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VAC - THE CONCEPT OF THE WORD IN SELECTED HINDU TANTRAS

Padoux : le Verbe, une fulgurance vibratoire

La manifestation du son

samedi 5 mai 2018

Extrait des pages 86-87 de la traduction anglaise de Jacques Gontier

Français

L’activité? de la conscience? divine qui amène l’univers à l’existence?, et qui, au plus haut niveau, est, comme nous l’avons vu, pure lumière?, prakāśa, est souvent décrite, spécialement dans la Trika?, comme un éclair, un éclat, un vibration lumineuse. Ceci est traduit par des termes tels que sphurattā, ullāsa, [1] et d’autres. Cette fulgurance vibratoire, autant que celle de la conscience, est celle du Verbe à son stade ultime : nous verrons plus loin comment le parāvāc est défini comme conscience (cit) et lumière scintillante (sphurattā). La manifestation, comme elle est née hors de la Parole et avec elle, peut donc être comprise comme un éclair qui s’obscurcit peu à peu. Cela se produit à travers une série? de transformations et de condensations d’énergie sonore ou phonique primitive, qui produit progressivement (mais dans un processus sans fin, car il se déroule au-delà du temps) l’univers manifesté, un processus qui se déroule de manière analogue chez les êtres humains. à l’intérieur duquel le son (et ensuite la parole) se développera suivant un processus correspondant à celui de la cosmogonie, et où les symboles phonétiques apparaissent comme étroitement liés aux métaphores visuelles se référant à l’aspect de la lumière de la Parole.

[87] Pour suivre cette évolution du son depuis sa source, quelques strophes du Śāradātilaka de Laksmanadeśika peuvent être considérées comme une ligne directrice, car elles reflètent une perspective généralement reconnue. Après avoir décrit l’Absolu?, qui est imprégné (vyāpta) par la Parole, ce texte se lit ainsi : « Du Suprême Seigneur, débordant d’existence, de conscience et de béatitude?, doué de kalā, naît l’énergie [phonique]. De cela naquit nāda et hors de nāda, bindu, qui est une manifestation de l’énergie suprême, et qui elle-même se divise en trois. Ses trois parties sont appelées : bindu, nāda et bīja. » De cette triple division, ajoute le Śāradātilaka, śabdabrahman vient maintenant à l’existence et prend la forme du kundalinī. De là naissent les phonèmes (varna), puis la parole ; les dieux, puis les éléments et le monde? empirique.

C’est, en un mot, comment cette énergie sonore évolue, amenant l’émanation entière à l’existence, à partir du principe primaire, transcendant et pourtant doté d’un besoin de manifestation (sakala). Bien que le processus se déroule principalement (jusqu’à śabdabrahman) dans l’énergie de Śiva, il est néanmoins décrit en termes plutôt concrets. C’est un processus cosmogonique, et pourtant, avec le kundalinī, il se produit dans le corps humain?, qui est en effet considéré comme identique au cosmos, le cygne (hamsa) étant le souffle vital aussi bien que le clignotement de l’énergie suprême.

Jacques Gontier

The activity of divine consciousness which brings the universe into existence, and which, at the highest level, is, as we have seen, pure light, prakāśa, is often described, especially in the Trika, as a flashing forth, a radiance, a luminous vibration. This is conveyed by such terms as sphurattā, ullāsa, [2] and others. This vibrating effulgence, as much as that of consciousness, is that of the Word at its ultimate stage : we shall see later (p. 174) how parāvāc is defined as consciousness (cit) and glittering light (sphurattā). Manifestation, as it is born out of the Word and along with it, may thus be understood as a flashing forth which gradually becomes obfuscated. This occurs through a series of transformations and condensations of sound or phonic primal energy, which gradually brings forth (but in a never-ending process, for it takes place beyond time) the manifested universe, a process that takes place analogously in human beings, within whom sound (and then speech) will develop following a process corresponding to that of the cosmogony, and where the phonetic symbols appear as closely related to visual metaphors referring to the Word’s aspect of light.

[87] To follow this evolution of sound from its source, a few stanzas from Laksmanadeśika’s Śāradātilaka may be taken as a guideline, for they reflect a generally acknowledged outlook. After describing the Absolute, which is permeated (vyāpta) by the Word, this text reads thus : “Out of the supreme Lord, overflowing with existence, consciousness, and bliss, endowed with kalā, was born the [phonic] energy. Out of that came forth nāda and out of nāda, bindu, which is a manifestation of the supreme energy, and which itself divides into three. Its three portions are called : bindu, nāda, and bīja.” Out of this threefold division, adds the Śāradātilaka, śabdabrahman now comes into existence and assumes the form of the kundalinī. Therefrom arise the phonemes (varna), then speech ; the gods, then the elements and the empirical world.

This is, in a nutshell, how this sound-energy moves on?, bringing the whole emanation into existence, from the primary principle, transcendent and yet endowed with an urge toward manifestation (sakala). Although the process occurs mostly (down to śabdabrahman) within Śiva’s energy, it is nonetheless described in rather concrete terms. It is a cosmogonic process, and yet, with the kundalinī, it occurs within the human body, which indeed is considered as identical with the cosmos, the swan (hamsa) being the vital breath as well as the flashing forth of the supreme energy.


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[1Ul-LAS signifie briller, rayonner, se faire révéler ou perceptible, apparaître. Cela signifie aussi se réverbérer, se déplacer, faire du sport, danser, être heureux ou joyeux. Dans le causatif, ullāsayati signifie faire ressortir, bouger, etc. Donc ce mot traduit très bien la qualité de la projection de la lumière, de la manifestation sans inhibition, du sport, d’un principe vivant, lumineux, qui est celui de la manifestation, selon les traditions considérées ici.

[2Ul-LAS means to shine forth, to radiate, to become revealed or perceptible, to appear. It also means to reverberate, to move, to sport, to dance, to be happy or cheerful. In the causative, ullāsayati means to bring out, to move, etc. Therefore this word conveys very aptly the quality of light projection, of uninhibited manifestation, of sport, of a living, luminous principle, which is that of the manifestation, according to the traditions considered here.