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ENÉADAS

Plotino - Tratado 46,3 (I, 4, 3) — A felicidade deve ser posta na vida

Enéada I, 4, 3

quinta-feira 9 de junho de 2022, por Cardoso de Castro

Igal

3 Expliquemos nosotros, desde el principio, en qué creemos que consiste la felicidad. Pues bien, si hiciéramos consistir la felicidad en una vida y entendiéramos «vida» unívocamente, con ello admitiríamos que todos los vivientes son susceptibles de felicidad, pero que viven bien en acto aquellos en los que estuviera presente una misma y única condición de la que todos los animales serían susceptibles por naturaleza, y no admitiríamos que el racional sí gozara de esa capacidad, pero no ya el irracional. Porque la vida sería eso común que había de ser susceptible de una misma condición en orden a ser feliz, supuesto que la felicidad consistiera en una cierta vida. Y por eso creo que quienes afirman que la felicidad se halla en la vida racional, no se dan cuenta de que, al no ponerla en la vida en general, presuponen de hecho que la felicidad ni siquiera es vida. Por otra parte, se verían forzados a admitir que la facultad racional es una cualidad, en la cual se originaría la felicidad. Ahora bien, el supuesto del que parten es la vida racional, ya que en el conjunto de ambas cosas es donde, según ellos, se origina la felicidad.

La conclusión es que la felicidad se origina en una especie distinta de vida. Quiero decir no en una especie de vida lógicamente contra-distinta de otra del mismo género, sino como decimos que una cosa es anterior y otra posterior. Por tanto, puesto que la vida se predica en muchos sentidos y se diferencia según que sea de primer grado, o de segundo y así sucesivamente, y puesto que «vida» se predica equívocamente — la de la planta en un sentido y la del irracional en otro, difiriendo en claridad y oscuridad-, es evidente que también «buena» se diferenciará análogamente. Y si una vida es imagen de otra vida, es evidente que una buena vida será a su vez imagen de otra buena vida. Ahora bien, si la buena vida compete a quien está rebosante de vida — esto es, a quien no le falta un punto de vida-, la felicidad competerá sólo a quien esté rebosante de vida. Porque éste es a quien competerá lo más excelente, supuesto que, en los seres, lo más excelente es el vivir realmente, o sea, la vida perfecta. Además, de ese modo, el bien no será un bien postizo, y no será ajeno ni de origen ajeno el fundamento que le consiga a uno situarse en el bien. Porque a la vida perfecta ¿qué puede añadírsele para que sea óptima? Y si alguno responde «la naturaleza del Bien», es verdad que ésta es nuestra propia doctrina; empero no estamos buscando la causa del bien, sino el bien inmanente. Ahora bien, que la vida perfecta, que la vida real y verdadera está en aquella naturaleza intelectiva, y que las demás vidas son imperfectas y apariencias de vida y que no son perfecta y puramente vidas ni son más vidas que no vidas, ya lo hemos dicho muchas veces. Pero ahora añadamos concisamente que, mientras todos los seres vivos provengan de un solo principio pero los demás no vivan en el mismo grado que aquél, aquel principio será forzosamente la vida primera y la más perfecta.

Bouillet

[3] Pour nous, reprenons la question à son principe et disons en quoi le bonheur nous semble consister.

Si nous l’attribuons à un être vivant, nous ne faisons pas pour cela vie synonyme de bonheur: sinon, nous admettrions que tous les êtres vivants peuvent y arriver, et nous regarderions comme en jouissant réellement tous ceux qui auraient cette unité et cette identité que tous les êtres vivants sont naturellement capables de posséder. Enfin, nous ne saurions accorder ce privilège à l’être raisonnable et le refuser à la brute : car l’un et l’autre possèdent également la vie; ils devraient donc être capables d’arriver au bonheur, puisque, dans cette hypothèse, le bonheur ne serait qu’une espèce de vie. Par conséquent les philosophes qui le font consister dans la vie rationnelle, et non dans la vie commune à tous les êtres, ne s’aperçoivent pas qu’ils supposent implicitement que le bonheur est quelque chose de différent de la vie. Ils se voient alors obligés à dire que c’est dans une pure qualité, dans la faculté rationnelle, que réside le bonheur. Mais le sujet [auquel ils devraient rapporter, le bonheur], c’est la vie rationnelle, puisque c’est au tout seulement [à la vie jointe à la raison] que le bonheur peut appartenir. Ils font donc de cette vie une espèce de la vie : non qu’on ait le droit de regarder ces deux sortes de vie [la vie en général et la vie rationnelle] comme étant placées sur le même rang, ainsi que le seraient les deux membres d’une division, mais on peut établir entre elles un autre genre de distinction, comme quand nous disons qu’une chose est antérieure, une autre postérieure. Puisque la vie peut s’entendre en plusieurs sens, qu’elle a des degrés divers, que par homonymie elle s’affirme en un sens du végétal, en un autre de la brute, que ses différences consistent en ce qu’elle est plus ou moins complète; l’analogie exige qu’il en soit de même de bien vivre. Si un être est par sa vie l’image de la vie d’un autre être, il sera aussi par son bonheur l’image du bonheur de cet être. Si le bonheur est le privilège de la vie complète, l’être qui possède une vie complète possédera seul aussi le bonheur: car il possède ce qu’il y a de meilleur, puisque, dans l’ordre des existences, ce qu’il y a de meilleur, c’est de posséder l’essence et la perfection de la vie. Par conséquent, le bien n’est pas une chose adventice ; nul sujet ne peut le devoir à une qualité qui lui viendrait d’ailleurs. Qu’ajouterait-on en effet à la vie complète pour la rendre excellente?

Si quelqu’un demande quelle est la nature du bien, nous répondrons (car nous avons à en déterminer l’essence et non la cause) : la vie parfaite, véritable et réelle consiste dans l’intelligence: Les autres espèces de vie sont imparfaites; elles n’offrent que l’image de la vie; elles ne sont pas la vie dans sa plénitude et dans sa pureté ; elles ne sont pas la vie plutôt que son contraire, comme nous l’avons souvent dit. En un mot, puisque tous les êtres vivants dérivent d’un même principe, et que cependant ils ne possèdent pas un égal degré de vie; ce principe doit nécessairement être la vie première et la perfection (τὴν πρώτην ζώην καὶ τὴν τελειότητα).

Bréhier

3. Pour nous, repartons du début et disons en quoi nous faisons consister le bonheur. C’est dans la vie que nous plaçons le bonheur : si nous faisions du mot vie un terme synonyme, nous accorderions à tous les êtres vivants l’aptitude au bonheur, et nous dirions : sont heureux en acte tous les êtres auxquels appartient ce caractère identique que tous les êtres vivants sont aptes à posséder par nature ; nous n’accorderions pas aux animaux raisonnables l’aptitude au bonheur, pour la refuser aux animaux sans raison ; car la vie désignerait un caractère commun qui donnerait à tous la même aptitude au bonheur, puisque le bonheur ne serait qu’une sorte de vie. Donc, à mon avis, ceux qui mettent le bonheur dans la vie raisonnable et non dans la vie en général ne se sont pas aperçus qu’ils cessaient de supposer que le bonheur est la vie ; car ils sont forcés de dire que le bonheur existe seulement dans la faculté de la raison qui est une qualité. Mais le sujet de cette qualité est, selon eux, la vie ou âme raisonnable ; et c’est en ce tout qu’est l’âme raisonnable que le bonheur existe ; il existe donc bien, malgré qu’ils en aient, dans une des espèces de la vie. (Je parle des espèces de la vie, non au sens où des espèces sont des subdivisions d’un même genre, mais au sens où nous disons qu’un terme est antérieur et l’autre postérieur.)

Mais le mot vie se prend en plusieurs sens : la vie se distingue en vie de premier rang, de second rang, et ainsi de suite ; vie est un terme homonyme, qui a des sens différents, appliqué à la plante ou à l’être sans raison ; la différence est dans sa clarté ou son obscurité. Il y a évidemment les mêmes degrés dans le bonheur. Si une vie est l’image d’une autre, le bonheur correspondant à la première est évidemment l’image du bonheur correspondant à la seconde. Donc si l’on considère l’être vivant à son degré supérieur, l’être dont la vie est sans déficience, c’est à lui seul qu’appartient le bonheur réel ; car il a la perfection, puisque dans les êtres la perfection consiste essentiellement à vivre et qu’elle est la vie achevée ; ainsi le bien n’est pas pour lui adventice ; il n’y a pas à distinguer un sujet et une qualité venue d’ailleurs qui ferait entrer ce sujet dans le bien. Si la vie est complète, que lui ajouterait-on pour la rendre parfaite ? On dira peut-être : la nature du bien ; et c’est bien là aussi ma propre théorie, mais il s’agit maintenant du bien non pas comme cause, mais comme attribut de la vie.

On a souvent dit que la vie parfaite, véritable et réelle existe en cette nature de l’intelligence, que toutes les autres vies sont imparfaites, qu’elles sont des images de la vie parfaite, qu’elles ne sont pas la vie dans sa plénitude et sa pureté, qu’elles sont aussi bien le contraire de la vie ; disons maintenant pour résumer que, puisque tous les êtres vivants dérivent d’un principe unique et puisqu’ils ne possèdent pas la vie à un degré égal, il faut que ce principe soit la vie première et la vie complète.

Guthrie

HAPPINESS DEPENDS EXCLUSIVELY ON INTERIOR CHARACTERISTICS.

3. Dismissing these theories, we return to our own definition of happiness. We do not necessarily make life synonymous with happiness by attributing happiness to a living being. Otherwise, we would be implying that all living beings can achieve it, and we would be admitting to real complete enjoyment thereof all those who possessed that union and identity which all living beings are naturally capable of possessing. Finally, it would be difficult to grant this privilege to the reasonable being, while refusing it to the brute; for both equally possess life. They should, therefore, be capable of achieving happiness—for, on this hypothesis, happiness could be no more than a kind of life. Consequently, the philosophers who make it consist in the rational life, not in the life common to all beings, do not perceive that they implicitly suppose that happiness is something different from life. They are then obliged to say that happiness resides in a pure quality, in the rational faculty. But the subject (to which they should refer happiness) is the rational life, since happiness can belong only to the totality (of life joined to reason). They therefore, really limit the life they speak of to a certain kind of life; not that they have the right to consider these two kinds of life (life in general, and rational life) as being ranked alike, as both members of a single division would be, but another kind of distinction might be established between them, such as when we say that one thing is prior, and the other posterior. Since "life" may be understood in different senses, and as it possesses different degrees, and since by mere verbal similarity life may be equally predicated of plants and of irrational animals, and since its differences consist in being more or less complete, analogy demands a similar treatment of "living well." If, by its life, a being be the irrtage of some other being, by its happiness it will also be the image of the happiness of this other being. If happiness be the privilege of complete life, the being that possesses a complete life will also alone possess happiness; for it possesses what is best since, in the order of these existences, the best is possession of the essence (being) and perfection of life. Consequently, the Good is not anything incidental, for no subject could owe its good to a quality that would be derived from elsewhere. What indeed could be added to complete life, to render it excellent ?

THE GOOD CONSISTS IN INTELLIGENCE.

Our own definition of the Good, interested as we are not in its cause, but in its essence, is that the perfect life, that is genuine and real, consists in intelligence. The other kinds of life are imperfect. They offer no more than the image of life. They are not Life in its fulness and purity. As we have often said they are not life, rather than its contrary. In one word, since all living beings are derived from one and the same Principle, and since they do not possess an equal degree of life, this principle must necessarily be the primary Life, and perfectness.

MacKenna

3. Now if we draw no distinction as to kinds of life, everything that lives will be capable of happiness, and those will be effectively happy who possess that one common gift of which every living thing is by nature receptive. We could not deny it to the irrational whilst allowing it to the rational. If happiness were inherent in the bare being-alive, the common ground in which the cause of happiness could always take root would be simply life.

Those, then, that set happiness not in the mere living but in the reasoning life seem to overlook the fact that they are not really making it depend upon life at all: they admit that this reasoning faculty, round which they centre happiness, is a property [not the subject of a property]: the subject, to them, must be the Reasoning-Life since it is in this double term that they find the basis of the happiness: so that they are making it consist not in life but in a particular kind of life- not, of course, a species formally opposite but, in terminology, standing as an "earlier" to a "later" in the one Kind.

Now in common use this word "Life" embraces many forms which shade down from primal to secondary and so on, all massed under the common term- life of plant and life of animal- each phase brighter or dimmer than its next: and so it evidently must be with the Good-of-Life. And if thing is ever the image of thing, so every Good must always be the image of a higher Good.

If mere Being is insufficient, if happiness demands fulness of life, and exists, therefore, where nothing is lacking of all that belongs to the idea of life, then happiness can exist only in a being that lives fully.

And such a one will possess not merely the good, but the Supreme Good if, that is to say, in the realm of existents the Supreme Good can be no other than the authentically living, no other than Life in its greatest plenitude, life in which the good is present as something essential not as something brought from without, a life needing no foreign substance called in from a foreign realm, to establish it in good.

For what could be added to the fullest life to make it the best life? If anyone should answer, "The nature of Good" [The Good, as a Divine Hypostasis], the reply would certainly be near our thought, but we are not seeking the Cause but the main constituent.

It has been said more than once that the perfect life and the true life, the essential life, is in the Intellectual Nature beyond this sphere, and that all other forms of life are incomplete, are phantoms of life, imperfect, not pure, not more truly life than they are its contrary: here let it be said succinctly that since all living things proceed from the one principle but possess life in different degrees, this principle must be the first life and the most complete.