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Tao Te Ching

Tao Te Ching X: deixar as portas se abrirem e se fecharem...

Suprema virtude: ter sem possuir

sábado 3 de setembro de 2022, por Cardoso de Castro

    
Podes convocar tua mente   de sua vagabundagem
e manter-se na unidade   original?
Podes deixar teu corpo se tornar relaxado
como de um recém-nascido?
Podes limpar tua visão   interior
até que nada mais vejas senão a luz  ?
Podes amar   as pessoas
e conduzi-las sem impôr tua vontade?
Podes lidar com as questões mais vitais
deixando os eventos tomarem seu curso?
Podes dar um passo atrás de tua própria mente  
e assim compreender todas as coisas?
Dando nascimento e alimentando,
tendo sem possuir,
agindo sem nenhuma expectativa  ,
conduzindo e não tentando controlar:
esta é a suprema virtude.
    

Mitchell

Can you coax your mind   from its wandering and keep to the original oneness?
Can you let your body become supple as a newborn child’s?
Can you cleanse your inner vision until you see nothing but the light  ?
Can you love people and lead them without imposing your will?
Can you deal with the most vital matters by letting events take their course?
Can you step back from you own mind
and thus understand all things? Giving birth and nourishing, having without possessing,
acting with no expectations,
leading and not trying to control:
this is the supreme virtue. [MitchellTTC  ]

Waley

Can you keep the unquiet physical-soul from straying,
Hold fast to the Unity, and never quit it?
Can you, when concentrating your breath,
Make it soft like that of a little child?
Can you wipe and cleanse your vision of the Mystery till all is without blur?
Can you love the people and rule the land,
Yet remain unknown?
Can you in opening and shutting the heavenly gates play always the female part?
Can your mind penetrate every corner of the land,
But you yourself never interfere?
Rear them, then, feed them,
Rear them, but do not lay claim to them.
Control them, but never lean upon them;
Be chief among them, but do not manage them.
This is called the Mysterious Power. [WaleyTTC  ]

Legge

When the intelligent and animal   souls are held together in one
embrace, they can be kept from separating. When one gives undivided  
attention to the (vital) breath, and brings it to the utmost degree of
pliancy, he can become as a (tender) babe. When he has cleansed away
the most mysterious sights (of his imagination), he can become without
a flaw.
 
In loving the people and ruling the state, cannot he proceed
without any (purpose of) action? In the opening and shutting of his
gates of heaven, cannot he do so as a female bird? While his
intelligence reaches in every direction, cannot he (appear to) be
without knowledge?
 
(The Tao  ) produces (all things) and nourishes them; it produces
them and does not claim them as its own; it does all, and yet does not
boast of it; it presides over all, and yet does not control them.
This is what is called ‘The mysterious Quality’ (of the Tao). [LeggeTTC  ]

Ames

In carrying about your more spiritual and more physical aspects and embracing their oneness,
Are you able to keep them from separating?
In concentrating your qi   and making it pliant,
Are you able to become the newborn babe?
In scrubbing and cleansing your profound mirror,
Are you able to rid it of all imperfections?
In loving the common people and breathing life into the state,
Are you able to do it without recourse to wisdom?
With nature’s gates swinging open and closed,
Are you able to remain the female?
With your insight   penetrating the four quarters,
Are you able to do it without recourse to wisdom?
It gives life to things and nurtures them.
Giving life without managing them
And raising them without lording it over them—
This is called the profoundest efficacy (de). [AmesTTC  ]

Wieger

A. Faire que le corps, et l’âme   spermatique, étroitement unis, ne se séparent pas.
 
B. S’appliquer à ce que l’air inspiré, converti en âme aérienne, anime ce composé, et le conserve intact comme l’enfant qui vient de naître.
 
C. S’abstenir des considérations trop profondes, pour ne pas s’user.
 
D. En fait d’amour du peuple et de sollicitude pour l’État, se borner à ne pas agir.
 
E. Laisser les portes du ciel s’ouvrir et se fermer, sans vouloir produire soi même, sans s’ingérer.
 
F. Tout savoir, être informé de tout, et pourtant rester indifférent comme si on ne savait rien.
 
G. Produire, élever, sans faire sien ce qu’on a produit, sans exiger de retour pour son action, sans s’imposer à ceux qu’on gouverne.
Voilà la formule de l’action transcendante. [WiegerTTC  ]

L’homme a deux âmes, un double principe de vie. D’abord p’ai, l’âme issue du sperme paternel, principe de la genèse et du développement du fœtus dans le sein maternel. Plus cette âme tient étroitement au corps, plus le nouvel être est sain et solide. Après la naissance, l’absorption et la condensation de l’air ou produisent la seconde âme, l’âme aérienne, principe du développement ultérieur et surtout de la survivance. [] camp, terme analogue à [] coquille, le corps. [] et [] différents, pour le parallélisme, faire que. [] flexibilité, signifie ici vie, par opposition à la rigidité cadavérique. L’enfant nouveau né, est, pour les Taoïstes, l’idéale perfection de la nature encore absolument intacte et sans aucun mélange. Plus tard cet enfançon sera interprété comme un être transcendant intérieur, principe de la survivance. Voyez, sur son endogenèse, Tome 1. Introduction page 13. La maladie, les excès, affaiblissent l’union de l’âme spermatique avec le corps, amenant ainsi la maladie. L’étude, les soucis, usent l’âme aérienne, hâtant ainsi la mort. Entretien du composé corporel et de l’âme aérienne, par une bonne hygiène, le repos, l’aérothérapie ; voilà le pro-gramme de la vie du Taoïste. — Pour G, comparez chapitre 2 C D.

Duyvendak

En te cramponnant avec ton âme spirituelle et ton âme corporelle à l’unité, peux tu empêcher qu’elles se séparent ?
En concentrant ta respiration jusqu’à t’amollir, peux tu devenir comme un nourrisson ?
En nettoyant ton miroir obscur, peux tu le rendre sans tache ?
En aimant le peuple et en gouvernant l’État, peux tu être sans action ?
En ouvrant et fermant les portes naturelles, peux tu être une poule ?
En comprenant tout ce qui t’entoure, peux tu te passer de connaissance ? [DuyvendakTTC  ]

Le caractère tsai qui ouvre ce chapitre est probablement une particule qui devrait terminer le chapitre précédent ; il a été placé ici par une faute de ponctuation, ancienne du reste car on la trouve déjà dans une citation dans les Elégies de Tch’ou. Comme particule, ce caractère est l’équivalent de tsai et a le sens de yi « finir », final de phrase. Placé au début de ce chapitre, même si on pouvait trouver une traduction satisfaisante, (le mot signifie « transporter » ou « commencer »), il rompt le rythme qui est de quatre mots par membre de phrase ; au contraire, il complète très bien la phrase finale du chapitre précédent, qui compte seulement trois caractères et selon le rythme, devrait en avoir quatre aussi. On pourrait objecter que tao « Voie », à la fin de cette phrase, est une rime (voir Karlgren, The poetical parts in Lao tsi, Göteborgs Högskolas Arsskrif, XXXVIII, 1932, p. 7) ; mais, dans la prononciation archaïque, tsai est [], qui rime aussi de manière satisfaisante avec les rimes précédentes   : [][][][][]. Aussi, malgré les Élégies de Tch’ou, la correction me paraît elle sûre. Le grand érudit Souen Yi-jang (1848 1908) est enclin à l’approuver.

Ying , peut être un mot dialectal de Tch’ou, est expliqué par plusieurs commentaires comme synonyme de houen , « âme spirituelle ».

Le chapitre se termine par cette phrase : « Produire et nourrir, produire mais ne pas s’approprier, agir mais n’en tirer aucune assurance, faire croître mais ne pas diriger, c’est là la vertu secrète. » Avec l’addition des mots « produire et nourrir », c’est une répétition du même passage dans LI, où il est beaucoup mieux à sa place. Aussi l’ai-je omis ici, malgré Kao Heng, qui croit que le passage se rapporte au Saint et doit être retenu. J’ai transporté les mots « produire et nourrir » au chapitre LI.

Ce chapitre fait allusion à l’art d’entretenir la force vitale. Dans le Tchouang tseu, XXIII, 3, on trouve cette pensée amplement élaborée dans des termes si semblables qu’ils ont l’air de formules fixes.

« Lao tseu dit : « La règle fixe pour la préservation de la vie (est la suivante) : Peux tu te cramponner à l’unité ? Peux tu empêcher qu’elle se perde ? Peux tu, sans divination, connaître le bonheur   et le malheur ? Peux tu te tenir (au lieu propre) ? Peux tu cesser ? Peux tu renoncer aux autres et chercher en toi-même ? Peux tu voler ? Peux tu être stupide ? Peux tu être un nourrisson ? Il crie toute la journée sans que sa gorge s’enroue ; c’est qu’(en lui) l’harmonie naturelle est pleinement développée. (Voir plus bas, ch. LV). Il serre le poing toute la journée sans que sa main saisisse rien ; c’est que sa vertu (force spirituelle, tö 46) n’a pas de préférence. Il regarde toute la journée sans que son œil cligne ; c’est qu’il n’est pas partial pour quoi que ce soit dans le monde extérieur. Il marche sans savoir où il va ; il se repose sans savoir ce qu’il fait. Il s’adonne à toute chose avec contentement et suit la houle. Voilà la règle fixe pour la préservation de la vie.

Il faut rapprocher aussi, dans Tchouang tseu, XI, 3, un exposé de l’art de la longévité : il faut « cramponner son esprit   à la tranquillité ») de sorte que « les yeux ne voient rien, les oreilles n’entendent rien, le cœur ne comprenne rien. »

Si mon interprétation de ce passage est juste, l’âme spirituelle houen et l’âme corporelle p’o sont ici contrastées. La première est supposée entrer dans le corps au moment de la naissance, la seconde au moment de la conception. A la mort, le houen montait au ciel, tandis que le p’o restait avec le corps dans la tombe et continuait d’y exister jusqu’à la décomposition complète du corps. Empêcher ces deux de se séparer, en embrassant l’unité, c’est à dire la Voie, signifie donc posséder la longévité, n’être pas soumis à la mort. Pour l’expression « se cramponner à l’unité », voir aussi XXXIX.

Le « souffle » est la force vitale : le contrôle de la respiration nous est connu par le Tchouang tseu (ibid. VI, 2, Legge   I, p. 238 : « L’homme véritable respire par les talons ») et donna lieu à toute une technique dans le Taoïsme, constituant un des moyens principaux d’acquérir la longue vie. Ici il y a sans doute une allusion à ces pratiques. Pour l’idée de « devenir comme un nourrisson », voir XXVIII et LV. Le « miroir obscur » (ou : mystérieux) indique, semble t il, l’état de quiétisme, comportant la faculté de bien discerner entre « l’être   et le non être » du ch. I.

Bien que le mot que je traduis par « miroir » signifie littéralement « vision », la phraséologie est telle que je crois permis de songer à l’image du miroir intérieur, image favorite de tous les mystiques. L’article de M. P. Demiéville  , intitulé « Le miroir spirituel » (Sinologica 1/2, 194 ;, pp. 112 137), où sont citées des expressions analogues chez d’autres auteurs taoïstes, m’a confirmé dans cette opinion.

Ce qu’il faut entendre par « portes naturelles » (littéralement : « portes célestes   », mais l’expression « ciel » est souvent employée au sens de « nature ») n’est pas du tout certain. Plusieurs commentaires expliquent qu’il s’agit des « sens » ; voir aussi LII. Une autre explication rattache l’expression à la phrase du Yi-king   : (Legge, p. 372) yi-ho yi-p’i, « se fermant et s’ouvrant alternativement », comme la terre et le ciel dans la transformation des choses, l’alternance du Yin   et du Yang. Cette explication est assez tentante : dans l’alternance continuelle de la Voie, il faut rester passif comme une « poule ». L’image de la poule vis à vis du coq reparaît dans XXVIII pour exprimer l’idée de passivité. Je suis Yu Yue (1821 1906) qui, d’après une inscription des T’ang, intervertit « peux tu être sans action » et « peux tu te passer de connaissances », et lit wei « être » au lieu de wou « ne pas avoir », avant « poule ».

Matgioi

Les hommes portent le corps et le sang comme une enveloppe qu’ils ne peuvent abandonner. L’esprit se transmet pareil, dans les enfants, et jusqu’à l’extrémité des races ; il est, jusqu’au bout, obscur ou clair. Le Ciel aime toutes choses et commande à tous. Mais tous n’agissent pas de même. La porte du Ciel s’ouvre et se ferme ; alors le Ciel éprouve. Si les hommes voient clair des quatre côtés, cependant ils ne distinguent pas bien. Ceux qui naissent rassemblent les mérites des pères. Ils veulent engendrer, et ne peuvent. Ils travaillent, et ne produisent pas. Ils veulent agrandir, et n’apportent rien de neuf. Voilà aussi une voie, mais une voie inférieure. [MatgioiVR  ]

Cette page indique l’état humain contraire à celui de la page VIII, pour lequel ont été faits les préceptes de la page IX. Il faut — et cela est inhérent à l’humanité -que l’homme porte son corps et son sang (deuxième élément inférieur du septénaire humain : le mouvement matériel) jusqu’au bout de sa modification actuelle ; de même, l’ esprit d’ une race se perpétue héréditairement dans les enfants, avec les qualités fondamentales de cet esprit. Ces qualités de l’esprit étant un don du Ciel, qu’elles soient obscures ou claires, le Ciel n’en tiendra point compte. Le Ciel tient seulement compte des efforts que l’ on fait pour le connaître, et non pas du résultat de ces efforts.

Ces efforts ne sont pas égaux chez tous les hommes, et surtout ne s’exercent pas sur le même plan. Quoique, grâce au Ciel, ils puissent voir la lumière, ils ne savent pas encore s’en servir, c’est-à-dire qu’ils ne l’utilisent pas pour voir les objets (pour déterminer les conditions de la Sagesse). Evidemment, ils rassemblent les mérites de leurs pères ; mais, en rassemblant les mérites, ils héritent aussi de leur nature médiocre.

Et ainsi ils agissent d’une façon inférieure. Ils comprennent ce qu’il faut faire, mais n’arrivent pas à le faire. Restant tout à fait hommes, ils ont le désir, et s’appuient sur le désir pour agir ; mais ils n’ont pas la raison, et ne s’appuient donc pas sur la raison pour réussir. Donc ils ne produisent rien, et leur esprit ne crée rien de neuf pour agrandir leurs connaissances (ce qui est le précepte vrai de la Voie). Néanmoins, ils ont des mérites, puisqu’ils s’efforcent. Et leur labeur est une voie vers la Voie. Mais elle n’ est pas du tout la Voie elle-même.

Haven

Manter corpo e alma sensível   na unidade  , de modo que não possam separar-se.
Conter a força vital e torná-la dócil, para tornar-se como o recém-nascido.
Purificar-se, abstendo-se de perscrutar os mistérios, para permanecer são.
Amar   o povo, para poder governar sem agir.
Abram  -se ou fechem-se as portas do Céu,
poder ser como a Fêmea.
Inundado de luz por todos os lados, poder ser ignorante.
Gerar a vida e mantê-la, produzir sem se apropriar.
Eis a Virtude misteriosa. [HavenTTC  ]


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