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Tao Te Ching

Tao Te Ching IV: O Tao é vazio

O Tao é como um jarro vazio

sábado 3 de setembro de 2022, por Cardoso de Castro

    
O Tao   é como uma fonte  :
usada mas nunca esgotada.
É como o vazio   eterno:
cheio de infinitas possibilidades.
É oculto mas sempre presente  .
Não sei quem deu nascimento a ele.
É mais velho que Deus  .
    

Mitchell

The Tao   is like a well  :
used but never used up.
It is like the eternal void:
filled with infinite possibilities.
It is hidden but always present.
I don’t know who gave birth to it.
It is older than God  . [MitchellTTC  ]

Waley

The Way is like an empty vessel
That yet may be drawn from
Without ever needing to be filled.
It is bottomless; the very progenitor of all things in the world.
In it all sharpness is blunted,
All tangles untied,
All glare tempered,
All dust (1) soothed.
It is like a deep pool that never dries.
Was it too the child of something else?
We cannot tell.
But as a substanceless image (2) it existed before the Ancestor (3). [WaleyTTC  ]

(1) Dust is the Taoist symbol for the noise and fuss of everyday life.

(2) A hsiang, an image such as the mental   images that float before us when we think.

(3) The Ancestor in question is almost certainly the Yellow Ancestor who separated Earth from Heaven and so destroyed the Primal   Unity, for which he is frequently censured in Chuang Tzu  .

Wieger

A. Le Principe foisonne et produit, mais sans se remplir.
 
B. Gouffre vide, il paraît être (il est) l’ancêtre (l’origine) de tous les êtres.
 
C. Il est paisible, simple, modeste, amiable.
 
D. Se répandant à flots, il paraît rester (il reste) toujours le même.
 
E. Je ne sais pas de qui il est le fils   (d’où il procède). Il paraît avoir été (il fut) avant le Souverain. [WiegerTTC  ]

Ce chapitre important est consacré à la description du Principe. A cause de l’abstraction du sujet, et peut être aussi par prudence, ses conclusions choquant les anciennes traditions chinoises, Lao-tzeu emploie trois fois le terme atténué paraître, au lieu du terme catégorique être. — Il ne se prononce pas sur l’origine du Principe, mais le fait antérieur au Souverain des Annales et des Odes. Ce Souverain ne saurait donc être, pour Lao-tzeu, un Dieu créateur de l’univers. Il n’est pas davantage un Dieu gouverneur de l’univers, car jamais Lao-tzeu ne lui fera une place dans son système, à ce titre. La déclaration faite ici, qu’il est postérieur au Principe, équivaut donc pratiquement à sa négation. — Le Principe, en lui même, est comme un gouffre immense, comme une source infinie. Tous les êtres sensibles sont produits par son extériorisation, par sa vertu tei opérant dans le binôme ciel-terre. Mais les êtres sensibles, terminaisons du Principe, ne s’ajoutent pas au Principe, ne le grandissent pas, ne l’augmentent pas, ne le remplissent pas, comme dit le texte. Comme ils ne sortent pas de lui, ils ne le diminuent pas, ne le vident pas non plus, et le Principe reste toujours le même. — Quatre qualités lui sont attribuées, qui seront plus tard souvent proposées à l’imitation du Sage (par ex. Chapitre 56). Ces qualités sont assez mal définies par les termes positifs paisible, simple, modeste, amiable. Les termes de Lao-tzeu sont plus complexes. Être mousse, sans pointe ni tranchant. N’être pas embrouillé, compliqué. N’être pas éblouissant, nais luire d’une lumière tempérée, plutôt terne. Partager volontiers la poussière, la bassesse du vulgaire.

Duyvendak

La Voie est vide ; malgré son emploi elle ne se remplit jamais.
Qu’elle est insondable, comme l’aïeule des dix mille êtres !
Qu’elle est profonde, comme demeurant toujours !
Engendrée par je ne sais qui, elle est l’image de ce qui fut avant les « Empereurs ». [DuyvendakTTC  ]

« Dix mille êtres » dans le texte traditionnel est suivi par la phrase : « Elle émousse ce qui est aigu, elle débrouille ce qui est emmêlé, elle tamise ce qui est lumineux, elle égalise ses traces », ce qui est dédoublement d’un passage du chapitre LVI. Je l’ai omise ici, parce qu’elle me semble troubler le sens et qu’originellement elle n’avait pas de commentaire dans le présent chapitre. Il est peu probable que la même phrase ait été répétée deux fois dans un texte aussi bref que le Tao tö king  . Pour le sixième signe houo « peut être », je lis, avec une vieille inscription des T’ang, le caractère kiou « longtemps », qui dans sa forme ancienne lui ressemble beaucoup. Voir aussi mes notes sur VI. Je fais de même quelques lignes plus loin, où je traduis « demeurant toujours ». Aucun des commentateurs ne paraît avoir songé à cette dernière correction, qui est pourtant évidente. Bien que cette leçon n’ait pas été transmise, une inscription des T’ang lit, dans le second cas, tch’ang « constamment », ce qui est une explication de kiou. Dans le premier cas, avec une négation, je traduis « jamais ».

Ce chapitre est très difficile. Le mot tch’ong se dit, d’une part, de l’eau   jaillissante ; d’autre part, dans le texte du Tao tö-king, il est généralement expliqué comme signifiant « vide ». L’image paraît être celle d’un vase qui ne se remplit jamais (voir aussi XLV), qui peut donc tout contenir ; elle s’étend ensuite à l’idée de la profondeur insondable où tous les phénomènes se réalisent. Le mot tsong , rendu ici par « aïeule », implique en même temps l’idée de « règle que l’on suit, principe compréhensif » (voir aussi LXX).

La dernière phrase est une vraie énigme. Après : « Qu’elle est profonde » (correspondant à : « Qu’elle est insondable »), on s’attendrait à une phrase qui correspondrait à : « Comme l’aïeule des dix mille êtres ». Le parallélisme entre ces deux phrases devient d’autant plus saisissant par l’omission du passage critiqué plus haut : « Elle émousse ». etc. C’est toujours la Voie qui est le sujet. Ce que je rends par « engendrée » est le mot tseu , généralement traduit par « fils ». Toutefois, comme je l’ai démontré ailleurs (T’oung Pao, XXXVIII, 334 337),le mot peut aussi être employé comme verbe, dans le sens d’ « engendrer ». Bien que la construction lui donne la valeur d’un substantif (pour autant qu’en chinois on peut se servir d’un tel terme grammatical), c’est certainement à ce sens plus général qu’il faut songer, et une telle interprétation amoindrit la difficulté d’une personnification inouïe (et peu chinoise) de la Voie comme « fils », qui a toujours été un problème. Il peut y avoir aussi une allusion au Yi-king  , le Livre des Mutations (voir plus bas, mes notes sur LII), où, dans les Huit Trigrammes  , les dix mille êtres sont représentés comme des « enfants » du ciel et de la terre. On constate que la Voie n’est pas un des dix mille êtres. A comparer aussi Houai-nan tseu I, 11b : « Le Sans forme est le grand ancêtre des choses (matérielles), le Sans son est le grand aïeul des sons. Son fils est la lumière  , son petit flls est l’eau ; tous les deux sont issus du Sans forme. »

Le mot siang « image, réflexion » est un mot clef du Livre des Mutations et se rencontre dans le Tao tö-king, XIV, XXI, XXV et XLI. Ici il est pris dans un emploi verbal : « être l’image ».

« Ce qui fut avant les « Empereurs », correspond à « l’aïeule des dix mille êtres ». C’est le mot ti que je rends par « Empereurs ». Le mot « Empereur » doit être pris dans un sens mythologique, tel qu’il figure dans Chang ti « l’Empereur d’en haut », Hoang ti « l’Empereur jaune », etc. Je le prends au pluriel plutôt qu’au singulier. Le sens paraît bien être que la Voie est antérieure à tout.

Matgioi

La Voie est le terme, mais aussi le moyen. Sans doute, elle est sans fond ; c’est le fleuve où les dix mille êtres ont leur source. L’homme doué parle paisible, il détermine le sort ; il égalise la splendeur ; il égalise les ténèbres ; il est semblable à un fils pieux. Mais, moi, je ne sais pas celui-là seul dont il est le fils. Il est l’image de l’Ancêtre du Maître. [MatgioiVR  ]

La Voie est le terme, quand c’est l’homme qui en parle ; la Voie est le moyen, quand l’homme la considère au point de vue de l’univers. Ce centon est le résumé de la situation de la Voie, par rapport aux conditions de l’individu . L’homme, en tant qu’individu lancé dans le cercle vital de l’yin-yang  , a la Voie pour terme, puisque c’est sur la spirale évolutive universelle que se terminent tous les cercles particuliers. Mais la personnalité, dégagée de l’individu, a la Voie comme moyen, puisque c’est en utilisant tous les points de la spirale qu’elle atteint, avec et par cette spirale, la transformation ultime et réintégratrice. C’est ainsi que toutes les personnalités, qui sont les fleurs éternelles de la Voie, et que même toutes les individualités, qui sont les colorations passagères et les parfums fugitifs de ces fleurs, ont la Voie sans fond pour source. De tout cela, le sage, « qui a ouvert le sort », c’est-à-dire qui connaît la succession bénéfique des destins de l’univers, parle avec tranquillité. Il se tient à égale distance de la splendeur et dés ténèbres, et il est ainsi le fils pieux de la Voie. Il est donc impossible de connaître de qui il est le fils spirituel. Mais il représente les traits du Grand Ancêtre, qui est l’Ancêtre du Maître (de Laotseu  ).

Haven

O Tao é vazio  , mas inesgotável.
Parece o ancestral dos dez   mil seres.
Suaviza sua dureza.
Desata seus nós.
Modera seu esplendor.
Une-se a sua poeira.
Oh! como é puro!
Parece dispor de toda a eternidade  .
Não sei de quem poderia ser filho.
Parece anterior ao Soberano do Céu. [HavenTTC  ]


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