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THE MATHNAWI

Rumi: Écoutez le roseau...

PROEM

quinta-feira 10 de maio de 2018, por Cardoso de Castro

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Écoutez le roseau comment il raconte une histoire, se plaignant de séparations ...
En disant: «Depuis que j’ai été séparé du lit de roseau, ma plainte a fait gémir l’homme et la femme.
Je veux une poitrine déchirée par la rupture, afin que je puisse dévoiler (à un tel) la douleur du désir d’amour.
Chacun qui reste loin de sa source veut de nouveau le temps où il était uni avec elle.
Dans chaque compagnie, je proférai mes notes goulues, je fréquentais les malheureux et ceux qui se réjouissaient.
Chacun est devenu mon ami de sa propre opinion; aucun n’a cherché mes secrets en moi.
Mon secret n’est pas loin de ma plainte, mais l’oreille et l’œil manquent de lumière (par quoi il faut l’appréhender).
Le corps n’est pas voilé de l’âme, ni l’âme du corps, mais personne n’est autorisé à voir l’âme. "
Ce bruit du roseau est le feu, ce n’est pas le vent: qui n’a pas ce feu, qu’il soit nul!
C’est le feu de l’amour qui est dans le roseau, c’est la ferveur de l’amour qui est dans le vin.
Le roseau est le camarade de tous ceux qui ont été séparés d’un ami: ses tensions ont transpercé nos coeurs.
Qui a jamais vu un poison et un antidote comme le roseau? Qui a jamais vu un sympathisant et un amant amoureux comme le roseau?
Le roseau raconte la Voie pleine de sang et raconte des histoires de la passion de Majnún.
Ce sens n’est confié qu’à l’insensé: la langue n’a de client que l’oreille.
Dans notre malheur, les jours (de la vie) sont devenus inopportuns: nos jours voyagent main dans la main avec des chagrins brûlants.
Si nos jours sont partis, laissez-les aller! - C’est sans importance. Restes-tu, car nul n’est saint comme tu es!
Celui qui n’est pas un poisson est repu avec Son eau; celui qui est sans le pain quotidien trouve le jour long.
Aucun qui est cru ne comprend l’état de l’être mûr: donc mes mots doivent être brefs. Adieu!

Reynold Nicholson

Listen to the reed how it tells a tale, complaining of separations—
Saying, “Ever since I was parted from the reed-bed, my lament hath caused man and woman to moan.
I want a bosom torn by severance, that I may unfold (to such a one) the pain of love-desire.
Every one who is left far from his source wishes back the time when he was united with it.
In every company I uttered my wailful notes, I consorted with the unhappy and with them that rejoice.
Every one became my friend from his own opinion; none sought out my secrets from within me.
My secret is not far from my plaint, but ear and eye lack the light (whereby it should be apprehended).
Body is not veiled from soul, nor soul from body, yet none is permitted to see the soul.”
This noise of the reed is fire, it is not wind: whoso hath not this fire, may he be naught!
’Tis the fire of Love that is in the reed, ’tis the fervour of Love that is in the wine.
The reed is the comrade of every one who has been parted from a friend: its strains pierced our hearts1.
Who ever saw a poison and antidote like the reed? Who ever saw a sympathiser and a longing lover like the reed?
The reed tells of the Way full of blood and recounts stories of the passion of Majnún.
Only to the senseless is this sense confided: the tongue hath no customer save the ear.
In our woe the days (of life) have become untimely: our days travel hand in hand with burning griefs.
If our days are gone, let them go!—’tis no matter. Do Thou remain, for none is holy as Thou art!
Whoever is not a fish becomes sated with His water; whoever is without daily bread finds the day long.
None that is raw understands the state of the ripe: therefore my words must be brief. Farewell!


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