Página inicial > Oriente > Extremo Oriente > Tao - Dao > Tao Te Ching XIII – Favor e desgraça

Tao Te Ching

Tao Te Ching XIII – Favor e desgraça

Sucesso e insucesso

terça-feira 6 de setembro de 2022, por Cardoso de Castro

    
Sucesso é tão perigoso quanto insucesso
Esperança   tão oca quanto medo.
O que significa «sucesso é tão perigoso quanto insucesso»?
Se sobes a escada ou a desces, sua posição   é desequilibrada
Quando te manténs com os dois   pés no chão
sempre manténs o equilíbrio.
O que significa «esperança é tão oca quanto medo»?
Esperança e medo são ambos fantasmas
que se erguem pelo pensamento   do eu.
Quando não vemos o eu   como eu
o que temos a temer?
Vejas o mundo como teu eu.
Tenhas fé no jeito que as coisas são
Ames o mundo como teu eu;
Então podes cuidar por (atentar a) todas as coisas. [tr. da versão de Stephen Mitchell  ]
    

Waley

Favour and disgrace goad as it were to madness;
High rank hurts keenly as our bodies hurt.”
 
What does it mean to say that favour and disgrace goad as it were to madness?
It means that when a rule’s subjects get it they turn distraught,
When they lose it they turn distraught.
That is what is meant to by saying favour and disgrace goad as it were to madness.
What does it mean to say that high rank hurts keenly as our bodies hurt?
The only reason that we suffer hurt is that we have bodies;
If we had no bodies, how could we suffer?
 
Therefore we may accept the saying:
“He who in dealing with the empire regards his high rank
As through it were his body is the best person to be entrusted with rules;
He who in dealing with the empire loves his subjects as one should love one’s body
Is the best person to whom one commit the empire.”

Legge

Favour and disgrace would seem equally to be feared; honour and
great calamity, to be regarded as personal conditions (of the same
kind).
 
What is meant by speaking thus of favour and disgrace? Disgrace is
being in a low position (after the enjoyment of favour). The getting
that (favour) leads to the apprehension (of losing it), and the losing
it leads to the fear of (still greater calamity):—this is what is
meant by saying that favour and disgrace would seem equally to be
feared.
 
And what is meant by saying that honour and great calamity are to be
(similarly) regarded as personal conditions? What makes me liable to
great calamity is my having the body (which I call myself); if I had
not the body, what great calamity could come to me?
 
Therefore he who would administer the kingdom, honouring it as he
honours his own person, may be employed to govern it, and he who would
administer it with the love which he bears to his own person may be
entrusted with it.

Derek Lin

Favor and disgrace make one fearful
The greatest misfortune is the self
 
What does “favor and disgrace make one fearful” mean?
Favor is high; disgrace is low
Having it makes one fearful
Losing it makes one fearful
This is “favor and disgrace make one fearful”
 
What does “the greatest misfortune is the self” mean?
The reason I have great misfortune
Is that I have the self
If I have no self
What misfortune do I have?
 
So one who values the self as the world
Can be given the world
One who loves the self as the world
Can be entrusted with the world

Wieger

A. La faveur pouvant être perdue, est une source d’inquiétudes. La grandeur pouvant être ruinée, est une source d’embarras.
Que signifient ces deux sentences ?
 
B. La première signifie que, et le soin de conserver la faveur, et la crainte de la perdre, remplissent l’esprit   d’inquiétude.
 
C. La seconde avertit, que la ruine vient ordinairement du trop grand souci pour son agrandissement personnel. Qui n’a pas d’ambition personnelle, n’a pas de ruine à craindre.
 
D. A celui qui est uniquement soucieux de la grandeur de l’empire (et non de la sienne), à celui qui ne désire que le bien de l’empire (et non le sien propre), qu’à celui là on confie l’empire, (et il sera en bonnes mains.)

Suite du chapitre précédent. Autres causes d’usure, autres précautions à prendre pour l’éviter. Pour ceux qui sont en faveur, qui occupent des positions, le souci de se maintenir, use l’âme   et le corps. Parce qu’ils sont attachés de cœur, à leur faveur, à leur position. Bien des Sages tao  ïstes furent honorés de la faveur des grands, occupèrent de hautes positions, sans inconvénient pour eux, détachés qu’ils étaient de toute affection pour leur situation ; désirant, non se maintenir, mais voir leur démission acceptée. Les hommes de cette espèce peuvent être empereurs princes ou ministres, sans détriment pour eux, et sans détriment pour l’empire, qu’ils gouvernent avec le plus haut et le plus entier désintéressement. — Le texte de ce chapitre est fautif dans beaucoup d’éditions modernes.

Duyvendak

Faveur et disgrâce sont (toutes deux) comme des choses effrayantes.
Prise une grande calamité comme ton propre corps.
 
Que veut dire : « Faveur et disgrâce sont (toutes deux) comme des choses effrayantes » ? La faveur est chose haute, la disgrâce est chose basse : encourir (l’une) est chose effrayante, perdre (l’autre) est chose effrayante. Voilà le sens de : « faveur et disgrâce sont (toutes deux) comme des choses effrayantes ».
 
Que veut dire : « prise une grande calamité comme ton propre corps » ? La raison pour laquelle j’éprouve de grandes calamités est que j’ai un corps. Dès que je n’ai plus de corps, quelles calamités puis je encore éprouver ?
 
C’est pourquoi, celui qui gouverne l’empire comme il prise son propre corps, c’est à celui-là qu’on peut confier l’empire ; et celui qui gouverne l’empire comme il aime son propre corps, c’est à celui-là qu’on peut donner la charge de l’empire.

Le texte de ce chapitre est certainement corrompu. Les deux premières phrases qui devraient être parallèles ne peuvent être construites d’une manière satisfaisante. Pour ma traduction : « La faveur est chose haute, la disgrâce est chose basse », j’ai adopté une correction excellente approuvée par Yu Yue et acceptée par Kao Heng, améliorant la leçon traditionnelle : « La faveur est chose basse ».

L’idée de ce chapitre paraît être qu’il ne faut pas s’attacher aux honneurs ; la crainte de les perdre est aussi mauvaise que la disgrâce elle même. D’autre part, il ne faut pas trop craindre les calamités ; tant qu’on peut encore sentir les maux, on a encore un corps, donc on est en vie, ce qui est un bien.

La conclusion, qui paraît un peu forcée, est qu’un prince doit s’intéresser tout autant au sort de l’empire qu’à ce qui le touche personnellement dans son corps.

La dernière phrase, avec de petites variantes verbales, se retrouve dans le Tchouang tseu, XI, 2 (Legge  , I, pp. 293 294).

Matgioi

Le tremblement des lèvres est l’indice du saisissement de la frayeur. Pourquoi le riche et l’illustre sont-ils inquiets, tout comme moi qui suis pauvre ? Et comment le tremblement des lèvres du riche est-il l’indice de sa frayeur ? c’est qu’il tremble de tomber. Quand il possède, il est pareillement saisi de frayeur. Quand il a perdu, il est pareillement saisi de frayeur. De quelle façon le riche et l’illustre sont saisis de frayeur, comme moi qui suis pauvre ? Nous, nous prenons une grande inquiétude ; voici pourquoi : le ciel nous a faits avec une personnalité ; s’il ne nous avait pas faits avec une personnalité, pourquoi serions-nous inquiets ? C’est pourquoi le riche doit penser à aider tous les hommes ; il convient qu’il soit leur dépositaire ; ainsi, il aura la fidélité pieuse de tous les hommes : il convient que cela soit connu clairement de tous les hommes.

Toujours le Maître donne d’abord des preuves tangibles de son raisonnement. Et c’est ainsi que, pour prouver la différence qu’il y a entre le riche et l’homme sage, il précise que le riche est perpétuellement dans la frayeur, frayeur de perdre ses richesses, tant qu’il les possède encore ; et, quand il les a perdues, frayeur de ne pouvoir vivre sans elles, car il n’a pas appris à assurer son existence par lui-même. Et cette vie, vraiment insupportable, ne lui sert de rien, puisque ses préoccupations ne vont qu’à des choses matérielles, qui doivent un jour l’abandonner.

L’homme sage, lui aussi, s’inquiète, mais il s’inquiète de la personnalité éternelle que le Ciel lui a faite, dont il ne peut se dévêtir, mais que sa continuelle inquiétude perfectionne et couvre de mérites.

Le Maître tient pour axiome — et l’expérience universelle ne démontre pas qu’il ait tort — que la possession des richesses est contraire à la clarté de l’esprit, et qu’ainsi le riche ne peut, à moins de pratiquer l’abandon des richesses, obtenir les mérites que peut obtenir l’homme sage et assidu, dont les préoccupations sont plus hautes. Néanmoins, le riche peut obtenir d’autres mérites ; et il peut les obtenir, d’après le théorème inclus à la page XII, d’après les moyens inférieurs dont il dispose. Il les obtiendra s’il aide les hommes et s’il est leur dépositaire. Ainsi, les richesses seront excusées et justifiées par leur but ; et le riche participe aux mérites intellectuels des Sages qui auront travaillé pour lui, s’il les aide à accomplir sans distraction leur travail, en les faisant participer à ses biens matériels. Il y a là une réciprocité qu’il convient de retenir, et dont tout le bénéfice va au riche ; car si les sages peuvent se passer des richesses, le riche ne peut se passer des mérites des sages. Et ainsi les Sages donnent plus qu’ils ne reçoivent.

Retenons aussi, au point de vue social, que le Maître considère les riches comme des dépositaires vis-à-vis des autres hommes, et qu’ainsi il étend aux individus et aux biens meubles la théorie communiste qui régit les collectivités et la répartition des biens de la terre.

Haven

Graça   e desgraça   são companheiras do medo.
Honras e tribulações são companheiras da individualidade.
 
Por que graça e desgraça   são companheiras do medo?
A graça eleva, a desgraça rebaixa.
Uma vez obtida a graça, fica-se com medo.
Uma vez perdida, permanece o medo.
Eis porque graça e desgraça são companheiras do medo.
 
Por que honras e tribulações são companheiras da individualidade?
O eu   é a casa   das tribulações.
É pela individualidade que as tribulações nos atingem.
Se não tivéssemos individualidade, que males nos poderiam atingir?
 
Por isso aquele a quem o Império
é precioso como sua pessoa pode conquistá-lo.
Aquele que ama o Império tanto quanto a si próprio
é digno de dirigi-lo.

Storniolo

Favor e desfavor são duas coisas humilhantes.
Tratai as grandes calamidades como se vos acontecessem pessoalmente.
 
O que significa “favor e desfavor são duas coisas humilhantes”?
Quando o favor toca a um ser de baixa condição, ele tem o efeito de um choque.
E quando o favor é retirado, também tem o efeito de um choque.
É por isso que se diz que “favor e desfavor são duas coisas humilhantes”.
 
O que quer dizer: “Tratai as calamidades como se vos acontecessem pessoalmente”? Experimento as grandes calamidades porque tenho uma individualidade.
Se eu não tivesse uma individualidade, que calamidades haveria?
 
Assim, somente aquele que ama a si mesmo   do modo como ama o mundo, é digno da confiança   do mundo.
Somente aquele que ama o mundo do modo como ama a si mesmo, é digno de ser o administrador   do mundo.


Ver online : TAO TE CHING


Tao Te Ching XII – renunciar e abraçar < — > XIV - La Voie n’est pas sensible