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Les œuvres de Ruysbroeck

Ruysbroeck : L’âme est...

Trad. de l’Abbaye de Saint Paul de Wisques.

segunda-feira 18 de outubro de 2021, por Cardoso de Castro

      

LE MIROIR DU SALUT ÉTERNEL.

Toute la substance que le Christ   avait reçue de la Vierge Marie, sa mère, c’est-à-dire sa nature humaine, fut donnée par lui. Et il se livra ainsi tout entier et indivisé de deux manières, son corps sous l’espèce du pain et son sang sous l’espèce du vin, demeurant cependant tout entier et sans partage sous chacune des deux espèces. Car son corps est l’appui de son sang et son sang est l’appui vital de son corps; l’âme   est la vie des deux, et ces trois éléments réunis forment une seule vie indivisée, qui est le Christ, vie qu’il a donnée à ses disciples et qu’il nous a laissée dans le Sacrement. De même, en effet, qu’à la consécration toutes les hosties, aux mains de tous les prêtres, sont toutes, sans division, une seule substance et une même nature de pain, de même, après la consécration, elles sont l’unique substance du corps de Notre-Seigneur. qu’on ne peut diviser. Il faut en dire autant du vin que l’on consacre en son sang. CHAPITRE VII

À cette clarté ne peuvent servir ni raison ni sens, ni considération ni distinction : tout cela doit rester en dessous; car la clarté sans mesure aveugle les yeux de la raison et les oblige à céder à la lumière   incompréhensible. Mais au-dessus de la raison, au plus profond de l’intelligence, l’œil simple est toujours ouvert, il contemple et fixe la lumière d’un regard pur, éclairé de la lumière même, œil contre œil, miroir contre miroir, image contre image. Ce triple procédé nous rend semblables à Dieu   et nous unit à lui; car la vue, pour notre œil simple, est un miroir vivant que Dieu a fait pour son image et où il l’a imprimée. Son image, c’est sa divine clarté dont il a rempli tout le miroir de notre âme, pour que nulle autre clarté ni image n’y pût entrer. Mais la clarté n’est pas intermédiaire entre nous et Dieu; elle est cela même que nous voyons et la lumière qui nous le fait voir, mais non pas notre œil qui voit. Car bien que l’image de Dieu soit sans intermédiaire sur le miroir de notre âme et lui soit unie, cependant l’image n’est pas le miroir et Dieu ne devient pas créature. Mais l’union de l’image au miroir est si grande et si noble que l’âme est appelée l’image de Dieu. CHAPITRE XVII


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