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PRIMEIRO ALCIBÍADES

Platão (Alcibíades I:127c-130a) – remediar o mal da política

sexta-feira 11 de fevereiro de 2022, por Cardoso de Castro

Robin

Alcibiade: Moi non plus, par tous les Dieux, je ne sais plus, Socrate  , ce que je veux dire! Et il est bien possible que, depuis longtemps même, je sois, sans m’en être douté, dans une bien vilaine situation!

Socrate  : Allons! il faut avoir confiance! Si c’était en effet à cinquante ans que tu t’étais rendu compte de l’état où tu es, [d] il te serait difficile d’avoir souci de toi-même! Mais l’âge que tu as, c’est l’âge auquel on doit s’en être rendu compte!

— Mais, une fois qu’on s’en est rendu compte, que doit-on faire, Socrate  ?

— Répondre aux questions posées, Alcibiade! Oui, si tu le fais, avec la grâce de Dieu et si je dois m’en fier aussi à mon talent divinatoire, nous serons, toi comme moi, en meilleure posture!

— Et la raison en sera que j’aurai répondu?

— Eh bien! voyons donc... Qu’est-ce que c’est, que d’avoir souci de soi-même? [128a] Car il est à craindre que maintes fois, sans nous en douter, nous n’ayons pas souci de nous-mêmes, quoique nous nous le figurions! Bref, quand le fait-on? Quand on a souci des choses qui sont proprement les siennes, n’est-ce pas alors qu’on a souci de soi-même?

— Au moins est-ce mon avis.

— Mais quoi? Quand a-t-on souci de ses pieds? n’est-ce pas quand on a souci des choses qui sont des affaires de pieds?

— Je ne comprends pas!

— Il y a bien quelque chose dont tu dis qu’elle est une affaire de main? Une bague par exemple: hors le doigt, y a-t-il une autre partie du corps humain, dont tu dirais qu’elle est l’affaire?

— Certes non!

— Et pour le pied aussi, le cas de la chaussure n’est-il pas le même?

— [b] Oui.

— Et semblablement, pour le reste du corps, les vêtements, les couvertures?

— Oui.

— Mais, quand nous avons souci de notre chaussure, est-ce que nous n’avons pas alors souci de nos pieds?

— Je ne comprends pas très bien, Socrate  !

— Eh quoi? L’acte d’avoir correctement souci de quelque chose que ce soit, tu lui donnes bien un nom?

— Ma foi! oui.

— Mais n’est-ce pas quand on améliore quelque chose, que tu dis qu’on en a alors correctement souci?

— Oui.

— Or, quel est l’art qui améliore la chaussure?

— C’est celui du cordonnier.

— C’est donc grâce à l’art du cordonnier que nous avons souci de notre chaussure?

— [c] Oui.

— Et de notre pied aussi, grâce à l’art du cordonnier? Ou plutôt grâce à cet art au moyen duquel on améliore ses pieds?

— Au moyen de cet art.

— Or, n’améliore-t-on pas ses pieds au moyen de l’art même qui améliore le reste du corps?

— C’est bien mon avis.

— Et cet art n’est-il pas la gymnastique?

— Parfaitement!

— Donc, c’est par la gymnastique que nous prenons soin de notre pied, tandis que c’est au moyen de l’art du cordonnier que nous prenons soin des affaires de notre pied?

— Hé! absolument!

— Et de nos mains par la gymnastique encore? mais des affaires de notre main, au moyen de l’art du ciseleur sur bagues?

— Oui.

— Et du corps, par la gymnastique? mais des affaires du corps au moyen de l’art de tisser et les autres arts analogues?

— [d] Hé oui! parfaitement.

— Par conséquent, il y a un art au moyen duquel nous prenons soin de chaque chose considérée en elle-même, un autre art au moyen duquel c’est des affaires de cette chose?

— Évidemment!

— Concluons donc que ce n’est pas quand on a souci de ses propres affaires, que l’on a souci de soi-même...

— Non, pas du tout.

— Car ce n’est pas le même art, semble-t-il bien, qui nous servirait à prendre soin, et de nous-même, et de ce qui est nos affaires à nous.

— Évidemment non!

— Voyons maintenant! Au moyen de quel art pourrions-nous bien prendre soin de nous-même?

— Je ne suis pas du tout en état de le dire.

— [e] Il y a pourtant un point en vérité sur lequel nous sommes tombés d’accord: c’est que l’art par lequel nous améliorerions n’importe laquelle de nos propres affaires n’est pas en revanche celui grâce auquel nous nous améliorerions nous-même.

— Nous en sommes tombés d’accord, c’est vrai.

— Mais aurions-nous bien pu, sans connaître la chaussure, reconnaître quel art améliore la chaussure?

— Impossible!

— Pas davantage sans connaître la bague, l’art qui améliore les bagues?

— C’est la vérité.

— Mais quoi? L’art qui nous améliore nous-même, nous serait-il bien possible de reconnaître quel art c’est, alors que nous sommes dans l’ignorance au sujet de ce que nous pouvons bien être nous-même?

— [129a] Impossible!

— Mais est-ce justement chose facile de se connaître soi-même? et était-ce un pauvre sire, celui qui a été consacrer cette maxime au sanctuaire d’Apollon Pythien? N’est-ce pas plutôt une chose difficile, et qui n’est pas à la portée de tout le monde?

— Maintes fois, Socrate  , j’ai jugé qu’elle [était facile], mais maintes fois aussi que la difficulté en était extrême!

— Il n’en est pas moins vrai pourtant, Alcibiade, que la chose, facile ou difficile, se présente à nous de la façon que voici: connaissant cela, vraisemblablement connaîtrions-nous la façon d’avoir soin de nous-mêmes; mais jamais nous ne la connaîtrions si, cela, nous l’ignorions.

— C’est exact.

— [b] Voyons maintenant! Cette même chose, de quelle façon pourrait-elle être découverte en elle-même? Ainsi, en effet, nous aurions vraisemblablement découvert ce que nous pouvons bien être nous-mêmes, tandis que nous en serions sans doute incapables, si nous étions encore dans l’ignorance de cette chose.

— Ce que tu dis est juste!

— Alors, halte-là, par Zeus! Avec qui converses-tu à présent? n’est-ce pas avec moi?

— Oui.

— Et moi avec toi?

— Oui.

— Mais c’est Socrate   qui parle?

— Hé! absolument...

— Et Alcibiade qui l’écoute?

— Oui.

— Mais c’est en se servant de la parole que parle Socrate  ?

— [c] Sans conteste!

— Or, parler et se servir de la parole, tu dis, je pense, que c’est la même chose?

— Hé! absolument.

— Or celui qui se sert d’une chose, et la chose dont il se sert, ne se distinguent-ils pas?

— Comment l’entends-tu?

— De la façon dont, je pense, un cordonnier taille son cuir avec son tailloir, son tranchet et ses autres outils.

— Oui.

— Mais celui qui taille et qui se sert des outils ne se distingue-t-il pas de ce dont il se sert quand il taille?

— Comment en effet, ne le dirait-on pas?

— De même encore les choses dont se sert le cithariste, et le cithariste lui-même, ne se distingueront-ils pas mutuellement?

— Oui.

— [d] Eh bien! voici où justement tendait ma question, de savoir si, à ton avis, celui qui se sert d’une chose, et la chose dont il se sert, sont, dans tous les cas, deux choses distinctes.

— C’est ce qu’on pense.

— Or, que nous faut-il dire du cordonnier? Taille-t-il son cuir avec ses outils seulement? ou bien aussi avec ses mains?

— Avec ses mains aussi.

— En sorte qu’il se sert aussi de ces dernières?

— Oui.

— N’est-ce pas aussi avec ses yeux qu’il taille le cuir?

— Oui.

— Et, que celui qui se sert des choses ne se confond pas avec les choses dont il se sert, nous en sommes d’accord?

— Oui.

— Ainsi donc, cordonnier et cithariste sont distincts de leurs mains et de leurs yeux, [e] avec lesquels ils opèrent?

— Évidemment.

— Mais un homme ne se sert-il pas aussi de tout son corps?

— Hé! absolument.

— Or, la chose qui se sert d’une autre, et celle dont il se sert, sont deux?

— Oui.

— Ce sont donc deux choses distinctes, qu’un homme et le corps qui est le sien?

— Il le semble bien!

— L’homme alors, qu’est-ce donc que cela peut bien être?

— Je ne suis pas à même de le dire!

— Mais n’es-tu pas à même de me dire au moins que c’est la chose qui se sert du corps?

— Oui.

— [130a] Or, y a-t-il rien d’autre à s’en servir, sinon l’âme?

— Rien d’autre.

— Mais n’est-ce pas en ce qu’elle a l’autorité?

— Oui.

Cousin

ALCIBIADE.

Impossible.

SOCRATE  .

Quand chacun fait ce qu’il doit faire, chacun fait-il ce qui est juste ou ce qui est injuste ?

ALCIBIADE.

Belle demande ! chacun fait ce qui est juste.

SOCRATE  .

Quand donc tous les citoyens d’un état font ce qui est juste, ils ne sauraient pourtant s’aimer ?

ALCIBIADE.

Mais la conséquence semble nécessaire.

[127d] SOCRATE  .

Quelle est donc cette amitié ou cette concorde dont nous devons connaître le secret, et sur laquelle nous devons savoir donner de sages conseils, pour devenir bons citoyens ? Car je ne puis comprendre en quoi elle consiste, ni en qui elle se trouve ; tantôt on la trouve en certaines personnes, tantôt on ne l’y trouve plus, comme il semble par tes paroles.

ALCIBIADE.

Par les dieux, je te répète, Socrate  , que je ne sais moi-même ce que je dis, et je cours grand risque [d]’être, depuis longtemps, sans m’en être aperçu, dans le plus mauvais état.

SOCRATE  .

Ne perds pas courage, Alcibiade : si tu ne sentais ton état [127e] qu’à l’âge de cinquante ans, il te serait difficile [d]’y apporter du remède ; mais à l’âge où tu es, voilà justement le temps de le sentir.

ALCIBIADE.

Mais quand on le sent, que faut-il faire ?

SOCRATE  .

Répondre à quelques questions, Alcibiade. Si tu le fais, j’espère qu’avec le secours de Dieu, toi et moi, nous deviendrons meilleurs, au moins s’il faut ajouter foi à ma prophétie.

ALCIBIADE.

Cela ne peut manquer, s’il ne tient qu’à répondre.

SOCRATE  .

Voyons donc. Qu’est-ce qu’avoir soin de soi, de peur qu’il ne nous arrive souvent, [128a] sans que nous nous en apercevions, [d]’avoir soin de toute autre chose que de nous, quand nous croyons en avoir soin ? Quand un homme a-t-il réellement soin de lui ? Quand il a soin des choses qui sont à lui, a-t-il soin de lui-même ?

ALCIBIADE.

Il me le semble.

SOCRATE  .

Comment ? Quand un homme a-t-il soin de ses pieds ? Est-ce quand il a soin des choses qui sont à l’usage de ses pieds ?

ALCIBIADE.

Je ne t’entends pas.

SOCRATE  .

Ne connais-tu rien qui soit à l’usage de la main ? Par exemple, une bague, pour quelle partie du corps est-elle faite ? N’est-ce pas pour le doigt ?

ALCIBIADE.

Sans doute.

SOCRATE  .

De même, les souliers ne sont-ils pas pour les pieds?

[128b] ALCIBIADE.

Assurément.

SOCRATE  .

Quand donc nous avons soin des souliers, avons-nous soin des pieds ?

ALCIBIADE.

En vérité, Socrate  , je ne t’entends pas encore bien.

SOCRATE  .

Eh quoi ! Alcibiade, ne dis-tu pas qu’on a bien soin [d]’une chose?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

Et quand on rend une chose meilleure ? ne dis-tu pas qu’on en a bien soin ?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

Et quel est l’art qui rend les souliers meilleurs ?

ALCIBIADE.

L’art du cordonnier.

SOCRATE  .

C’est donc par l’art du cordonnier que nous avons soin des souliers?

[128c] ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

Est-ce aussi par l’art du cordonnier que nous avons soin de nos pieds, ou n’est-ce pas par l’art qui rend le pied meilleur ?

ALCIBIADE.

C’est par celui-là.

SOCRATE  .

Ne rendons-nous pas nos pieds meilleurs, par le même art qui rend tout notre corps meilleur?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

Et cet art, n’est-ce pas la gymnastique ?

ALCIBIADE.

Précisément.

SOCRATE  .

C’est donc par la gymnastique que nous avons soin de nos pieds, et par l’art du cordonnier que nous avons soin des choses qui sont à l’usage de nos pieds ?

ALCIBIADE.

Justement.

SOCRATE  .

C’est par la gymnastique que nous avons soin de nos mains, et par l’art de la joaillerie que nous avons soin des choses qui sont à l’usage de la main ?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

C’est par la gymnastique que nous avons soin de notre corps, et par l’art du tisserand, et par plusieurs [128d] autres arts, que nous avons soin des choses du corps ?

ALCIBIADE.

Cela est hors de doute.

SOCRATE  .

Et, par conséquent, l’art par lequel nous avons soin de nous-mêmes, n’est pas le même que celui par lequel nous avons soin des choses qui sont à nous ?

ALCIBIADE.

Évident.

SOCRATE  .

Quand donc tu as soin des choses qui sont à toi, tu n’as pas soin de toi.

ALCIBIADE.

Nullement.

SOCRATE  .

Car ce n’est pas par le même art, à ce qu’il paraît, qu’un homme a soin de lui et des choses qui sont à lui.

ALCIBIADE.

Non, assurément.

SOCRATE  .

Eh bien ! quel est l’art par lequel nous pouvons avoir soin de nous-mêmes.

ALCIBIADE.

Je ne saurais le dire.

[128e] SOCRATE  .

Nous sommes déjà convenus que ce n’est pas celui par lequel nous pouvons rendre meilleure quelqu’une des choses qui sont à nous, mais celui par lequel nous pouvons nous rendre meilleurs nous-mêmes ?

ALCIBIADE.

Cela est vrai.

SOCRATE  .

Mais pouvons-nous connaître l’art qui raccommode les souliers, si nous ne savons auparavant ce que [c]’est qu’un soulier ?

ALCIBIADE.

Non.

SOCRATE  .

Et l’art qui arrange les bagues, si nous ne savons auparavant ce que [c]’est qu’une bague ?

ALCIBIADE.

Cela ne se peut.

SOCRATE  .

Quel moyen donc de connaître l’art qui nous rend meilleurs nous-mêmes, si nous ne savons ce que [c]’est que nous-mêmes?

[129a] ALCIBIADE.

Cela est absolument impossible.

SOCRATE  .

Mais est-ce une chose bien facile que de se connaître soi-même, et était-ce quelque ignorant qui avait écrit ce précepte sur le temple [d]’Apollon ? ou est-ce, au contraire, une chose très difficile et peu commune?

ALCIBIADE.

Pour moi, Socrate  , j’ai cru souvent que [c]’était une chose commune, et, souvent aussi que [c]’était une chose fort difficile.

SOCRATE  .

Mais, Alcibiade, que cela soit facile ou non, toujours est-il que si nous le savons une fois, nous saurons bientôt quel soin nous devons avoir de nous-mêmes ; et que si nous l’ignorons, nous ne parviendrons jamais à connaître la nature de ce soin.

ALCIBIADE.

Sans difficulté.

[129b] SOCRATE  .

Courage donc. Par quel moyen trouverons-nous l’essence absolue des choses ? Par là, nous trouverons bientôt ce que nous sommes nous-mêmes ; et si nous ignorons cette essence, nous nous ignorerons toujours.

ALCIBIADE.

Tu dis vrai.

SOCRATE  .

Suis-moi donc bien, je t’en conjure par Jupiter. Avec qui t’entretiens-tu présentement ? Est-ce avec moi ?

ALCIBIADE.

Oui, [c]’est avec toi.

SOCRATE  .

Et moi avec toi.

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

C’est Socrate   qui parle ?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

C’est Alcibiade qui écoute ?

ALCIBIADE.

Cela est vrai.

SOCRATE  .

C’est avec la parole que Socrate   parle?

[129c] ALCIBIADE.

Où en veux-tu venir ?

SOCRATE  .

Parler et se servir de la parole est la même chose ?

ALCIBIADE.

Sans doute.

SOCRATE  .

Celui qui se sert [d]’une chose, et ce dont il se sert, ne sont-ce pas des choses différentes ?

ALCIBIADE.

Comment dis-tu?

SOCRATE  .

Un cordonnier, par exemple, se sert de tranchets, [d]’alênes et [d]’autres instruments ?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

Et celui qui se sert du tranchet, est-il différent de l’instrument dont il se sert ?

ALCIBIADE.

Oui, certes.

SOCRATE  .

De même, un homme qui joue de la lyre n’est-il pas différent de la lyre dont il joue ?

ALCIBIADE.

Qui en doute?

[129d] SOCRATE  .

C’est ce que je te demandais tout à l’heure, si celui qui se sert [d]’une chose te paraît toujours différent de ce dont il se sert ?

ALCIBIADE.

Très différent.

SOCRATE  .

Mais le cordonnier coupe-t-il seulement de ses instruments, ou ne coupe-t-il pas avec ses mains ?

ALCIBIADE.

Avec ses mains aussi.

SOCRATE  .

Il se sert donc de ses mains ?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

Et, pour travailler, il se sert aussi de ses yeux ?

ALCIBIADE.

Aussi.

SOCRATE  .

Et nous sommes tombés [d]’accord que celui qui se sert [d]’une chose est différent de la chose dont il se sert ?

ALCIBIADE.

Nous en sommes tombés [d]’accord.

SOCRATE  .

Le cordonnier et le joueur de lyre sont autre chose que les mains et [129e] les yeux dont ils se servent ?

ALCIBIADE.

Cela est sensible.

SOCRATE  .

Et l’homme se sert de tout son corps ?

ALCIBIADE.

Fort bien.

SOCRATE  .

Ce qui se sert [d]’une chose est différent de la chose qui sert?

ALCIBIADE.

Oui.

SOCRATE  .

L’homme est donc autre chose que le corps qui est à lui ?

ALCIBIADE.

Je le crois.

SOCRATE  .

Qu’est-ce donc que l’homme ?

ALCIBIADE.

Je ne saurais le dire, Socrate  .

SOCRATE  .

Tu pourrais, au moins, me dire que [c]’est ce qui se sert du corps.

ALCIBIADE.

Cela est vrai.

[130a] SOCRATE  .

Y a-t-il quelque autre chose qui se serve du corps que l’âme ?

ALCIBIADE.

Non, aucune autre.

SOCRATE  .

C’est donc elle qui commande ?

ALCIBIADE.

Très certainement.