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THE DOCTRINE OF VIBRATION

Dyczkowski : la conscience dans le shivaïsme

Integral Monism of Kashmiri Shaivism

vendredi 9 mars 2018

Extrait des pages 43-45.

Français

Le shivaïsme assimile totalement l’absolu? à la conscience?. La réalité est la seule conscience pure (samvid). La conscience et l’être sont synonymes. Vivre l’identité essentielle entre eux, c’est jouir de la félicité (ânanda) de la réalisation. L’Advaita? Vedântin soutient que, dans un sens primaire, la réalité ne peut être caractérisée d’une manière particulière, mais affirme que nous pouvons la concevoir secondairement comme étant « Être-Conscience-Béatitude » (saccidânanda). L’être, compris comme une substance absolue (qui n’est pas substantielle au sens matériel), est le modèle de la conception advaita de la conscience. D’autre part, le shivaïsme moniste considère la conscience comme le modèle de base à travers lequel nous comprenons l’Être. La conscience [44] du point de vue du Vedântin est le parallèle microcosmique de l’Etre macrocosmique. L’être est le substrat réel de l’univers et de la conscience de la personnalité individuelle (jīva). Ainsi, la conscience, comme l’Être, est parfaitement inactive, un plénum noétique pur : la connaissance? en tant que telle, sans objet? de connaissance ou même de conscience de soi. Il soutient que la conscience est autonome ; c’est une réalité éternelle qui ne dépend pas de l’esprit? ou du corps pour son existence?. Sur ce point, le Shivaïte et le Vedântin sont d’accord. Abhinava Abhinavagupta
Abhinava
AG
Abh
Abhinavagupta (950-1020), maître du shivaïsme du Cachemire, aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.
verse le mépris sur les vues matérialistes ; ne faisant aucune prétention à la politesse, dit-il,

Certains imbéciles considèrent que rien d’autre que le corps n’existe parce que le mouvement provient du corps, dont la propriété est la conscience, qui à son tour fait corps avec le souffle vital. Cette conception, propre aux individus (de statut inférieur) tels que les enfants, les femmes et les idiots, est, par les matérialistes, élevée au statut de système.

Le concept de conscience est la base solide sur laquelle est construite la métaphysique du shivaïsme du Cachemire. On pourrait presque le décrire comme une psychologie de la conscience absolue. La conscience est plus que la conscience que l’individu a de lui-même et de son environnement ; c’est un principe éternel et omniprésent. C’est la réalité la plus élevée (paramārtha) et toutes les choses sont une manifestation de cette conscience (cidvyakti). Toutes les entités, sans distinction, sont de la nature? de la conscience et, par conséquent, la réalité peut être affirmée positivement comme étant une « masse compacte de conscience et de félicité » (cidānandaghana). Il n’y a pas de trous ou de trous dans la réalité où la conscience est absente. Il est éternellement et béatement en repos dans sa propre nature (svātmaviśrānta), libre de toute association avec tout ce qui est en dehors de lui-même. Libre de tout désir de n’importe quoi (nirākāṇkṣa) et indépendant (nirapekṣa), il ne ressemble à personne d’autre qu’à lui-même (ananyamukhaprekṣiri).

La nature essentielle (svabhāva) de cette conscience universelle pure est la vraie nature du Soi. En tant que sujet suprême qui illumine et connaît toutes choses, il est appelé la « Grande Lumière » (mahaprakāśa) qui est incréée et ne peut jamais être enseignée (aśrauta). Figurativement décrit comme le soleil de la conscience, sa lumière absorbe la dualité dans son éclat, baignant l’univers entier de la splendeur de son éclat divin. En faisant de toutes choses une avec sa nature, elle les transforme en cercle sacré (mandala) de ses propres rayons. Non seulement la conscience est absolue, elle est aussi divine. C’est Śiva Shiva
Śiva
le Seigneur
Śiva e Śakti, Deus e seu Poder, formam uma unidade sem dualidade.
, le Seigneur (cinnātha) de l’univers. En tant qu’identité authentique (ātman) de tous les êtres vivants, la conscience est l’objet suprême du culte, la vraie nature de la Déité. La conscience est Dieu et Dieu est conscience en vertu de sa nature même ; l’omnipotence [45], l’omniscience et tous les autres attributs divins sont en fait des attributs de la conscience. Bhagavatotpala, commentant les Stanzas on Vibration, cite :

Dans aucun de tes états [O Seigneur] la conscience est absente. Donc. Vous êtes vénéré comme la masse dense de la conscience du yogi seul.

La conscience n’est pas un témoin passif (sākṣin), mais elle est pleine de l’activité consciente (citikriyā) à travers laquelle elle génère l’univers et le résorbe en lui-même à la fin de chaque cycle de création. La liberté (svātantrya) de la conscience de faire ceci est sa puissance souveraine (aiśvarya) en vertu de laquelle c’est le seul Dieu qui gouverne l’univers entier. La liberté absolue de connaître et de faire toutes choses est la caractéristique première de la Déité :

Le pouvoir gouvernant du Seigneur Suprême dont la nature est Sa propre nature éternelle unique en tant qu’agence pure (kartṛtā) dont l’essence est le rayonnement pulsant divin (sphurattā) de la lumière de la conscience.

Original

Śaivism equates the absolute wholly with consciousness. Reality is pure consciousness alone (samvid). Consciousness and Being are synonymous. To experience the essential identity between them is to enjoy the bliss (ānanda) of realisation. The Advaita Vedāntin maintains that in a primary sense reality cannot be characterised in any particular way, but affirms that secondarily we can conceive it to be ‘Being-Consciousness-Bliss (saccidãnanda). Being, understood as an absolute substance (which is not substantial in a material sense), is the model for the Advaita conception of consciousness. Monistic Śaivism, on the other hand, considers consciousness to be the basic model through which we understand Being. Consciousness [44] from the Vedāntin’s point of view is the microcosmic parallel of macrocosmic Being. Being is the real substratum of the universe and consciousness that of the individual personality (jīva). Hence consciousness, like Being, is perfectly inactive, a pure noetic plenum : knowledge as such, without an object of knowledge or even self-awareness. He maintains that consciousness is autonomous ; it is an eternal reality that does not depend on the mind or body for its existence. On this point, the Śaivite and Vedântin agree. Abhinava pours scorn on materialist views ; making no pretence at politeness, he says,

Some fools consider that nothing apart from the body exists because movement arises from the body, whose property is consciousness, which in its turn is one with the vital breath. This conception, peculiar to individuals (of low status) such as children, women and idiots is, by the materialists, elevated to the status of a system.

The concept of consciousness is the firm foundation upon which Kashmiri Śaiva metaphysics is constructed. One could almost describe it as a psychology of absolute consciousness. Consciousness is more than the awareness an individual has of himself and his environment ; it is an eternal all-pervasive principle. It is the highest reality (paramārtha) and all things are a manifestation of this consciousness (cidvyakti). All entities, without distinction, are of the nature of consciousness and hence reality can be positively affirmed to be a ‘compact mass of consciousness and bliss’ (cidānandaghana). There are no holes or gaps anywhere in reality where consciousness is absent. It is eternally and blissfully at rest within its own nature (svãtmaviśrānta), free of all association with anything outside itself. Free of all craving for anything (nirākāñkşa) and independent (nirapekşa), it looks to none other but itself (ananyamukhaprekşiri).

The essential nature (svabhāva) of this pure universal consciousness is the true nature of the Self. As the supreme subject who illumines and knows all things, it is called the ‘Great Light?’ (mahāprakāśa) which is uncreated and can never be taught (aśrauta). Figuratively described as the sun of consciousness, its light absorbs duality in its brilliance, bathing the whole universe with the splendour of its divine radiance. Making all things one with its nature, it transforms them into the sacred circle (mandala) of its own rays. Not only is consciousness absolute, it is also divine. It is Śiva, the Lord (cinnātha) of the universe. As the authentic identity (ātman) of all living beings, consciousness is the supreme object of worship, the true nature of Deity. Consciousness is God and God is consciousness by virtue of its very nature ; omnipotence, [45] omniscience and all the other divine attributes are in fact attributes of consciousness. Bhagavatotpala, commenting on the Stanzas on Vibration, quotes :

In none of Your states [O Lord] is consciousness absent. Therefore. You are worshipped as the yogi’s dense mass of consciousness alone.

Consciousness is not a passive witness (sākşin), but is full of the conscious activity? (citikriyā) through which it generates the universe and reabsorbs it into itself at the end of each cycle of creation. The freedom (svātantrya) of consciousness to do this is its sovereign power (aiśvarya) by virtue of which it is the one God Who governs the entire universe. Absolute freedom to know and do all things is the primary characteristic of Deity :

The governing power of the Supreme Lord Whose nature is His own unique eternal nature as pure agency (kartŗtā) whose essence is the divine pulsing radiance (sphurattā) of the light of consciousness.


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