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Tao Te Ching

Tao Te Ching VI: a mãe misteriosa de todos

O Tao é chamado a Grande Mãe

sábado 3 de setembro de 2022, por Cardoso de Castro

    
O Tao   é chamado a Grande Mãe:
vazio   no entanto inexaurível,
dá nascimento a infinitos mundos.
Está sempre presente   dentro de ti.
Podes usá-lo de qualquer modo que queiras.
    

Mitchell

The Tao   is called the Great Mother:
empty yet inexhaustible,
it gives birth to infinite worlds.
It is always present within you.
You can use it any way you want. [MitchellTTC  ]

Waley

The Valley Spirit   never dies  .
It is named the Mysterious Female.
And the doorway of the Mysterious Female
Is the base from which Heaven and Earth sprang.
It is there within us all the while;
Draw upon it as you will, it never runs dry. (1) [WaleyTTC  ]

(1) For these six lines see Introduction, p. 57. Lieh Tzu quotes them as coming from the Book of the Yellow Ancestor; but it does not follow that the Tao Te Ching   is actually quoting them from this source. They may belong to the general stock of early Taoist rhymed teaching. For ch’in compare below, p. 206, line 9, and Huai-nan Tzu I, fol. 2.

Legge

The valley spirit dies not, aye the same;
The female mystery thus do we name.
Its gate, from which at first they issued forth,
Is called the root from which grew heaven and earth.
Long and unbroken does its power remain,
Used gently, and without the touch of pain. [LeggeTTC  ]

Ames

The life-force of the valley never dies—
This is called the dark female.
The gateway of the dark female—
This is called the root of the world.
Wispy and delicate, it only seems to be there,
Yet its productivity is bottomless. [AmesTTC  ]

In chapters 4 and 5, we have the Daoist celebration of the fecundity of emptiness. The underdetermined nature of experience, like a self-emptying flask or a pair of bellows, makes it inexhaustibly productive. In this chapter and pervasively in the text, the image of the dark, moist, and accommodatingly vacant interior of the vagina is used as an analogy for this fertility.

Wieger

A. La puissance expansive transcendante qui réside dans l’espace médian, la vertu du Principe, ne meurt pas. Elle est toujours la même, et agit de même, sans diminution ni cessation.
 
B. Elle est la mère mystérieuse de tous les êtres.
 
C. La porte de cette mère mystérieuse, est la racine du ciel et de la terre, le Principe.
 
D. Pullulant, elle ne dépense pas. Agissant, elle ne fatigue pas. [WiegerTTC  ]

Il ne faut pas oublier que l’œuvre de Lao-tzeu ne fut pas divisée en chapitres primitivement, et que la division, faite plus tard, est souvent arbitraire, parfois maladroite. Ce chapitre continue et complète les paragraphes C et D du chapitre 5. Il traite de la genèse des êtres, par la vertu du Principe, lequel réside dans l’espace médian, dans le sac du soufflet universel, d’où tout émane. Les paragraphes A et B, se rapportent à la vertu du Principe ; les paragraphes C et D, au Principe lui même. Le terme porte, idée de deux battants, signifie le mouvement alternatif, le jeu du yinn et du yang  , première modification du Principe. Ce jeu fut la racine, c’est à dire produisit le ciel et la terre... En d’autres termes, c’est par le Principe que furent extériorisés le ciel et la terre, les deux planches du soufflet. C’est du Principe qu’émane tei la vertu productrice universelle, laquelle opère, par le ciel et la terre, entre le ciel et la terre, dans l’espace médian, produisant tous les êtres sensibles sans épuisement et sans fatigue.

Duyvendak

« L’esprit de la vallée ne meurt pas », cela se rapporte à la femelle obscure.
« La porte de la femelle obscure », cela se rapporte à la racine du ciel et de la terre.
Se développant en fibres innombrables, elle dure toujours ; son action ne s’épuise jamais. [DuyvendakTTC  ]

Ce passage obscur a donné lieu aux explications les plus diverses de la part des savants chinois et occidentaux. La thèse du Dr Hans Neef : « Die im Tao ts’ang enthaltenen Kommentare zu Tao tê ching Kapitel VI », est entièrement consacrée à une discussion des principales d’entre elles. Bien qu’il me paraisse impossible de trouver une explication complètement satisfaisante de tout le chapitre, j’en présente mon interprétation qui est, tout de même, tant soit peu différente de toutes les précédentes  .

La Voie est fréquemment comparée à une vallée, à ce qui est bas (voir LXI, LXVI). Lao tseu adapte ici à ses fins propres un vieux dicton populaire : « L’esprit (ou bien : un esprit, ou : des esprits) de la vallée ne meurt pas ». Peut être ce dicton exprimait il une vieille superstition populaire ; son sens véritable nous échappe. L’expression est pourtant interprétée dans un sens taoïste : « Cela se rapporte à la femelle obscure ». Le mot p’in , rendu ici par « femelle », désigne au propre une jument, une bête femelle ; c’est le sens dans lequel le mot est employé dans LXI : « La femelle par sa tranquillité l’emporte toujours sur le mâle ». Ce mot comporte donc, d’après son emploi dans le Tao tö-king lui-même, l’idée de tranquillité, une des principales qualités de la Voie. En outre, la jument est associée, dans le Livre des Mutations, au deuxième hexagramme  , composé de six lignes brisées, symbole de la terre et de tout ce qui est passif, féminin, faible. D’autre part, on trouve le mot p’in, en un sens intimement lié à sa valeur sexuelle, employé pour « fente, vallée », opposé à mou « mâle », qui est aussi employé pour « montagne » Voir Ta Tai li, ch. I, Pen ming, cité dans le Ts’eu hai). Dans l’expression « femelle obscure », il, y a donc un sens double, celui qui se rapporte à l’image d’une fente, d’une vallée, et celui qui exprime la qualité féminine, tranquille, passive, qui est caractéristique de la « Voie ». En outre, le mot hiuan , rendu au ch. I par « mystérieux », signifie, en premier lieu, « obscur, noir » ; c’est la couleur   de l’eau  , image, elle aussi, de la Voie (voir VIII). C’est donc un mot bien caractéristique, appartenant au même ordre d’idées.

Pour le mot p’in, il faut peut être songer à un troisième sens, qui fournirait une bonne transition à la phrase suivante : « La porte de la femelle obscure ». Par extension de sa signification première, p’in peut être employé dans le sens technique de ce trou de serrure » (voir Li-ki, Couvreur I, p. 394, commentaire ; voir aussi Ts’eu hai, s v.) L’image de la « porte » se rattacherait fort bien à cette signification secondaire. Pour des jeux de mots de ce genre, voir XXVI, XXVIII, XLI, LXI, LXXI, LXXII, LXXVI.

Je suppose que l’expression « porte de la femelle obscure » est une expression du langage mystique des Taoïstes ; dans un tel langage, des expressions à sens double ou triple n’ont rien d’inattendu. Cette expression est ici expliquée comme « racine du ciel et de la terre », donc ce en quoi tout prend son croissement. Cette croissance se développe en fibres qui ne prennent jamais fin. Tout comme dans IV, pour jo t’souen , je lis kiou ts’ouen ; bien que je ne puisse pas appuyer cette correction sur une ancienne leçon, elle me paraît évidente, surtout si on la rapproche de IV. C’est une élaboration de l’idée que l’ » esprit de la vallée ne meurt pas ».

Je note encore une explication foncièrement différente, proposée par Ho chang kong. Il prend le mot kou « vallée » dans un sens verbal de « nourrir », de sorte que la phrase signifierait : « si on nourrit l’esprit on ne meurt pas ». Bien qu’on puisse justifier cette interprétation du mot kou par quelques phrases anciennes, il me semble que, somme toute, l’explication est forcée et ne rend pas justice à l’imagerie de tout le chapitre.

Avec Kao Heng, je prends le dernier caractère dans le sens de tsin « s’épuiser » ; voir aussi la fin de XXXV.

Matgioi

Le tréfonds de l ’esprit ne meurt pas : il est dans les ténèbres profondes. Profond et ténébreux est le Tao : le ciel et la terre forment sa racine. Penser, penser encore comme un fils  , pieux, c’est le moyen de réussir. Inutile de toucher. [MatgioiVR  ]

Quand l’esprit pense véritablement, au fond de lui, ce qu’il doit penser, il pense à la volonté du ciel, et à son moyen, le Tao ; et, en pensant à eux, il s’identifie à eux. Il est donc éternel, et dans les ténèbres profondes, comme la racine même du Ciel et de la Terre [La Racine est en réalité, non pas seulement l’origine, mais la Volonté originelle.]. Ce sont là des choses auxquelles il faut penser toujours et sans cesse, pour en atteindre la conception vraie ; c’est ainsi que le fils pieux pense continuellement à son père mort et à ses ancêtres disparus, bien qu’il ne puisse les voir, et que leur invisibilité ne diminue en rien l’intensité de sa pensée. Ainsi pense le Sage ; et, s’il voulait toucher et croyait pouvoir toucher l’objet de sa pensée, c’est que sa pensée ne se dirigerait pas vers le but, qui est intangible, tout autant que l’esprit même des morts, réintégré dans ledit but.

Haven

O Espírito das profundezas é imperecível, chama-se Fêmea misteriosa.
A Porta   da Fêmea misteriosa é nomeada Raiz do Céu e da terra  .
Perdura eternamente e doa sem se desgastar. [HavenTTC  ]


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