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LA MONTÉE DU CARMEL

Jean de la Croix : STROPHES

Édition numérique par Jean-Marie Weber

segunda-feira 18 de outubro de 2021

OÙ L’ÂME CHANTE L’HEUREUX SORT QU’ELLE
A EU DE PASSER PAR LA NUIT OBSCURE
DE LA FOI PURE ET SA PURIFICATION POUR
ARRIVER À L’UNION DE L’AMOUR.

I

Par? une nuit profonde,
Étant? pleine d’angoisse et enflammée d’amour?,
Oh! l’heureux sort!
Je sortis sans être vue?,
Tandis que ma demeure était déjà en paix.

II

J’étais dans les ténèbres et en sûreté
Quand je sortis déguisée par l’escalier secret,
Oh! l’heureux sort!
J’étais dans les ténèbres et en cachette,
Tandis que ma demeure était déjà en paix.

III

Dans cette heureuse nuit,
Je me tenais dans le secret, personne? ne me voyait,
Et je n’apercevais rien?
Pour me guider que la lumière?
Qui brûlait dans mon coeur.

IV

Elle me guidait
Plus sûrement que la lumière du midi
Au but où m’attendait
Celui que j’aimais,
Là où nul autre ne se voyait.

V

O nuit qui m’avez guidée!
O nuit plus aimable que l’aurore!
O nuit qui avez uni
L’aimé avec sa bien-aimée
Qui a été transformée en lui!

VI

Sur mon sein orné de fleurs,
Que je gardais tout entier pour lui seul,
Il resta endormi,
Et moi? je le caressais
Et avec un éventail de cèdre je le rafraîchissais.

VII

Quand le souffle provenant du fort
Soulevait déjà sa chevelure,
De sa douce main
Posée sur mon cou il me blessait,
Et tous mes sens? furent suspendus.

VIII

Je restai là et m’oubliai,
Le visage penché sur le Bien?-Aimé.
Tout cessa pour moi, et je m’abandonnai à lui,
Je lui confiai tous mes soucis
Et m’oubliai au milieu? des lis.


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