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Tao Te Ching

Tao Te Ching V: o céu e a terra são inumanos

O Tao não toma partido

sábado 3 de setembro de 2022, por Cardoso de Castro

    
O Tao   não toma partido;
dá nascimento tanto ao bem quanto ao mal.
A Mestre não toma partido;
acolhe tanto santos quanto pecadores.
O Tao é como um fole:
está vazio   no entanto infinitamente capaz.
Quanto mais o usas, mais produz;
quanto mais falas dele, menos o compreendes.
    

Mitchell

The Tao   doesn’t take sides;
it gives birth to both good and evil.
The Master doesn’t take sides;
she welcomes both saints and sinners.
The Tao is like a bellows:
it is empty yet infinitely capable.
The more you use it, the more it produces;
the more you talk of it, the less you understand.
Hold on to the center. [MitchellTTC  ]

Waley

Heaven and Earth are ruthless;
To them the Ten Thousand things are but as straw dogs (1)
The Sage too is ruthless;
To him the people are but as straw dogs.
Yet (2) Heaven and Earth and all that lies between
Is like a bellows
In that it is empty, but gives a supply that never fails.
Work it, and more comes out.
Whereas the force of words (3) is soon spent.
Far better is it to keep what is in the heart (4). [WaleyTTC  ]

(1) Grato pela nota de meu amigo Antonio Carneiro: “Su Zhe’s commentary on this verse explains: «Heaven and Earth are not partial. They do not kill living things out of cruelty or give them birth out of kindness. We do the same when we make straw dogs to use in sacrifices. We dress them up and put them on the altar, but not because we love them. And when the ceremony is over, we throw them into the street, but not because we hate them.» In: Pine, Red (1996). Lao-tzu  ’s Taoteching. San Francisco: Mercury House. ISBN 1-56279-085-4.”

(2) Though ruthless (as the Realists never tired of maintaining), future is perpetually bounteous.

(3) Laws and proclamations.

(4) For chung as ’what is within the heart’, see Tso Chuan, Yin   Kung 3rd year and Kuan Tzu, 37, beginning. The comparison of Heaven and Earth to a bellows is also found in Kuan Tzu (P’ien II, beginning).


Jen, which I have here translated ‘ruth’ and elsewhere ‘gentle’, ‘kind’, etc., is cognate to jen ‘man’. I believe that jen did not originally mean mankind in general, but the members of one’s own tribe or group, for whom one has feelings of ‘nearness’. (The Shuo Wen defines jen as ch’in, ‘akin’, ‘near’.)

Compare the origin of ‘kind’ from ‘kin’ and ‘gentle’ from gens, Latin for a clan. Hence (because members of one’s own ethnic group are better than members of other groups) ‘good’ in the most general sense  . In the Book of Odes, jen only occurs coupled with mei —‘handsome and good’, i.e. true member of the tribe both in appearance and character. In early Confucianism jen acquires a mystic sense, ‘The Highest Good’, and comes near to playing the part that the term Tao plays in Quietist terminology.

It is to be noted that in the earliest literature (e.g. Odes Nos. 249, 256, 257; Book of History, Hung Fan) jen, ‘men of rank’, ‘men of the tribe’ are contrasted with min, ‘subjects’, ‘the common people’.

Legge

Heaven and earth do not act from (the impulse of) any wish to be
benevolent; they deal with all things as the dogs of grass are dealt
with. The sages do not act from (any wish to be) benevolent; they
deal with the people as the dogs of grass are dealt with.
 
May not the space between heaven and earth be compared to a
bellows?
 
’Tis emptied, yet it loses not its power;
’Tis moved again, and sends forth air the more.
Much speech to swift exhaustion lead we see;
Your inner being guard, and keep it free. [LeggeTTC  ]

Ames

The heavens and the earth are not partial to institutionalized morality. (12)
They take things (wanwu) and treat them all as straw dogs. (13)
Sages too are not partial to institutionalized morality.
They treat the common people as straw dogs.
The space between the heavens and the earth—
Isn’t it just like a bellows!
Even though empty it is not vacuous.
Pump it and more and more comes out.
It is better to safeguard what you have within (14)
Than to learn a great deal that so often goes   nowhere. [AmesTTC  ]

(12) Some commentators give buren a negative value, interpreting it as “not humane” (Henricks) or “ruthless” (Waley  , Lau). Ren appears elsewhere in the Daodejing (chapters 8 [in the WB version], 18, and 19) as a suspect Confucian value that emerges only when genuine moral feeling has been overwritten by conventionalized rules for living.

(13) The expression “straw dogs (chugou )” appears in the Zhuangzi 37.14.31. These sacrificial objects are artifacts that are treated with great reverence during the sacrifice   itself, and then after the ceremony, discarded to be trodden underfoot.

(14) Some commentators suggest the “what you have within (zhong )” should be read as “your inner emptiness (zhong ),” thereby making a connection with the notion of the boundless productive capacity of emptiness found both in chapter 4 and in the bellows image in this same chapter.

Wieger

A. Le ciel et la terre ne sont pas bons, pour les êtres qu’ils produisent, mais les traitent comme chiens de paille.
 
B. A l’instar du ciel et de la terre, le Sage n’est pas bon pour le peuple qu’il gouverne, mais le traite comme chien de paille.
 
C. L’entre deux du ciel et de la terre, siège du Principe, lieu d’où agit sa vertu, est comme un soufflet, comme le sac d’un soufflet dont le ciel et ╓22 la terre seraient les deux planches, qui se vide sans s’épuiser, qui se meut externant sans cesse.
 
D. C’est là tout ce que nous pouvons entendre du Principe et de son action productrice. Chercher à détailler, par des paroles et des nombres, serait peine perdue. Tenons nous en à cette notion globale. [WiegerTTC  ]

Il y a deux sortes de bonté : 1° la bonté d’ordre supérieur, qui aime l’ensemble, et n’aime les parties intégrantes de cet ensemble, que, en tant qu’elles sont parties intégrantes, pas pour elles-mêmes, ni pour leur bien propre ; 2° la bonté d’ordre inférieur, qui aime les individus, en eux mêmes et pour leur bien particulier. Le ciel et la terre qui produisent tous les êtres par la vertu du Principe, les produisent inconsciemment, et ne sont pas bons pour eux, dit le texte ; sont bons pour eux, de bonté supérieure, non de bonté inférieure, disent les commentateurs. Cela revient à dire, qu’ils les traitent avec un froid opportunisme, n’envisageant que le bien universel, non leur bien particulier ; les faisant prospérer si utiles, les supprimant quand inutiles. Ce froid opportunisme est exprimé par le terme chien de paille. Dans l’antiquité, en tête des cortèges funèbres, on portait des figures de chiens en paille, lesquelles devaient happer au passage toutes les influences néfastes. Avant les funérailles, on les préparait avec soin et on les traitait bien, parce qu’ils seraient bientôt utiles. Après les funérailles, on les détruisait, parce que devenus nuisibles, farcis qu’ils étaient d’influences nocives happées, comme Tchoang-tzeu nous l’apprend, chap. 14 D. — Dans le gouvernement, le Sage doit agir à l’instar du ciel et de la terre. Il doit aimer l’État, non les particuliers. Il doit favoriser les sujets utiles, et supprimer les sujets inutiles gênants ou nuisibles, selon l’opportunité, sans aucun autre égard. L’histoire de Chine est pleine des applications de ce principe. Tel ministre, longtemps choyé, est subitement exécuté, parce que l’orientation politique ayant changé, il serait gênant désormais, quels qu’aient été ses mérites antérieurs ; son heure est venue, dans la révolution universelle ; chien de paille, il est supprimé. Inutile de démontrer que ces idées sont diamétralement contraires aux notions chrétiennes de la Providence, de l’amour de Dieu   pour chacune de ses créatures, de grâce, de bénédiction, etc. Bonté d’ordre inférieur que cela, disent, avec un sourire dédaigneux, les Sages taoïstes. — Suit la comparaison célèbre du soufflet universel, à laquelle les auteurs taoïstes renvoient très souvent. Elle sera encore développée dans le chapitre suivant. — Conclusion, c’est là tout ce que l’on sait du Principe et de son action. Il produit l’univers fait d’êtres ; mais l’univers seul lui importe, non aucun être. Si tant est que l’on puisse employer le terme importe, d’un producteur qui souffle son œuvre sans la connaître. Le Brahman   des Védantistes a du moins quelque complaisance dans les bulles de savon qu’il souffle ; le Principe des Taoïstes non.

Duyvendak

Le ciel et la terre sont inhumains ; ils traitent les dix mille êtres comme des chiens de paille (du sacrifice).
Les Saints sont inhumains ; ils traitent le peuple comme des chiens de paille.
L’espace entre le ciel et la terre, comme il ressemble à un soufflet de forge !
Vidé, il n’est pas épuisé ; mis en branle, il produit de plus en plus.
Une quantité de mots est vite épuisée.
Mieux vaut conserver le (juste) milieu. [DuyvendakTTC  ]

Ce chapitre se compose de trois parties que certains critiques proposent de séparer.

Lao tseu s’oppose à la notion confucianiste de jen , « l’humanité » (voir XVIII, XIX, XXXVIII). Le jen, la qualité morale, n’est pas inhérente « au ciel et à la terre », c’est à dire à la nature. Celle ci traite chaque chose et chaque être avec une indifférence complète et laisse chacun remplir sa propre fonction dans l’ensemble. Ainsi sera méprisé aujourd’hui ce qui fut honoré hier. Dans le Tchouang tseu, XIV (Legge  , I, p. 352), les « chiens de paille » sont expliqués :

« Avant d’arranger les chiens (contrefaits) de paille, en position (pour le sacrifice), on les place dans une corbeille et les enveloppe d’étoffes brodées. Le personnificateur du mort et les invocateurs se préparent par le jeûne à les prendre (et les offrir). Mais, après qu’ils ont été déposés (en sacrifice), les passants leur donnent des coups de pied sur la tête et le dos, et les ramasseurs de bois mort les emportent et les emploient comme combustible.

La comparaison avec le soufflet illustre l’inépuisable opération productive de la Voie. Pour la tournure de la phrase, voir le début, de LXXVII.

Je suis enclin à penser qu’une phrase comme : « Pourtant le ciel et la terre ne parlent pas », qui aurait servi de liaison avec la dernière partie, est tombée. Qu’on compare pour une pensée analogue les Entretiens de Confucius  , XVII, 18 :

« Le Maître dit :
— Je désirerais ne pas parler.
Tseu kong répondit :
— Si vous, Maître, ne parliez pas, qu’est ce que nous autres, vos élèves, transmettrions ?
Le Maître dit :
— Le ciel, que dit il ? Les quatre saisons opèrent, toutes les choses sont produites, mais le ciel, que dit il ?

Il n’est pas invraisemblable que le dernier alinéa doive être relié au commencement de XXIII.

Matgioi

Le ciel et la terre sont-ils sans beauté ? alors les dix mille êtres sont vides. L’homme parfait est-il sans beauté ? alors les cent familles sont vides. Le ciel et la terre sont réguliers : comment les hommes agissent-ils irréguliers ? Ils sont vides, et ne le savent pas ; ils s ’agitent, et en s ’agitant s ’éloignent. Ils bavardent, et en bavardant se trompent. Ainsi n’est pas celui qui tait sa pensée dans son cœur. [MatgioiVR  ]

Si le ciel et la terre n’étaient pas unis (la beauté étant l’appel à l’union), l’univers n’existerait pas (l’union du Ciel et de la Terre est le produit type de la Volonté). Si l’homme parfait n’existait point, l’humanité n’aurait aucun exemple à suivre, serait inerte, et comme non-existante. Cependant, le ciel et la terre sont unis, et l’homme parfait existe, c’est-à-dire que tout est régulier dans l’univers.

Comment se fait-il que les individus qui composent l’humanité agissent comme s’ils n’avaient point ces exemples sous les yeux ? Leurs actions les éloignent de la Voie ; leurs discours les éloignent de la vérité. Combien est plus heureux, combien est plus près de la Voie celui qui se tait et n’agit point, et conserve au dedans de lui toutes ses pensées et toute sa puissance.

Haven

O Céu e a terra   não são bondosos.
Para eles, todos os seres são como o cão de palha  .
O Santo-Homem   não tem predileções.
Para ele, as cem famílias são como o cão de palha.
O que há entre o Céu e a terra é semelhante a um fole, vazio  , mas inesgotável,
e seu movimento   produz um sopro crescente.
Falar em demasia consome incesssantemente.
Melhor guardar o Meio. [HavenTTC  ]


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