, this is the initiation of nirvana which bestows siva’s true nature (sadbhāva).

33. Requested by the will, the benefactor makes the sun and moon rise and bestows on the embodied, while they wake, the objects that are in (their) heart.

34. So also in the dream state (Śiva), residing in the center, manifests without exception, always and most vividly the things (his devotee) desires because he never desists from (his) prayerful request.

35. Otherwise (as happens normally), the generation (of images) would be continuous and independent throughout the waking and dreaming states in accord with their character, as happens to the worldly.

36-37. Just as an object which is not seen clearly at first, even when the mind attends to it carefully, later becomes fully evident when observed with the effort exerted through one’s own (inherent) strength (svabala) ; when (the yogi) lays hold of that same power in the same way, then whatever (he perceives manifests to him) quickly in accord with its true nature (paramārthena), whatever be its form, locus, time or state.

38. Laying hold of that (strength) even a weak man? achieves his goal, and so in the same way a starving man can still his hunger.

39. When the body is sustained by this, one knows everything that happens within it. Similarly (this same omniscience) will prevail everywhere (when the yogi) finds his support in his own nature.

40. Lassitude ravages the body, and this arises from ignorance. But if it is eliminated by an expansion of consciousness (unmeṣa), how can (ignorance), deprived of its cause, continue to exist ?

41. The expansion of consciousness that takes place when one is engaged in a single thought should be known as the source from whence another arises. One should experience that for oneself.

42. Shortly after, from that (expansion) arises the point (bindu), from that sound (nāda), from that form (rūpa), and from that taste (rasa) which disturb the embodied soul.

43. When (the yogi’s consciousness) pervades all things by (his) desire to perceive, then why speak much ?—he will experience it for himself.

44. At all times (the yogi) should remain well awake. Having with (his) perception observed the field (of awareness), he should deposit all in one place, and so be untroubled by any alien (reality).

45. He who is deprived of his power by the forces of obscuration (kalā), and is a victim of the powers arising from the mass of sounds (śabdarāśi), is called the fettered (paśu).

46. Operating in the field of the subtle elements, the arising of mental representation (pratyaya) marks the disappearance of the flavor of the supreme nectar of immortality ; due to this (man) forfeits his freedom.

47. Moreover the powers (of speech) are always ready to obscure his nature as no mental representation can arise unpenetrated by speech.

48. This, Śiva’s power of action, residing in the fettered soul, binds it, (but) when (its true nature) is understood and it is set on its own path, (this power) bestows the fruits of yoga (siddhi). [2]

49-50. (The soul) is bound by the city of eight (puryaṣṭaka) that resides in the mind, intellect, and ego and consists of the arising of the (five) subtle elements (of sensory perception). He helplessly suffers worldly experience (bhoga) which consists of the arising of mental representation born of that (city of eight), and so its existence subjects him to transmigration. Thus we will explain how to end this transmigratory existence.

51. But when he is firmly established in one place that is then generated and withdrawn (by him at will), his state becomes that of the (universal) subject. Thus he becomes the lord of the wheel.

52. I revere the wonderful speech of the master, whose words and their meaning are marvelous ; it is the boat that carries one across the fathomless ocean of doubt.


Voir en ligne : THE STANZAS ON VIBRATION


[1Selon Bhagavadutpala, cette strophe signifie :
48. Ceci, le pouvoir d’action de Śiva, est entièrement sous son contrôle (paśuvartinī). (Bien que) elle lie (l’âme enchaînée), quand (sa vraie nature) est comprise et qu’elle est placée sur son propre chemin, elle confère les fruits du yoga (siddhi).

[2According to Bhagavadutpala this stanza means :
48. This, Śiva’s power of action, is completely under his control (paśuvartinī). (Although) it binds (the fettered soul), when (its true nature) is understood and it is set on its own path, it bestows the fruits of yoga (siddhi).