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Trois Upanishads (Isha, Kena, Mundaka)

Aurobindo : Commentaire de l’Isha Upanishad

Version en français de Jean Herbert

lundi 2 avril 2018

Les Upanishads étant destinées à illuminer plutôt qu’à instruire, sont composées pour des chercheurs déjà familiarisés, au moins dans l’ensemble, avec les idées des voyants védiques et védântiques et possédant même quelque expérience personnelle des réalités auxquelles elles se réfèrent. Leurs auteurs se dispensent donc d’exprimer les transitions de pensée et de développer des notions implicites ou secondaires.

Chaque vers, dans l’Isha Upanishad, repose sur un certain nombre d’idées, qu’implique le texte, mais qui ne s’énoncent nulle part explicitement. Les conclusions seules s’expriment ; et le raisonnement sur lequel elles reposent demeure sous-entendu. Les mots le suggèrent mais ne le communiquent point ouvertement à l’esprit?.

Le lecteur ou plutôt l’auditeur de l’Upanishad était supposé capable d’aller de lumière? en lumière, fortifiant ses intuitions, les mettant à l’épreuve de l’expérience, sans les soumettre au jugement de la raison logique.

Pour la pensée moderne, une telle méthode n’est plus applicable. Il est donc nécessaire? de systématiser les idées de l’Upanishad, d’exprimer ce qu’elles suggèrent, et de faire apparaître, en suppléant au manque de transitions, leur lien, réel mais caché, d’enchaînement rationnel.

L’idée centrale de l’Upanishad, la réconciliation, l’harmonisation des opposés fondamentaux, est exprimée systématiquement dans quatre mouvements successifs de pensée.

PREMIER MOUVEMENT

Le premier établit, comme base fondamentale, l’idée de l’Être unique et immuable habitant et gouvernant l’univers du mouvement et des formes en mouvement (Verset 1, ligne 1).

De cette conception se déduit la loi de la vie divine dans l’homme? : jouissance de tout par le renoncement à tout, par la suppression du désir (Verset 1, ligne 2).

Puis apparaît la justification des oeuvres et de la vie physique par l’inaliénable liberté de l’âme, une avec le Seigneur, au sein des multiples et mouvantes activités (Verset 2).

Et pour finir, ce résultat d’une opposition ignorante à la légitime manifestation de l’Unique dans le multiple : la descente après la mort dans une aveugle obscurité (Verset 3).

DEUXIÈME MOUVEMENT

Le deuxième mouvement résume et amplifie les idées du premier verset.

L’unique Permanent et le mouvement multiple s’identifient en le seul Brahman?, dont l’unité et l’immutabilité constituent la plus haute réalité?, et qui cependant contient tout et habite en tout (Versets 4 et 5).

Ainsi se fonde et se réalise la loi de la vie, par l’expérience de l’unité identifiant l’homme, ainsi libéré de toute douleur, de toute illusion?, avec le « Moi? » transcendantal et tous ses devenirs cosmiques (Versets 6 et 7).

TROISIÈME MOUVEMENT

Le troisième mouvement reprend l’idée de la justification de la vie et des œuvres (sujet du verset 2), et indique les conditions de leur divin accomplissement.

C’est par degrés que l’Être unique se manifeste dans l’univers du mouvement et dans les devenirs multiples. La loi interne de toutes les existences est le fait de Sa conception et de Sa libre détermination (Verset 8).

La connaissance? et l’ignorance?, le devenir et la dissolution sont conciliés. Leur utilité mutuelle a pour fin la progressive réalisation de l’être qui tend de l’état du mortel à l’état d’immortalité (Versets 9 à 14).

QUATRIÈME MOUVEMENT

Le quatrième mouvement marque un retour de la pensée vers les autres mondes. Sous le symbolisme de Sûrya et d’Agni, sont notés les rapports entre la Vérité et l’Immortalité suprêmes (Versets 15 et 16), entre les activités de cette existence? (Verset 17) et les états qui suivent la mort (Verset 18).


Voir en ligne : SHRI AUROBINDO