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SHANKARA On the Soul

Shankara : le Soi et le complexe psycho-physique

A.J. Alston

lundi 30 avril 2018

Extrait du chapitre « VIII - THE SOUL AND ITS ORGANS AND BODIES », section « 1. The Soul as the Self viewed under its Superimposed Adjuncts »

Français

Ainsi adressée, l’élève répondit : Si je n’étais rien de plus que le complexe psycho-physique, alors je ne pourrais pas effectuer la superposition mutuelle du corps et du Soi, parce que je serais non-conscient et existerais pour le bénéfice d’un autre. Mais si je devais en conclure que je devais être le Soi, transcendant, autre que le complexe psycho-physique, existant pour moi?-même parce que conscient, alors la superposition, la semence de tout mal?, aurait été délibérément réalisée par moi-même sur moi-même (ce qui est absurde).

Ainsi adressé, le Maître a répondu : Si vous pensez que la superposition erronée est la semence de tout mal, alors ne le faites pas.

Monsieur, je ne peux pas m’empêcher. Je suis? demandé à cela par autre chose? (autre que moi-même) et je ne suis pas libre en la matière?.

Alors dans ce cas, puisque (étant de votre propre aveu un instrument passif) vous n’êtes pas un être conscient, vous ne pouvez pas exister? pour vous-même. Ce de qui l’incitation vous fait agir? sans liberté, doit être conscient et exister pour soi-même. Vous devez être juste le complexe psycho-physique non conscient (en soi) (qu’il utilise comme un instrument).

Si je suis inconscient, comment est-ce que j’éprouve du plaisir et de la souffrance et comprends ce que tu me dis ?

Le Maître a dit : Es-tu différent des sentiments? de plaisir et de douleur et de ce que je te dis, ou es-tu différent ?

L’élève a dit : Eh bien, je ne suis pas non-différent. Car je les connais tous les deux comme des objets, comme un pot. Si j’étais non-différent d’aucun d’eux, je ne pourrais pas les connaître. Mais je les connais en fait. Par conséquent, je suis différent d’eux. Et si je n’étais pas différent d’eux, ces modes transitoires, les sentiments de plaisir et de douleur (ne seraient pas de simples? objets de mon expérience) existeraient pour eux-mêmes, et donc ce que tu m’as dit. Mais il n’est pas raisonnable de soutenir qu’ils pourraient exister pour eux-mêmes. Car le plaisir occasionné par le bois de santal et la douleur occasionnée par les épines n’existent pas au profit du bois de santal et des épines. L’utilisation d’un pot n’existe pas non plus pour le bénéfice du pot. Par conséquent, le bois de santal et autres existent pour moi, celui qui les éprouve. Car je suis celui qui connaît tout ce qui me vient à l’esprit? et je suis moi-même différent de lui.

Le Maître lui a dit : Alors, évidemment, vous existez pour vous-même, parce que vous êtes conscient et n’êtes pas incités à agir par un autre. Nul qui est conscient n’est libre et incité à agir par un autre, car un être conscient ne peut exister pour un autre, puisque tous deux sont identiques, comme la lumière? de deux lampes. Ce qui a la conscience? ne peut pas non plus servir aux fins de ce qui n’a pas de conscience, parce que celui-ci, par le fait même d’être sans conscience, n’a pas de fins propres à poursuivre. Nous ne trouvons pas non plus deux choses non conscientes servant mutuellement les fins de l’autre. La poutre et le mur ne servent pas les uns aux autres les uns les autres. [1]

Mais n’est-ce pas un fait que deux êtres conscients, le maître et le serviteur, bien qu’également égaux au point d’être conscients, sont perçus comme servant mutuellement les fins de l’autre ?

Cela est à côté de la question [2]. Car je voulais parler de vous comme conscient dans le sens que le feu a de la chaleur et de la lumière [3], et j’ai donné l’exemple de la lumière des deux lampes. Cela étant, vous expérimentez tout ce qui entre dans votre esprit à travers votre conscience éternelle et toujours immuable, comparable à la chaleur et à la lumière du feu. Si donc vous êtes d’accord que votre Soi est toujours dépourvu de distinctions de cette manière, pourquoi avez-vous demandé : « Après avoir à plusieurs reprises obtenu un répit dans un sommeil sans rêves, j’éprouve à nouveau la douleur dans l’éveil et le rêve. Est-ce ma nature? même ou est-ce quelque chose d’adventif ? » Cette illusion? est-elle partie ou non ?

Ainsi adressé, l’élève répondit : Monsieur, cette illusion est passée par votre grâce.

Original

Thus addressed, the pupil replied : If I were nothing more than the psycho-physical complex, then I could not perform the mutual superimposition? of body and Self, because I would be non-conscious, and would exist for the sake of another. But if I were to conclude from this that I must be the Self, transcendent, other than the psycho-physical complex, existent for my own sake because conscious, then superimposition, the seed of all evil, would have been deliberately performed by myself on? myself (which is absurd).

Thus addressed, the Teacher replied : If you think that erroneous superimposition is the seed of all evil, then do not do it.

Sir, I cannot prevent myself. I am prompted to it by something else (other than myself) and am not free in the matter.

Then in that case, since (being on your own admission a passive instrument) you are not a conscious being, you cannot exist for your own sake. That by whose prompting you act unfreely must be conscious and exist for itself. You must be just the (per se) non-conscious psycho-physical complex (which it uses as an instrument).

If I am non-conscious, how is it that I experience pleasure and pain, and understand what you say to me ?

The Teacher said : Are you different from the feelings of pleasure and pain and from what I say to you, or are you non-different ?

The pupil said : Well, I am not non-different. For I know both of them as objects, like a pot. If I were non-different from either of them, then I could not know them. But I do in fact know them. Therefore I am different from them. And if I were not different from them, those transient modes, the feelings of pleasure and pain (would not be mere objects of my experience but) would exist for their own sake, and so would what you have said to me. But it is not reasonable to hold that they could exist for their own sake. For the pleasure occasioned by sandalwood and the pain occasioned by thorns do not exist for the benefit of the sandalwood and the thorns. Nor does the use of a pot exist for the benefit of the pot. Therefore sandalwood and the like exist for my sake, the one who experiences them. For I am the one who knows everything that comes into my mind, and am myself different from it.

The Teacher said to him : Then, evidently, you exist for your own sake, because you are conscious and are not prompted to act by another. No one who is conscious is unfree and prompted to act by another, for one conscious being cannot exist for the sake of another, since both are identical, like the light of two lamps. Nor can that which has consciousness serve the ends of that which does not have consciousness, because the latter, from the very fact of being without consciousness, has no ends of its own to pursue. Nor do we find two non-conscious things serving each other’s ends mutually. The beam and the wall do not serve each other’s purposes mutually. [4]

But is it not a fact that two conscious beings, master and servant, though equal in point of being conscious, are seen to serve each other’s ends mutually ?

That is beside the point. [5] For I meant to speak of you as conscious in the sense that fire has heat and light [6], and I gave the example of the light of the two lamps. This being so, you experience everything that enters into your mind through your eternal and ever-changeless consciousness, comparable to the heat and light of the fire. If, then, you agree that your Self is ever void? of distinctions in this way, why did you ask, ‘After repeatedly attaining respite in dreamless sleep, I again experience pain in waking and dream. Is this my very nature or is it something adventitious ?’ Has that delusion gone or not ?

Thus addressed, the pupil replied : Sir, that delusion has gone by your grace.


Voir en ligne : SHANKARA ON THE SOUL


[1Ils servent seulement les buts de l’être conscient qui les a rassemblés pour avoir une maison.

[2L’Instructeur signifie que dans le cas du maître et du serviteur, nous parlons de l’ensemble du Soi et des compléments illusoires formant la personnalité individuelle. Dans cette situation, les éléments illusoires (corps et esprit, etc.) appartenant aux deux personnalités peuvent être mutuellement utiles.

[3I.e. Je pensais à votre vrai Soi avec la conscience pour sa propriété essentielle.

[4They only serve the purposes of the conscious being who put them together in order to have a house.

[5The Teacher means that in the case of the master and servant we are speaking about the complex of the Self and the illusory adjuncts forming the individual personality. In this situation, the illusory elements (body and mind, etc.,) belonging to the two personalities can be of service to each other mutually.

[6I.e. I was thinking of your real Self with consciousness for its essential property.