Página inicial > Filosofia da Ciência e da Técnica > Bachelard (FES) – obra da ciência

La formation de l’esprit scientifique

Bachelard (FES) – obra da ciência

Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective.

quarta-feira 27 de outubro de 2021

BACHELARD  , Gaston. (1934), La formation de l’esprit scientifique. Contribution à une psychanalyse de la connaissance objective. Paris: Librairie philosophique J. Vrin, 5e édition, 1967 (ebook)

excerto traduzido

Só na obra? da ciência é possível amar? o que se destrói, continuar o passado? negando-o, venerar seu mestre? contradizendo-o.

Original

Dès lors une psychanalyse de l’esprit? scientifique prend tout son sens? : le passé intellectuel, comme le passé affectif, doit être connu comme tel, comme un passé. Les lignes d’inférence qui conduisent à des idées scientifiques doivent être dessinées en partant de leur origine? effective ; le dynamisme psychique qui les parcourt doit être surveillé ; toutes les valeurs? sensibles doivent être démonétisées. Enfin, pour donner la conscience? claire de la construction phénoménologique, l’ancien doit être pensé en fonction? du nouveau, condition essentielle pour fonder, comme un rationalisme?, la physique mathématique. Alors, à côté de l’histoire? de ce qui fut, ralentie et hésitante, on doit écrire une histoire de ce qui aurait dû être, rapide et péremptoire. Cette histoire normalisée, elle est à peine inexacte. Elle est fausse socialement, dans la poussée effective de la science? populaire qui réalise, comme nous avons essayé de le montrer au cours de cet ouvrage, toutes les erreurs. Elle est vraie par? la lignée des génies, dans les douces sollicitations de la vérité objective?. C’est cette ligne légère qui dessine le destin véritable de la pensée humaine. Elle surplombe peu à peu la ligne de vie?. En la suivant, on voit que l’intérêt à la vie est supplanté par l’intérêt à l’esprit. Et pour juger? de la valeur, on voit nettement apparaître une utilité à l’esprit, spirituellement toute dynamique, alors que l’utilité à la vie est particulièrement statique. Ce qui sert la vie l’immobilise. Ce qui sert l’esprit le met en mouvement?. La doctrine de l’intérêt est donc essentiellement différente dans le domaine de la biologie et dans le domaine de la psychologie? de la pensée scientifique. Lier les deux intérêts : l’intérêt à la vie et l’intérêt à l’esprit, par un vague pragmatisme, c’est unir arbitrairement deux contraires. Aussi, c’est à distinguer ces deux contraires, à rompre une solidarité de l’esprit avec les intérêts vitaux, que doit s’occuper la psychanalyse de l’esprit scientifique. En particulier, quand l’obstacle animiste, qui réapparaît insidieusement presque à chaque siècle sous des formes? biologiques plus ou moins actualisées, sera réduit, on pourra espérer une pensée scientifique vraiment animatrice. Mais comme le dit? avec une si noble tranquillité M. Édouard Le Roy, pour que ce succès général de la pensée scientifique soit possible, il faut le vouloir?. Il faut une volonté sociale puissante pour éviter ce polygénisme dont M. Le Roy n’écarte pas la possibilité. Il craint en effet une rupture entre les âmes libérées et les âmes obérées 248. Cette volonté d’esprit, si nette chez quelques âmes élevées, n’est de toute évidence pas une valeur sociale. Charles Andler faisait en 1928 cette profonde remarque 249. « Pas mieux que la Grèce, Rome ne sut taire de la science la base? d’une éducation populaire. » Nous devrions faire? notre profit de cette remarque. Si nous allions au delà des programmes scolaires jusqu’aux réalités psychologiques, nous comprendrions que l’enseignement des sciences est entièrement à réformer ; nous nous rendrions compte que les sociétés modernes ne paraissent point? avoir intégré la science dans la culture? générale. On s’en excuse en disant que la science est difficile et que les sciences se spécialisent. Mais plus une œuvre est difficile, plus elle est éducatrice. Plus une science est spéciale, plus elle demande de concentration spirituelle ; plus grand aussi doit être le désintéressement qui l’anime. Le principe? de la culture continuée est d’ailleurs à la base d’une culture scientifique moderne?. C’est au savant? moderne que convient, plus qu’à tout autre, l’austère conseil de Kipling  . « Si tu peux voir? s’écrouler soudain l’ouvrage de ta vie, et te remettre au travail?, si tu peux souffrir?, lutter, mourir sans murmurer, tu seras un homme?, mon fils. » Dans l’œuvre de la science seulement on peut aimer ce qu’on détruit, on peut continuer le passé en le niant, on peut vénérer son maître en le contredisant. Alors oui, l’École continue tout le long d’une vie. Une culture bloquée sur un temps scolaire est la négation même de la culture scientifique. Il n’y a de science que par une École permanente. C’est cette école que la science doit fonder. Alors les intérêts sociaux seront définitivement inversés : la Société sera faite pour l’École et non pas l’École pour la Société.


Ver online : A Formação do Espírito Científico