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La matière, effet de la providence

segunda-feira 18 de outubro de 2021

Cette matière? donc est si considérable et de telle nature? qu’elle peut suffire à tous les corps? du monde?, à qui Dieu? a voulu donner l’existence?, et le créateur? s’en sert pour fabriquer toutes les formes? et espèces qu’il veut, lorsqu’elle reçoit les qualités? qu’il a voulu lui imposer; je ne sais comment tant de grands hommes? ont pensé qu’elle était incréée, c’est-à-dire qu’elle n’a pas été faite par? le Dieu créateur de l’univers?, et comment ils ont estimé que sa nature et son action? étaient le produit du hasard. Je m’étonne que ces gens-là blâment ceux qui nient que Dieu soit le créateur et la providence de cet univers, qu’ils les accusent de pensées? impies, parce qu’ils tiennent que le grand ouvrage du monde dure sans artisan? et sans personne? qui y pourvoie, alors qu’ils encourent eux-mêmes une accusation semblable d’impiété quand ils disent que la matière est incréée et coéternelle au Dieu incréé. Si nous suivons leur raisonnement? et supposons par exemple? que la matière n’a pas existé - comme ils l’affirment en disant que Dieu ne pouvait rien? faire? si rien n’était -, sans aucun doute? Dieu aurait été oisif, n’ayant pas de matière pour pouvoir? travailler?, une matière qu’ils ne pensent pas être l’effet de sa providence, mais le produit du hasard ; et ils croient que ce qui se serait produit par hasard pourrait suffire à l’importance d’un si grand ouvrage et à la force de sa puissance, et que par l’art? de sa sagesse cette matière pourrait être différenciée et ordonnée pour former un monde. Cela me semble tout à fait absurde? et le propre d’hommes qui ignorent tout de la puissance et de l’intelligence? de la nature incréée. Mais pour pouvoir considérer avec plus de soin ce qu’il en est, qu’on nous accorde provisoirement que la matière n’existait pas et que Dieu, alors que rien n’existait, a donné l’existence à ce qu’il a voulu. Que faut-il penser? ? Que cette matière que devait faire Dieu, qu’il amenait à l’existence par sa puissance et sa sagesse, afin que soit ce qui avant n’était pas, ait été meilleure, supérieure, d’un autre genre, que celle que ces gens-là appellent incréée, ou au contraire inférieure et plus mauvaise, ou bien semblable et identique? ? Et je pense que n’importe qui comprendra que ni une matière meilleure ni une matière pire n’aurait pu recevoir les formes et les espèces de ce monde, si elle n’avait pas été pareille à celle qui les a reçues. Ne paraîtra-t-il pas impie de dire incréé ce qui, si on le croit créé par Dieu, sera trouvé sans aucun doute pareil à ce qui est dit? incréé ? Pour appuyer notre foi sur ce point? sur l’autorité des Écritures, voici comment dans les Livres? des Macchabées, quand la mère des sept martyrs exhorte un de ses fils à supporter les supplices, cette doctrine est confirmée : Je te prie, mon fils, regarde vers le ciel?, la terre? et tout ce qu’ils contiennent, et à cette vue? sache que Dieu a fait tout cela alors que cela n’existait pas. Et dans le Livre du Pasteur, au premier? précepte, il est dit : Crois d’abord qu’il y a un seul Dieu qui a tout créé et disposé: à partir du néant il a donné l’existence à l’univers. Cela n’est pas sans rapport avec ce qui est dit dans les Psaumes : Il dit et tout fut fait; il commanda et tout fut créé. Ces paroles : Il dit et tout fut fait, paraissent s’appliquer à la substance? de ce qui est; le reste : Il commanda et tout fut créé, aux qualités qui ont donné sa forme à la substance.


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