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ENÉADAS

Plotino - Tratado 25,3 (II, 5, 3) — Os inteligíveis

Enéada II, 5, 3

quarta-feira 8 de junho de 2022, por Cardoso de Castro

Capítulo 3: Os inteligíveis

  • 1-4: Como se falará do ser em ato nos inteligíveis?
  • 4-8: Se a matéria inteligível não existe, não há o ser em potência lá
  • 8-13: E se a matéria existisse lá, que seria do ser em potência
  • 13: A matéria inteligível é uma forma
  • 13-14: A alma, por exemplo, que é uma forma, é uma matéria para outra coisa
  • 14-19: Mas a alma não é em potência em relação a esta coisa
  • 19-23: A alma é potência e não em potência destas coisas
  • 23-24: Como é o ser em ato no inteligível?
  • 24-40: Todos os inteligíveis são em ato e são um ato

Míguez

3. Digamos ahora por qué motivo hemos tratado previamente de estas cosas. Tal vez para precisar cómo se habla de lo que está en acto en los seres inteligibles: si se encuentren solamente en acto, o si cada uno de ellos está en acto; o bien si están todos, en acto y si en ellos también se da el ser en potencia. Si aquí no se encuentra la materia y es en la materia donde se da lo que está en potencia, no hay nada que debe ser lo que no sea ya, ni nada que haya de cambiarse a otra cosa y, aun permaneciendo en sí, producir otro ser, o, saliendo de si, dar a ese ser lo que es suyo. No hay aquí nada en lo que pueda darse lo que está en potencia, pues los seres (inteligibles) son eternos y no sujetos al tiempo. Y si se preguntase a los que postulen la existencia de la materia en los seres inteligibles, si no se da en ellos lo que está en potencia según su materia, pues aun tomando la materia en otro sentido, se dará en ellos algo así como la materia, y algo como la forma y el acoplamiento de ambas, ¿qué es lo que dirían? Lo que allí se considera como una materia es una forma, ya que incluso el alma, siendo una forma, es una materia con relación a otra cosa. Pero, ¿no está en potencia con relación a ese ser? No; porque la forma es algo de ella misma y no le sobreviene después; no tiene con la materia más que una distinción de razón, y así, se dice que asienta en una materia y que es percibida como dos cosas, aunque ambas constituyan una sola naturaleza. Lo que lleva a decir a Aristóteles   que su quinto cuerpo carece de materia.

¿Qué diremos entonces del alma? Porque se trata de un ser animado en potencia cuando no está unida al cuerpo como debe estarlo; musical en potencia, al igual que todas demás cosas que se originan en ella y que no ha poseído siempre. De modo que lo que está en potencia se da en los seres inteligibles. Y esas cosas no se encuentran en potencia, sino que el alma es la potencia productora de todas ellas

¿Cómo se da lo que está en acto en lo inteligible? ¿Al modo como está en acto la estatua, que es acoplamiento de una materia y de una forma? ¿O porque cada uno de los inteligibles recibió una forma? Ciertamente, porque cada uno de ellos es una forma y es enteramente lo que es. Pues la inteligencia no pasa de la potencia al acto, como se pasa del pensar al acto de pensar — se necesitaría antes otra inteligencia que no hubiese pasado de la potencia al acto — , sino que su propia totalidad está en ella. Porque lo que se encuentra en potencia quiere pasar al acto con la ayuda de otro ser, para que se produzca lo que ha de estar en acto; ese ser al que debe el paso, y que siempre se mantiene así, es un ser en acto. Así, pues, todos los seres primeros están en acto, porque tienen por sí mismos y para siempre todo lo que deben poseer; igual ocurre con el alma, que no se da en la materia, sino en lo inteligible. La otra alma que se da en la materia, como es el alma vegetativa, se da en acto, y es lo que es porque se encuentra en acto.

Todos los seres están en acto. ¿Y son así todos ellos un acto? ¿O cómo decirlo? Si se afirma rectamente que "aquella naturaleza es insomne", y que es una vida y la mejor de todas, entonces se encuentran allí los mejores actos. Por consiguiente, todos los seres están en acto y son acto; son todos ellos seres animados, y el lugar inteligible es el lugar de la vida, el principio y la fuente verdadera del alma y de la inteligencia.

Bouillet

III. Expliquons pourquoi nous sommes entré dans les considérations précédentes. Elles avaient pour but de nous amener à déterminer en quel sens on dit que les intelligibles sont en acte, à voir si chaque intelligible n’est qu’en acte ou bien encore n’est qu’un acte ; enfin comment, si tous les intelligibles sont des actes, il peut y avoir aussi là haut quelque chose en puissance. Si, dans le monde intelligible, il n’y a pas de matière dont on puisse dire qu’elle est en puissance, si nulle essence ne doit y devenir ce qu’elle n’est pas encore, ni se transformer, ni, tout en restant ce qu’elle est, en engendrer une autre, ni en s’épanchant en faire exister une autre à sa place, on ne saurait trouver quelque chose qui soit en puissance dans ce monde des essences éternelles et placées en dehors du temps. Supposons donc que ceux qui admettent que la matière existe, même dans les intelligibles (13), s’entendent adresser cette question : « Comment peut-il y avoir de la matière dans le monde intelligible, si rien n’y est en puissance en vertu de cette matière? Car lors même que la matière existerait dans le monde intelligible d’une autre manière que dans le monde sensible, il y aurait cependant dans chaque être la matière, la forme, et le composé qu’elles constituent. » Que répondront-ils? Ils diront que, dans les intelligibles, ce qui joue le rôle de la matière est une forme, que l’àme est forme par elle-même et matière par rapport à une autre chose. Est-elle donc en puissance par rapport a cette autre chose? Nullement : car elle possède la forme, elle la possède présentement, elle n’est divisible en forme et en matière que par la raison ; si elle contient de la matière, c’est parce que la pensée la conçoit double [y distingue la forme et la matière]. Mais ces deux choses forment une seule nature, comme Aristote   dit que son cinquième corps est immatériel (14).

Que dirons-nous donc de l’âme? Elle est en puissance l’animal, quand celui-ci n’est pas encore né et qu’il doit naître. Elle est en puissance la musique et toutes les choses qui deviennent, qui ne sont pas toujours. Ainsi, dans le monde intelligible, il y a des choses qui sont ou ne sont pas en puissance. Mais l’âme est la puissance de ces choses [la puissance de produire et non la puissance de devenir ces choses] (15).

Comment être en acte doit-il s’entendre des choses intelligibles? Chacune d’elles est-elle en acte parce qu’elle a reçu la forme, comme la statue (le composé) (16) est en acte, ou plutôt parce qu’elle est une forme et que son essence est une forme parfaite ? L’intelligence ne passe pas de la puissance de penser à l’acte de penser (17). Sinon, elle supposerait une intelligence antérieure qui ne passerait pas de la puissance à l’acte, qui posséderait tout par elle-même : car ce qui est en puissance exige un autre principe dont l’intervention l’amène à l’acte afin qu’il soit quelque chose en acte (18). Quand par lui-même un être est toujours ce qu’il est, il est un acte. Donc tous les premiers principes sont des actes : car ils possèdent par eux-mêmes et toujours tout ce qu’ils doivent posséder. Tel est l’état de l’âme qui n’est pas dans la matière, qui se trouve dans le monde intelligible. L’âme qui est dans la matière est un autre acte ; c’est l’âme végétative, par exemple : car elle est acte dansce qu’elle est. Faut-il donc admettre que [dans le monde intelligible] tout est en acte et qu’ainsi tout est acte? Il faut l’admettre parce qu’on a dit avec raison que la nature intelligible est toujours éveillée (19), qu’elle est une vie, une vie excellente, que là-haut sont les actes parfaits. Donc, dans le monde intelligible, tout est en acte, tout est acte et vie. Le lieu des intelligibles est le lieu de la vie, le principe et la source de l’âme véritable et de l’intelligence (21).

Bréhier

3. Disons maintenant pourquoi nous avons commencé par ces considérations. C’est pour savoir en quel sens on parle d’être en acte dans les intelligibles ; s’ils sont seulement en acte, ou bien si chacun d’eux est un acte ; si tous à la fois forment un acte, et s’il y a aussi en eux des êtres en puissance. Or là-bas il n’y a pas de matière ; et c’est en la matière qu’est l’être en puissance ; rien n’est à venir qui ne soit déjà ; rien ne se transforme soit pour engendrer un autre être en subsistant lui-même, soit pour céder la place à un autre en sortant de l’existence. Il n’y a donc là-bas rien en quoi il y ait un être en puissance, puisque, d’ailleurs, les êtres vrais sont éternels et non soumis au temps. - Mais on pourrait demander à ceux qui admettent de la matière dans les intelligibles, s’il n’y a pas aussi en eux de l’être en puissance, puisqu’il y a de la matière. (Si même, en effet, le mot matière est pris en un autre sens, il n’y en a pas moins en chaque intelligible quelque chose qui est comme sa matière, quelque chose qui est comme sa forme, et le composé des deux.) Que diront-ils donc ? - Ce qu’on appelle là-bas la matière est une forme ; l’âme aussi, qui est une forme, est matière par rapport à un autre objet. - Est-elle donc en puissance par rapport à cet objet ? - Non pas ; car la forme lui appartient et ne survient pas en elle après coup ; elle n’a avec la matière qu’une distinction de raison ; on dit : la forme y occupe une matière et l’on perçoit ainsi par la pensée deux choses qui dans la réalité n’en font qu’une. En ce sens Aristote   nous dit que son « cinquième corps » est sans matière.

  •  Mais que dire de l’âme ? Car elle est bien en puissance ; animal en puissance, lorsqu’elle n’est pas encore unie au corps et qu’elle doit l’être ; musicienne en puissance, et ainsi de toutes les qualités qui lui adviennent et qu’elle n’a pas toujours possédées. Il y a donc bien des choses en puissance dans des êtres intelligibles. - Non, ces choses n’y sont pas en puissance ; mais l’âme est la puissance productrice de ces choses.
  •  En quel sens être en acte se dit-il de l’intelligible ? Est-ce au sens où la statue, comme couple de forme et de matière, est un être en acte ? Est-ce parce que chaque intelligible a reçu une forme ? - Non, c’est que chacun d’eux est une forme et qu’il est parfaitement ce qu’il est. L’intelligence ne passe pas de la puissance à l’acte, d’un état où elle est capable de penser à un état où elle pense effectivement (car il faudrait alors avant elle une autre intelligence qui ne fût pas passée de la puissance à l’acte) ; mais le tout de son être est en elle. L’être en puissance ne consent à passer à l’acte que par l’intervention d’un autre terme, nécessaire à la génération d’un être en acte ; mais l’être qui tire de lui-même et garde éternellement ses manières d’être, est un être en acte. Donc tous les êtres premiers sont des êtres en acte ; car ils possèdent d’eux-mêmes et toujours ce qu’ils doivent posséder. Il en est ainsi également de l’âme qui n’est pas dans la matière mais dans l’intelligible. Quant à l’autre âme, celle qui est dans la matière, comme l’âme végétative, elle est aussi en acte ; elle aussi, elle est ce qu’elle est, parce qu’elle est en acte.
  •  Tout être réel est en acte ; mais est-il aussi un acte, et en quel sens ? - Si l’on a dit avec raison que « cette nature intelligible est sans sommeil », qu’elle est une vie et la meilleure des vies, c’est là-bas qu’on trouve les plus beaux des actes. Tout être est donc en acte, et il est acte ; tout être est une vie ; le lieu intelligible est le lieu de la vie, le principe et la source véritables de l’âme et de l’intelligence.
  • Guthrie

    INTELLIGIBLE MATTER IS NOT POTENTIAL.

    3. The purpose of the preceding considerations was to determine the meaning of the statement that intel-ligibles are actual; to decide whether every intelligible exist only actually, or whether it be only an actuality; and third, how even up there in the intelligible, where all things are actualities, there can also exist something potentially. If, then, in the intelligible world, there be no matter which might be called potential, if no being is to become something which it not yet is, nor transform itself, nor, while remaining what it is, beget something else, nor by altering, cause any substitution, then there could not be anything potential in this World of eternal essence outside of time. Let us now address the following question to those who admit the existence of matter, even in intelligible things: "How can we speak of matter in the intelligible world, if by virute of this matter nothing exists potentially? For even if in the intelligible world matter existed otherwise than it does in the sense-world, still in every being would be the matter, the form and the compound which constitutes it." They would answer that in intelligible things, what plays the part of matter is a form, and that the soul, by herself, is form; but, in relation to something else, is matter. Is the soul then potential in respect of this other thing? Hardly, for the soul possesses the form, and possesses it at present, without regard to the future, and she is divisible in form and matter only for reason; if she contain matter, it is only because thought conceives of her as double (by distinguishing form and matter in her).

    But these two things form a single nature, as Aristotle   also says that his "quintessence" is immaterial.

    THE SOUL IS THE PRODUCING POTENTIALITY; NOT THE POTENTIALITY OF BECOMING.

    What shall we say? Potentially, she is the animal, when it is unborn, though to be born. Potentially she is the music, and all the things that become, because they are transient. Thus in the intelligible world there are things which exist, or do not exist potentially. But the soul is the potentiality of these things.

    IN THE INTELLIGIBLE WORLD EVERYTHING IS ACTUAL.

    How might one apply actual existence to intelligible things? Each of them exists actually because it has received form, as the statue (the compound) exists actually, or rather, because it is a form, and because its essence is a perfect form. The intelligence does not pass from the potentiality of thinking to the actuality of thinking.9 Otherwise, it would imply an anterior intelligence which would not pass from potentiality to actuality, which would possess everything by itself; for what exists potentially implies another principle whose intervention brings it to actuality, so as to be something existing actually. A being is an actuality when it always is what it is, by itself. Therefore, all first principles are actualities; for they possess all they should possess by themselves, eternally. Such is the state of the soul which is not in matter, but in the intelligible world. The soul which is in matter is another actuality; she is, for instance, the vegetative soul; for she is in actuality what she is. We shall, therefore, have to admit that (in the intelligible world) everything exists actually, and that thus everything is actuality, because it has rightly been said that intelligible nature is always awake, that it is a life, an excellent life, and that there on high all actualities are perfect. Therefore, in the intelligible world, everything exists actually, and everything is actuality and life. The place of intelligible things is the place of life, the principle and source of the veritable soul, and of intelligence.

    MacKenna

    3. We come now to the purpose of all this discussion; to make clear in what sense or to what degree Actualization is predicable in the Intellectual Realm and whether all is in Actualization there, each and every member of that realm being an Act, or whether Potentiality also has place there.

    Now: if there is no Matter there to harbour potentiality: if nothing there has any future apart from its actual mode: if nothing there generates, whether by changes or in the permanence of its identity; if nothing goes outside of itself to give being to what is other than itself; then, potentiality has no place there: the Beings there possess actuality as belonging to eternity, not to time.

    Those, however, who assert Matter in the Intellectual Realm will be asked whether the existence of that Matter does not imply the potential there too; for even if Matter there exists in another mode than here, every Being there will have its Matter, its form and the union of the two [and therefore the potential, separable from the actual]. What answer is to be made?

    Simply, that even the Matter there is Idea, just as the Soul, an Idea, is Matter to another [a higher] Being.

    But relatively to that higher, the Soul is a potentiality?

    No: for the Idea [to which it is Matter] is integral to the Soul and does not look to a future; the distinction between the Soul and its Idea is purely mental: the Idea and the Matter it includes are conceived as a conjunction but are essentially one Kind: remember that Aristotle   makes his Fifth Body immaterial.

    But surely Potentiality exists in the Soul? Surely the Soul is potentially the living-being of this world before it has become so? Is it not potentially musical, and everything else that it has not been and becomes? Does not this imply potentiality even in the Intellectual Existences?

    No: the Soul is not potentially these things; it is a Power towards them.

    But after what mode does Actualization exist in the Intellectual Realm?

    Is it the Actualization of a statue, where the combination is realized because the Form-Idea has mastered each separate constituent of the total?

    No: it is that every constituent there is a Form-Idea and, thus, is perfect in its Being.

    There is in the Intellectual Principle no progression from some power capable of intellection to the Actuality of intellection: such a progression would send us in search of a Prior Principle not progressing from Power to Act; there all stands ever realized. Potentiality requires an intervention from outside itself to bring it to the actualization which otherwise cannot be; but what possesses, of itself, identity unchangeable for ever is an actualization: all the Firsts then are actualizations, simply because eternally and of themselves they possess all that is necessary to their completion.

    This applies equally to the Soul, not to that in Matter but to that in the Intellectual Sphere; and even that in Matter, the Soul of Growth, is an actualization in its difference; it possesses actually [and not, like material things, merely in image] the Being that belongs to it.

    Then, everything, in the intellectual is in actualization and so all There is Actuality?

    Why not? If that Nature is rightly said to be "Sleepless," and to be Life and the noblest mode of Life, the noblest Activities must be there; all then is actualization there, everything is an Actuality, for everything is a Life, and all Place there is the Place of Life, in the true sense the ground and spring of Soul and of the Intellectual Principle.