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ENÉADAS

Plotino - Tratado 36,10 (I, 5, 10) — Nona dificuldade

Enéada I, 5, 10

domingo 12 de junho de 2022, por Cardoso de Castro

Capítulo 10: Nona dificuldade (se a felicidade cresce com o tempo)

  • 1-3: Dificuldade: pode-se realizar mais ações virtuosas se o tempo se prolonga
  • 3-23: Resposta: a felicidade reside em uma disposição da alma e não nas ações

Igal

10. —Pero la prolongación del tiempo ocasiona numerosas acciones nobles, en las que no tiene parte el que es feliz por poco tiempo, si hay que llamar feliz en absoluto a quien no lo es gracias a que sus acciones nobles son muchas.

—Pero decir que la felicidad resulta de multitud de tiempos y de acciones, es constituir la felicidad como suma de los componentes ya no existentes, sino pasados, y de uno solo presente [1]. Por eso hicimos depender la felicidad de lo presente y luego nos preguntábamos si es mayor felicidad el haber sido feliz por más tiempo. Esto es, pues, lo que hay que investigar: si la felicidad prolongada por mucho tiempo gana más por el mayor número de acciones. Pues bien, en primer lugar, es posible ser feliz aun sin haberse visto implicado en acciones, y no menos, sino más, que quien ha estado consagrado a la acción. En segundo lugar, las acciones no confieren bondad por sí mismas; son las disposiciones las que hacen buenas aun a las acciones; y el sabio cosecha el bien aun en la acción, no porque obre ni como resultado de lo accesorio, sino como resultado de lo que posee. Pues aun la salvación de la patria podría ser obra incluso de un hombre vulgar, y el sabio disfrutaría por la salvación de la patria aun siendo otro el salvador. No es, por tanto, la acción la causa del placer del hombre feliz; es la disposición la que es causa tanto de la felicidad como del deleite que pueda redundar de ésta. Poner la felicidad en las acciones, es ponerla en lo que es extrínseco a la virtud y al alma. Porque la actividad propia del alma consiste en pensar sabiamente y en actuar en sí misma sabiamente. Y en esto consiste el estado de felicidad.

Bouillet

[10] Mais, dira-t-on, la longueur du temps permet de faire beaucoup de belles actions : or cette faculté n’est pas donnée à celui qui vit peu de temps heureux.

Nous répondrons qu’on ne doit pas appeler un homme heureux parce qu’il a fait beaucoup de belles actions. Composer le bonheur de plusieurs parties du temps et de plusieurs actions, c’est le composer à la fois de choses qui ne sont plus, qui sont passées, et de choses présentes : or c’est dans le présent seul que nous avons placé le bonheur. Ensuite nous nous sommes demandé si la longueur du temps ajoute au bonheur. Il nous reste donc à examiner si un bonheur de longue durée est supérieur parce qu’il permet de faire plus de belles actions. D’abord celui qui n’agit pas peut être heureux autant, plus même que celui qui agit. En outre ce ne sont pas les actions qui par elles-mêmes donnent le bonheur; ce sont les dispositions de l’âme; elles sont même le principe des belles actions. Lors même qu’il agit, ce n’est pas parce qu’il agit que le sage jouit du bien : il ne le tient pas de choses contingentes, mais de ce qu’il possède en lui-même. Il peut en effet arriver à un homme vicieux de sauver sa patrie ou de ressentir du plaisir en la voyant sauvée par un autre. Ce n’est donc pas là ce qui donne les jouissances du bonheur; c’est à la disposition constante de l’âme qu’il faut rapporter la vraie béatitude et les jouissances qu’elle procure. La placer dans les actions, c’est la faire dépendre de choses étrangères à l’âme et à la vertu. L’acte propre de l’âme consiste à être sage, à exercer son activité en elle-même; voilà la vraie béatitude.

Bréhier

10. - Mais le temps met au jour bien de belles actions, qu’ignore celui qui est heureux peu de temps (si l’on doit même appeler tout à fait heureux celui dont le bonheur ne se traduit pas par un grand nombre de belles actions). - Dire que le bonheur résulte de beaucoup d’années et de beaucoup d’actions, c’est le composer d’êtres qui ne sont plus, d’événements passés et de l’instant présent qui est unique. C’est pourquoi nous avions posé ainsi la question ; le bonheur étant dans chaque instant présent, est-ce être plus heureux qu’être heureux plus longtemps ? La question est maintenant de savoir si la plus longue durée du bonheur, en permettant des actions plus nombreuses, ne rend pas aussi le bonheur plus grand. D’abord, on peut être heureux sans agir, et non pas moins heureux mais plus heureux qu’en agissant8. Ensuite, l’action ne produit aucun bien par ellemême ; ce sont nos dispositions intérieures qui rendent nos actions honnêtes ; le sage, quand il agit, recueille le fruit non pas de ses actions elles-mêmes ni des événements, mais de ce qu’il possède en propre. Le salut de la patrie peut venir d’un méchant ; et, si un autre en est l’auteur, le résultat est tout aussi agréable pour qui en profite. Cet événement ne produit donc pas le plaisir particulier à l’homme heureux ; c’est la disposition de l’âme qui crée et le bonheur et le plaisir qui en dérive. Mettre le bonheur dans l’action, c’est le mettre en une chose étrangère à la vertu et à l’âme ; l’acte propre de l’âme consiste à être sage ; c’est un acte intérieur à ellemême, et c’est là le bonheur.

Guthrie

LENGTH OF TIME IS OF NO IMPORTANCE. NOT EVEN AS OPPORTUNITY OF VIRTUE.

10. Another objection is that length of time would give opportunity for doing many beautiful deeds; while this opportunity is denied him who lives happily only a short period. This may be answered by denying happiness to a man on the grounds of having done many beautiful deeds. If several parts of time and several actions are to constitute happiness, then it would be constituted by things that are no more, that are past, and by present things; whereas our definition of happiness limits it exclusively to the present. Then we considered whether length of time add to happiness. There remains only to examine whether happiness of long duration be superior because of yielding opportunities of doing more beautiful deeds. To begin with, the man who is inactive may be just as happy, if not more happy than he who is active. Besides, it is not actions themselves which yield happiness; (the sources of happiness) are states of mind, which are the principles of beautiful actions. The wise man enjoys welfare while active, but not because of this activity; he derives (this welfare) not from contingent things, but from what he possesses in himself. For it might happen even to a vicious man to save his fatherland, or to feel pleasure in seeing it saved by some other. It is not then these activities which are the causes of the enjoyment of happiness. True beatitude and the joys it yields must be derived from the constant disposition of the soul. To predicate it of activity, would be to make it depend on things alien to virtue and the soul. The soul’s actualization consists in being wise, and in exercising her self-activity; this is true happiness.

MacKenna

10. But, it may be said, length of time produces an abundance of good actions missed by the man whose attainment of the happy state is recent- if indeed we can think at all of a state of happiness where good actions have been few.

Now to make multiplicity, whether in time or in action, essential to Happiness is to put it together by combining non-existents, represented by the past, with some one thing that actually is. This consideration it was that led us at the very beginning to place Happiness in the actually existent and on that basis to launch our enquiry as to whether the higher degree was determined by the longer time. It might be thought that the Happiness of longer date must surpass the shorter by virtue of the greater number of acts it included.

But, to begin with, men quite outside of the active life may attain the state of felicity, and not in a less but in a greater degree than men of affairs.

Secondly, the good does not derive from the act itself but from the inner disposition which prompts the noble conduct: the wise and good man in his very action harvests the good not by what he does but by what he is.

A wicked man no less than a Sage may save the country, and the good of the act is for all alike, no matter whose was the saving hand. The contentment of the Sage does not hang upon such actions and events: it is his own inner habit that creates at once his felicity and whatever pleasure may accompany it.

To put Happiness in actions is to put it in things that are outside virtue and outside the Soul; for the Soul’s expression is not in action but in wisdom, in a contemplative operation within itself; and this, this alone, is Happiness.


[1Probablemente el texto de la línea 5 debe de ser enmendado, porque la sintaxis no es del todo correcta.