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Tao Te Ching

Tao Te Ching II: algo e seu contrário nascem juntos

Ser e Não-Ser

sábado 3 de setembro de 2022, por Cardoso de Castro

    
Quando as pessoas veem algumas coisas como belas,
outras coisas se tornam feias.
Quando as pessoas veem algumas coisas como boas,
outras coisas se tornam más.
Ser e não-ser criam um ao outro.
Dificuldade   e facilidade suportam-se uma a outra.
Longo e curto definem-se um ao outro.
Alto e baixo dependem um do outro.
Antes e depois seguem um ao outro.
Por conseguinte a Mestre age sem fazer nada
e ensina sem dizer nada.
As coisas surgem e ela as deixa vir;
as coisas desaparecem e ela as deixa ir.
Ela tem mas não possui, age mas não espera.
Quando seu trabalho   está feito, ela o esquece.
Eis porque perdura para sempre.
    

Mitchell

When people see some things as beautiful,
other things become ugly.
When people see some things as good,
other things become bad.
Being and non-being create each other.
Difficult and easy support each other.
Long and short define each other.
High and low depend on each other.
Before and after follow each other.
Therefore the Master acts without doing anything
and teaches without saying anything.
Things arise and she lets them come;
things disappear and she lets them go.
She has but doesn’t possess,
acts but doesn’t expect.
When her work is done, she forgets it.
That is why it lasts forever. [MitchellTTC  ]

Waley

It is because every one under Heaven recognizes beauty as beauty,
That the idea   of ugliness exists.
And equally if every one recognized virtue as virtue,
this would merely create fresh conceptions of wickedness.
For truly, Being and Not-being grow out of one another;
Difficult and easy complete one another.
Long and short test one another;
High and low determine one another.
Pitch and mode give harmony to one another.
Front and back give sequence to one another.
Therefore the Sage relies on actionless activity,
Carries on wordless teaching,
But the myriad creatures are worked upon by him;
He does not disown them.
He rears them, but does not lay claim to them,
Controls them, but does not lean upon them,
Achieves his aim, but does not call attention to what he does;
And for the very reason that he does not call attention to what he does
He is not ejected from fruition of what he has done. [WaleyTTC  ]

Legge

All in the world know the beauty of the beautiful, and in doing
this they have (the idea of) what ugliness is; they all know the skill
of the skilful, and in doing this they have (the idea of) what the
want of skill is.
 
So it is that existence and non-existence give birth the one to
(the idea of) the other; that difficulty and ease produce the one (the
idea of) the other; that length and shortness fashion out the one the
figure of the other; that (the ideas of) height and lowness arise from
the contrast of the one with the other; that the musical notes and
tones become harmonious through the relation of one with another; and
that being before and behind give the idea of one following another.
 
Therefore the sage manages affairs without doing anything, and
conveys his instructions without the use of speech.
 
All things spring up, and there is not one which declines to show
itself; they grow, and there is no claim made for their ownership;
they go through their processes, and there is no expectation (of a
reward for the results). The work is accomplished, and there is no
resting in it (as an achievement).
 
The work is done, but how no one can see;
’Tis this that makes the power not cease to be. [LeggeTTC  ]

Ames

As soon as everyone in the world knows that the beautiful are beautiful,
There is already ugliness.
As soon as everyone knows the able, (5)
There is ineptness. (6)
Determinacy (you) and indeterminacy (wu) give rise to each other,
Difficult and easy complement each other,
Long and short set each other off,
High and low complete each other,
Refined notes and raw sounds harmonize (he) with each other,
And before and after lend sequence to each other—
This is really how it all works. (7)
It is for this reason that sages keep to service that does not entail coercion (wuwei)
And disseminate teachings that go beyond what can be said.
In all that happens (wanwu),
The sages develop things but do not initiate them,
They act on behalf of things but do not lay any claim to them,
They see things through to fruition but do not take credit for them.
It is only because they do not take credit for them that things do not take their leave. [AmesTTC  ]

(5) Lau (1982) reconstitutes this line as it occurs in the WB text as “as soon as everyone knows the able as the able, there is ineptness.” He extrapolates on the basis of the opening line. But there is no lacuna in the MWD versions that would allow for this, and the GD text is also abbreviated in this same way.

(6) The GD text has the final past particle yi at the end of these first two phrases, giving the sense   of “already.” But the MWD texts both have the present progressive particle yi at the end of the second phrase denoting a continuing state of affairs.

(7) The GD text does not have this line.

Wieger

A. Tout le monde a la notion du beau, et par elle (par opposition) celle du pas beau (du laid). Tous les hommes ont la notion du bon, et par elle (par contraste) celle du pas bon (du mauvais). Ainsi, être et néant, difficile et facile, long et court, haut et bas, son et ton, avant et après, sont des notions corrélatives, dont l’une étant connue révèle l’autre.
 
B. Cela étant, le Sage sert sans agir, enseigne sans parler.
 
C. Il laisse tous les êtres, devenir sans les contrecarrer, vivre sans les accaparer, agir sans les exploiter.
 
D. Il ne s’attribue pas les effets produits, et par suite ces effets demeurent. [WiegerTTC  ]

Les corrélatifs, les opposés, les contraires comme oui et non, sont tous entrés dans ce monde par la porte commune, sont tous sortis du Principe un (Chap. 1. C). Ils ne sont pas des illusions subjectives de l’esprit   humain, mais des états objectifs, répondant aux deux états alternants du Principe, yinn et yang  , concentration, et expansion. La réalité profonde, le Principe, reste toujours le même, essentiellement ; mais l’alternance de son repos et de son mouvement, crée le jeu des causes et des effets, un va et vient incessant. A ce jeu, le Sage laisse son libre cours. Il s’abstient d’intervenir, ou par action physique, ou par pression morale. Il se garde de mettre son doigt dans l’engrenage des causes, dans le mouvement perpétuel de l’évolution naturelle, de peur de fausser ce mécanisme compliqué et délicat. Tout ce qu’il fait, quand il fait quelque chose, c’est de laisser voir son exemple. Il laisse à chacun sa place au soleil, sa liberté, ses œuvres. Il ne s’attribue pas l’effet général produit (le bon gouvernement), lequel appartient à l’ensemble des causes. Par suite, cet effet (le bon ordre) n’étant pas en butte à la jalousie ou à l’ambition d’autrui, a des chances de durer.

Duyvendak

Tous dans le monde reconnaissent le beau comme beau ; ainsi est admis le laid.
Tous reconnaissent le bien comme bien ; ainsi est admis le non bien.
En effet : l’Être et le Non être s’enfantent l’un l’autre ; le difficile et le facile se complètent l’un l’autre ; le long et le bref sont formés l’un de l’autre ; le haut et le bas se renversent l’un l’autre ; les sons et la voix s’harmonisent l’un l’autre ; l’avant et l’après se suivent l’un l’autre. [DuyvendakTTC  ]

En modifiant quelque peu une correction de Ma Siu louen, je transporte une phrase (« C’est pourquoi le Saint se tient », etc.) qui, dans le texte traditionnel, suit la phrase : « avant et après se suivent l’un l’autre », à la fin du ch. XLIII et le reste du chapitre, à partir de : « Elles produisent mais ne s’approprient pas, à la fin du ch. LI où il est en partie répété. Voir les notes sur ce chapitre.

Je traduis par « le monde » l’expression chinoise t’ien hia , littéralement « ce qui est sous le ciel ». Elle désigne tout le monde civilisé connu des Chinois. Dans le sens politique, elle indique l’unité de tous les États vassaux sous une seule autorité, unité qui fut recherchée au cours du 3e siècle avant J. C. et réalisée en 221. Dans plusieurs passages de Tao   tö-king, il est question de cette unité politique ; il faut alors comprendre l’expression t’ien hia comme un terme technique : « l’empire », dont je me sers donc, faute d’un autre mot, avec un léger anachronisme, la vraie fondation de l’empire ne datant que de 221 avant J. C. Toutefois, pour ne pas encombrer ma traduction d’une circonlocution lourde comme « tout ce qui est sous le ciel », je me sers souvent, sous toute réserve, de la traduction « le monde » qui, du reste, est assez satisfaisante dans le contexte de ce chapitre.

Le thème de ce chapitre a besoin de peu d’explications. Il poursuit l’antithèse « Être » – « Non être » du premier chapitre. Sur tous les tons on répète que les notions contraires sont postulées l’une par l’autre, puisque, dans la Voie, tout est relatif.

Matgioi

Les êtres de l’univers connaissent le bien ; ils désirent faire le bien ; au moment fixé pour le bien, voici le mal [1]. Ces êtres connaissent le probe : ils désirent faire le probe, alors, voici l’improbe. - Un et son contraire naissent ensemble ; le difficile et le facile se produisent l ’un l’autre : le grand, et le petit apparaissent l ’un par l’autre ; le haut et le bas se déterminent l’un l’autre ; le ton et le son concordent. L’avant et l’après se commandent. Ainsi voilà que l’homme parfait n’agit pas, n’étant pas inférieur : faire et se taire, telle est sa doctrine. Les dix mille êtres travaillent, et il ne les oublie pas : il les produit et ne les possède pas. Il les développe et n’en tire pas d’avantages ; ils ont des mérites, mais il n’y participe pas. Non, évidemment. Ayant bâti cette maison, il n’y habite pas. [MatgioiVM  ]

Os seres do universo   conhecem o bem; desejam fazer o bem; no momento designado para o bem, eis o mal [Ch. I do Tao é a origem   do mundo cósmico  , cap. II é a origem do mundo da consciência  .]. Esses seres conhecem o que é probo: eles querem ser probos, então eis o improbo. – Um e seu oposto nascem juntos; o difícil e o fácil ocorrem um após o outro: o grande e o pequeno aparecem um ao outro; a parte superior e a inferior   determinam-se mutuamente; tom e o som   concordam. Antes e depois se comandam. Assim eis que o homem   perfeito não age, não sendo inferior: fazer e se calar, tal é a sua doutrina  . Os dez   mil seres trabalham, e ele não os esquece: ele os produz e não os possui. Ele os desenvolve e não obtém nenhum benefício deles; eles têm méritos, mas ele deles não participa. Não, evidentemente. Tendo construído esta casa  , ele aí não mora.


La conscience des êtres n’est déterminée que par l’appréciation et la diversité de leurs actions. Les êtres croient connaître et désirent le Beau et le Bien ; s’ils agissent, ils agissent suivant leurs connaissances et leurs désirs ; ils croient donc agir le Beau et le Bien, suivant du moins les conceptions qu’ils s’en sont faites. Mais, s’ils agissent une chose, il y a une autre chose, qui est le contraire de la première, et qu’ils n’agissent pas ; cette chose, étant le contraire de ce qui est dit le Beau et le Bien, est le Laid et le Mal ; d’où il ressort que c’est l’action qui différencie et spécialise les états de la conscience des êtres et que c’est la belle action qui crée le Laid, et la bonne action qui crée le Mal. Ainsi, ces notions sont dépendantes l’une de l’autre, déterminées l’une par l’autre, inexistantes l’une sans l’autre ; c’est-à-dire qu’en vérité elles n’existent point au regard de ce qui Est, et n’empruntent leur apparence de réalité qu’à des états de la conscience, ce qui est illusoire au point de vue de l’Être. Toutes les autres relativités de l’univers se déterminent ainsi l’une l’autre, et n’ont pas davantage d’existence réelle, mais bien seulement des rapports factices, qui ne durent que pendant l’action qui les crée.

Ainsi, l’action, à cause qu’elle détermine, et à cause des spécialisations qu’elle fait aux choses qu’elle détermine, est chose inférieure ; aussi, le sage qui n’est pas inférieur et qui ne veut pas le devenir, n’agit pas. Mais cette non-action, en similitude de celle de la Voie, n’est pas une inaction ; car la Voie, qui ne participe ni aux mouvements, ni aux idées, ni aux travaux, ni aux mérites des êtres, les a produits ; c’est-à-dire qu’elle est le mécanisme grâce auquel les êtres peuvent se mouvoir, penser, travailler et mériter. Aussi, tandis que les êtres, grâce à la Voie, se développent, elle ne se développe point, et demeure immuable. Elle a fourni la cause, et se désintéresse des objets ; les êtres sont sujets de la cause et dispensateurs des effets, dans la Durée. Telle est la vraie distinction des Choses. C’est pourquoi on dit que la Voie est semblable à celui qui aurait fourni le plan, les matériaux d’une maison et la force pour la construire, et ne saurait y habiter.

Haven

Se todos sob o Céu (re)conhecerem o belo como belo, assim conhecerão o feio  .
Se todos sob o Céu (re)conhecerem o bem como bem, assim conhecerão o mal.
Desse modo Ser e Não-ser engendram-se mutuamente.
O fácil e o difícil se completam.
O longo e o curto se delimitam.
O alto e o baixo se regulam.
O tom e o som se harmonizam.
O antes e o depois se sucedem.
Por isso o Santo-Homem pratica o Não-agir e ensina sem falar.
Todos os seres agem, e ele não lhes recusa ajuda  .
Produz sem se apropriar, trabalha sem nada esperar em troca.
Realiza obras meritórias sem se apegar a elas, e, justamente por isso, suas obras perduram. [HavenTTC  ]

Sinedino

Se Tudo sob o Céu vê o belo como belo,
Isso é mau.
Se todos vemos o bom como bom,
Isso não é bom.
Pois existência e não existência dão vida uma a outra,
O fácil e o difícil produzem-se,
O longo e o curto dão-se forma,
O alto e o baixo se contrapõem,
Som e voz harmonizam-se,
Sendo assim, o Sábio   deve ocupar-se   com a prática
[E] deve promover a doutrinação que não tem palavras.
As dez mil coisas surgem dela e não se escusam.
Dá vida, mas não existe.
Obra, sem expectativas.
Embora seus méritos rendam frutos, não se detém [com seu gozo].
E é apenas porque não se detém.
Que [seus méritos] não o abandonam. [SinedinoTTC  ]

Ver online : TAO TE CHING


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[1Le ch. I du Tao est l’origine du monde cosmique, le ch. II est l’origine du monde de la conscience.