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SCIVIAS

Hildegarde de Bingen : Extraits sur le Christ

Livres I et II

segunda-feira 18 de outubro de 2021, por Cardoso de Castro

SCIVIAS

Car lorsque l’Epouse (l’Eglise) fut unie à mon Fils, Jésus-Christ, sur l’arbre de la croix, elle-même se renferma dans le silence, jusqu’à ce que mon Fils ordonna à ses disciples, d’annoncer la vérité de l’Evangile par le monde entier ; ensuite, elle ressuscita ouvertement (comme le Christ), et annonça manifestement la gloire de son époux, dans la génération de l’Esprit et de l’eau. Que la vierge qui est unie à un époux fasse ainsi, avec une pudeur modeste, pendant le temps, que la censure ecclésiastique lui propose : qu’elle demeure dans la retraite ; et ce temps écoulé, qu’elle sorte de sa solitude et s’adonne à l’affection de son mari.

Mais sur cette enveloppe le ciel est très pur et sans voile ; parce que, sous les embûches de l’antique trompeur, la foi lumineuse resplendit, dans laquelle ne se cache aucune incertitude d’infidélité ; elle ne vient pas d’elle-même, mais elle est fondée sur le Christ. Et dans ce ciel, tu vois un globe de feu brûlant, d’une grande étendue, qui désigne véritablement l’Eglise, unie dans la foi, comme te le démontre cette blancheur d’innocente clarté, qui lui forme une auréole de gloire ; et au-dessus d’elle deux étoiles placées distinctement, et retenant le globe de peur qu’il ne s’écarte de sa course : qui montrent par leur signification, que deux Testaments, celui de l’ancienne et de la nouvelle autorité, édités par la volonté d’en haut, conduisent l’Eglise (à l’accomplissement) des divins préceptes, basés sur les mystères célestes ; et ils la retiennent, de peur qu’elle ne s’avance précipitamment, selon la variété des moeurs ; et parce que l’ancien et le nouveau témoignage, lui montrent la béatitude de l’héritage suprême. C’est pourquoi aussi, dans le même ciel, de nombreuses sphères lumineuses sont posées de tout côté, sur lesquelles le même globe (lumineux) se déversant parfois, envoie sa clarté ; parce que dans la pureté de la foi, de nombreuses et magnifiques oeuvres de piété apparaissent de tout côté, dans lesquelles l’Eglise soutient un peu de temps le mépris, tandis que la splendeur de ses merveilles s’évanouit un peu, et que plongée dans la tristesse, elle admire cependant l’éclat des premières oeuvres dans des hommes parfaits ; et ainsi, recourant au globe de feu, pour y restaurer sa flamme, il la fait rayonner sur les mêmes sphères ; parce qu’elle-même, plongée dans le repentir, et s’avançant sous la protection du Fils de Dieu, reçoit de lui le support de la divine consolation, en manifestant l’amour des choses célestes, par les bonnes oeuvres.

Lorsque la colère veut porter ses efforts vers mon tabernacle, je regarde vers la bonté de Dieu, que la colère n’émeut jamais ; et ainsi, par cet air qui fertilise de sa douce haleine l’aridité de la terre, je deviens plus douce, et je jouis d’une joie toute spirituelle ; lorsque les vertus commencent à montrer en moi leur vigueur. Et c’est ainsi que j’éprouve la bonté de Dieu. Mais lorsque la haine veut tenter de me dénigrer : Je considère la miséricorde et le martyre du Fils de Dieu et ainsi, je réprime ma chair, en respirant dans la fidélité du souvenir, le parfum suave des roses qui naissent du milieu des épines ; et de la sorte, je reconnais mon Rédempteur. Lorsque l’orgueil superbe s’efforce d’élever en moi, sans le fondement de la pierre (angulaire, le Christ), la tour de sa vanité, et d’ériger en moi ce sommet qui prétend que nul ne l’égale en hauteur, mais veut paraître plus élevé que les autres : Oh ! alors, qui voudra me secourir ? parce que l’antique serpent, qui voulant l’emporter sur tout, se précipita dans la mort, s’efforce de me renverser. Alors je dis, dans mon abattement : Où est mon roi et mon Dieu ? Que puis-je faire de bien sans Dieu ? Rien. Et ainsi, je regarde vers Dieu qui m’a donné la vie ; et je cours vers la bienheureuse vierge qui écrasa l’orgueil de l’antique serpent ; et de la sorte, devenue une pierre inébranlable de la maison de Dieu, le loup très rapace, qui a été pris au piège de la divinité, ne pourra plus désormais l’emporter sur moi. Et ainsi je connais le bien le plus doux, c’est-à-dire l’humilité, dans la contemplation de la grandeur de Dieu ; surtout, par le souvenir de l’humilité de la Vierge bienheureuse, toute embaumée de ses parfums suaves ; et, pénétrée de la douceur divine, jouissant de délices infinies, je repousse victorieusement les autres vices.

Ensuite, moi misérable, je vis qu’une autre sphère, brisant ses liens, se retira de sa forme avec des gémissements, et dans les douleurs brisa son siège. Et elle dit : Je sortirai de mon tabernacle ! Mais moi, misérable, pleine de tristesse, où irai-je ? - Par des sentiers terribles et redoutables, vers le tribunal, pour y être jugée. Là, je montrerai les oeuvres que j’ai accomplies dans mon tabernacle ; et je recevrai là ma récompense selon mes mérites. Oh ! quelle crainte ! Oh ! quelle détresse sera la mienne ! Et comme la dissolution s’opérait ainsi : quelques esprits de la lumière et de l’ombre vinrent, qui avaient été ses compagnons et les instigateurs de sa conduite, pendant qu’elle était dans sa demeure (son corps), attendant sa désagrégation afin de l’emmener avec soi, lorsque (la mort) serait venue. Et j’entendis la voix de vie qui disait : qu’elle soit conduite selon ses oeuvres, de tel lieu à tel lieu. Et j’entendis de nouveau une voix qui me disait : La Bienheureuse et ineffable Trinité s’est manifestée au monde, lorsque le Père a envoyé dans le monde son Fils unique, conçu du St-Esprit, et né de la Vierge , afin que les hommes, nés dans beaucoup de conditions différentes, et pris dans les liens du péché, soient conduits par lui (le Christ) dans la voie de la vérité ; de telle sorte que, après avoir brisé leurs fragiles entraves corporelles, apportant avec eux leurs bonnes et saintes oeuvres, ils puissent recueillir les joies du suprême héritage.

Alors aussi, il lui enjoint d’avoir égard à sa santé, en lui disant : Fais en sorte de continuer cette médecine avec soin et persévérance, sans te dégoûter, parce que tes blessures sont graves. - Il y en a beaucoup qui entreprennent, avec difficulté, la pénitence de leurs péchés ; et bien qu’à grand peine, ils l’accomplissent cependant par crainte de la mort. Mais je leur tends la main, et je convertis en douceur cette amertume, de telle sorte que, pour mon amour, ils accomplissent avec calme cette pénitence entreprise avec difficulté. Mais celui qui néglige de faire pénitence de ses péchés, parce qu’il lui est difficile de châtier son corps, est misérable ; car il ne veut pas regarder en soi-même, et chercher un médecin, ni guérir ses blessures ; mais il cache la pire sanie, et déguise, par de faux semblants, la mort, de peur d’être vu. C’est pourquoi il est lâche, pour expérimenter la pénitence, sans considérer l’huile de la miséricorde, ni rechercher les consolations qui découlent de la rédemption ; il s’avance à grands pas vers la mort, parce qu’il l’aime, et ne recherche pas le royaume de Dieu. Courez-donc, ô fidèles, dans la voie des préceptes de Dieu, de peur que la damnation de la mort ne vous saisisse. Imitez le nouvel Adam (le Christ) et renoncez au vieil homme. Car le royaume de Dieu est ouvert à celui qui court , mais il est fermé à celui qui gît sur la terre. Malheureux sont ceux qui ont le culte de Satan et ignorent Dieu! Quels sont-ils ? Ceux qui n’adorent pas Dieu, un dans la Trinité, ni la Trinité dans l’unité, qu’ils ne veulent pas reconnaître. Car, quiconque veut être sauvé ne doit pas douter de la foi catholique. Comment cela ? Celui qui renie le Fils n’adore pas le Père ; il n’aime pas le Fils celui qui ignore le Père ; il n’a pas de Fils celui qui rejette le St-Esprit ; il ne reçoit pas le St-Esprit celui qui ne vénère pas le Père et le Fils. Il faut donc comprendre l’unité dans la Trinité, et la Trinité dans l’unité. O homme, est-ce que tu peux vivre sans le coeur et le sang ? Ainsi, ni le Père sans le Fils et le St-Esprit, ni le Fils sans le Père et le Saint-Esprit, ni le Saint-Esprit sans les mêmes personnes. Mais le Père a envoyé dans le monde son Fils, pour la rédemption de l’homme ; et de nouveau, il l’a rappelé à lui ; comme l’homme manifeste les pensées de son coeur, et de nouveau les recueille en lui-même. C’est pourquoi, sur cette mission salutaire du Fils unique de Dieu, Isaïe en vertu de la volonté de la suprême majesté, parle ainsi : « Le Seigneur   a envoyé le Verbe dans Jacob, et il est venu dans Israël » Ce qui veut dire : Le Verbe par qui tout a été fait, à savoir le Fils de Dieu qui fut toujours dans le coeur du Père, selon la divinité, sans commencement de temps, le Seigneur   l’a envoyé lui-même ; c’est-à-dire que le Père éternel, par la voix des prophètes dans Jacob, annonça fidèlement que ce même Fils de Dieu devait venir dans le monde, pour le salut des hommes ; afin que les hommes avertis et préparés par eux (les prophètes), suplantassent prudemment le démon, en déjouant avec sagesse les ruses de ses déceptions. Et ainsi le même Verbe parut dans Israël, lorsque le Fils unique de Dieu vint dans le sein virginal, où nul homme n’avait mis son empreinte, mais qui garda inviolable sa pureté ; afin que (le fils de Dieu) né d’une vierge, ramenât dans la voie véritable ceux qui ignoraient la lumière, à cause de leur fatal aveuglement, et qu’il leur donnât le salut éternel. C’est pourquoi, quiconque possède la science par le St-Esprit et les ailes de la foi, ne transgresse pas mon avis; mais il le reçoit pour en faire les délices de son âme.

Elle a les pieds tout sanglants, et autour, de ses pieds, brille une nuée resplendissante, parce que, à sa consommation, elle mit à mort le prophète des prophètes (le Christ) ; et elle-même déchue, s’écroula. Mais dans cette consommation, la lumière de la foi resplendissante et pure surgit dans l’esprit des croyants, parce qu’au moment de la chute de la Synagogue, l’Eglise se leva, lorsque la doctrine apostolique, après la mort du Fils de Dieu, se répandit par toute la terre. - Mais cette image est privée d’yeux, et tient ses mains sous ses aisselles ; parce que la Synagogue ne vit pas la vraie lumière, lorsqu’elle méprisa le Fils de Dieu.

L’aurore ne fait-elle pas son apparition avant le soleil ? Mais l’aurore s’évanouit, et la clarté du soleil demeure. Que veulent dire ces paroles ? - L’Ancien Testament n’est plus, et la vérité de l’Evangile demeure ; car ce que les anciens observaient charnellement dans les prescriptions légales, le peuple nouveau, dans le nouveau testament, l’accomplit spirituellement ; ce que ceux-là montrèrent dans la chair, ceux-ci l’accomplissent dans l’esprit. Car la circoncision n’a pas disparu, parce qu’elle est devenue le baptême : ceux-là étaient marqués dans un seul membre, ceux-ci dans tous leurs membres. Ce qui fait que les anciens préceptes n’ont pas péri, puisqu’ils ont été améliorés. Aussi, à la fin des temps, la Synagogue se convertira fidèlement à l’Eglise. Car, ô Synagogue, lorsquet u errais dans la multitude de tes iniquités, de telle sorte que tu te souillais avec Baal et les autres divinités semblables, délaissant les coutumes légales pour des moeurs honteuses, et gisant dénudée au milieu des péchés : j’ai fait ce que dit mon serviteur Ezéchiel : j’ai étendu mon voile sur toi, et j’ai couvert ton ignominie ; et je te l’ai juré, et j’ai signé un pacte avec toi. Ce qui veut dire : Moi, Fils du Très Haut, selon la volonté de mon Père, j’ai étendu sur toi, ô Synagogue, mon incarnation, pour ton salut, afin d’effacer les péchés que tu as commis dans la multitude de tes oublis, et je t’ai assuré le remède de la rédemption en manifestant, pour ton salut, les voies que j’ai suivies dans la conclusion de mon pacte ; lorsque je t’ai découvert la vraie foi, par la doctrine apostolique ; afin que tu observes mes préceptes, comme la femme se soumet à la puissance de son mari. Car j’ai écarté de toi les aspérités de la loi extérieure, et je t’ai donné la suavité de la doctrine spirituelle, et je t’ai expliqué, par moi-même, tous mes mystères, au moyen des doctrines spirituelles ; mais tu m’as abandonné, moi le juste, pour te donner à Satan. Mais toi, ô homme, comprends : De même que la femme de Samson, l’a abandonné, de telle sorte qu’il a été privé de sa lumière ; ainsi la Synagogue a abandonné le Fils de Dieu, lorsque dans son obstination elle l’a méprisé, et qu’elle a délaissé sa doctrine. Mais quand les cheveux (de Samson) eurent repoussé, c’est-à-dire lorsque l’Eglise de Dieu, se fut fortifiée, le Fils de Dieu, par sa vertu, renversa la Synagogue, et déshérita ses fils, quand ils furent écrasés sous la colère de Dieu, par les gentils eux-mêmes qui ignoraient Dieu ; car elle s’était soumise elle-même, à toutes les erreurs de la confusion et du schisme ; et elle s’était souillée dans les prévarications de toutes sortes d’iniquités. Mais de même que David   répudia enfin la femme, qu’il avait épousée en premières noces, et qui avait péché avec un autre homme, de même le Fils de Dieu répudia la Synagogue qui lui fut d’abord unie dans son incarnation, mais qui, abandonnant la grâce du baptême, suivit le démon. Cependant vers la fin des temps il la recevra, dès qu’elle-même, répudiant les erreurs de son infidélité, reviendra à la lumière de la vérité. Car le démon a pris la Synagogue dans son aveuglement, et l’a livrée à toutes les erreurs de l’infidélité ; et il ne cessera de le faire, jusqu’à la venue du fils de perdition, qui tombera dans l’exaltation de son orgueil, comme Saül périt sur le mont Gelboe, après avoir chassé David   de sa terre. - Ainsi le fils de l’iniquité s’efforcera de chasser mon Fils du milieu de ses élus ; et mon Fils ayant repoussé l’Antechrist, ramènera la Synagogue à la véritable foi ; comme David   reprit sa première épouse après la mort de Saül.

Mais ceux qui sont dans la troisième légion apparaissent comme de marbre blanc, et ont une tête humaine d’où partent des rayons ardents ; et, depuis les épaules jusqu’en bas, ils sont environnés comme d’une nuée de fer : Ce sont les Principautés : elles signifient que ceux qui, par la grâce de Dieu, sont les princes des hommes dans le siècle, doivent revêtir l’armure forte de la justice, pour ne pas tomber à cause de leur instabilité ; ils doivent regarder leur chef, qui est le Christ Fils de Dieu, et régler leur domination pour le bien des hommes, selon sa volonté ; attirant sur eux, dans leur amour de la vérité, la grâce du St-Esprit ; de telle sorte que, par la force de l’équité, ils persévèrent fermes et stables jusqu’à leur dernier jour.

Il resplendit très dignement par les vertus d’en haut, suivant que I’œuvre des hommes fidèles prospère, au nom du Christ.

Elle n’a ni jambes ni pieds, parce qu’elle n’est pas parvenue à la force de sa constitution, et à la suprême beauté de sa perfection ; parce qu’environ le temps du fils de perdition (I’Antechrist), qui doit induire le monde en erreur, elle doit souffrir abondamment dans ses membres, les persécutions violentes et sanglantes de sa perversité cruelle; et étant conduite par les calamités de ses blessures sanglantes à l’état parfait, elle courra avec allégresse dans Ia céleste Jérusalem ; et de même qu’elle est devenue la nouvelle épouse bien-aimée du Fils de Dieu, dans l’ effusion de son sang, elle sera introduite avec le même amour dans la plénitude de la vie, au milieu de l’allégresse de ses enfants.

Mais ensuite, tu vois des enfants noirs se trouvant, près de terre dans l’air, comme les poissons dans l’eau, pénétrant dans le ventre de l’image, à travers les mailles (du filet) par lesquelles elle est ouverte à ceux qui veulent rentrer : ce qui signifie la noirceur des hommes insensés, qui ne sont pas encore lavés dans le bain du salut ; mais qui, aimant les choses terrestres et les recherchant en toutes choses, pour faire leur demeure dans leur instabilité, parviennent enfin à la mère de sainteté ; et, considérant la dignité de ses mystères, reçoivent sa bénédiction (bonne parole), par laquelle ils sont enlevés au démon et rendus à Dieu ; se soumettant à la sacrée constitution de l’Église, par laquelle l’homme fidèle doit être béatifié pour le salut, lorsqu’ils disent en eux-mêmes : Je crois en Dieu, et les autres paroles qui concernent la foi bienheureuse. C’est pourquoi elle gémit, attirant plus haut ceux qui sortent de sa bouche, sans que son intégrité soit lésée, car cette mère bienheureuse soupire dans son cœur, lorsqu’elle consacre par le baptême, avec l’onction du saint chrême, dans la sanctification du saint Esprit, afin que l’homme, dans la vraie circoncision de l’esprit et de l’eau, soit innové, en l’élevant de cette manière à la vraie béatitude, qui est le but de toute chose ; et qu’il devienne ainsi membre du Christ, lorsque par l’invocation de la sainte Trinité, comme par la bouche de la bienheureuse Marie, l’homme est régénéré pour le salut. Cette mère ne souffre aucune lésion, parce qu’elle doit rester pour l’éternité dans l’intégrité de sa virginité, ce qui est de foi catholique, car elle est née dans le sang de l’agneau véritable, son époux qui, sans aucune corruption de son intégrité, est né de la Vierge très pure. Ainsi elle-même restera l’épouse immaculée, que nul schisme ne pourra corrompre.

Et, retirant à tous leur peau noire pour les rejeter loin de la voie, elle revêt chacun d’eux de la robe d’innocence, et leur découvre une splendide lumière, en leur disant les paroles de bon conseil ; parce que la divine puissance qui voit les cœurs des hommes, efface miséricordieusement l’infidélité de leurs crimes dans l’eau du baptême, et rejette Ioin de la voie, qui est le Christ, ces péchés ; parce que la mort n’est pas dans le Christ mais la vie, par la confession sincère et par l’ablution des péchés ; puisque par lui, chaque fidèle est revêtu de la robe du salut ; et par lui, la porte rayonnante de clarté du bienheureux héritage duquel le premier homme a été chassé, lui est ouverte ; étant averti, par les paroles de la vérité, de déposer sa vieille habitude de l’iniquité pour accepter, en vue du salut, le nouveau don de la grâce.

Quelques-uns, aux yeux sereins mais aux pieds débiles, vont çà et là dans l’air devant cette image ; parce que, comme les divins préceptes leur sont connus, par le regard de la réflexion, ils sont cependant hésitants lorsqu’il s’agit de les remplir; et, ils se manifestent à l’épouse du Christ, dans le cours de leur propre instabilité, comme cherchant la sagesse dans l’ombre, pensant l’avoir en leur puissance avant qu’elle pénètre dans leur esprit, et ils n’en obtiennent aucune vertu. Mais d’autres, ont des yeux faibles et des pieds fermes, et cependant ils marchent débilement devant la même image ; parcequ’ils n’ont qu’une faible intention ( dans l’accomplissement) des œuvres bonnes, lorsqu’ils devraient avancer courageusement dans les œuvres de justice. Mais ils marchent péniblement dans les devoirs écclésiastiques, parce que leur esprit s’attache davantage aux choses terrestres qu’aux choses célestes ; et c’est pourquoi ils sont insensés aux yeux de Dieu, car ils veulent comprendre, par leur sagesse humaine, ce qu’ils ne peuvent atteindre. Mais, parmi ceux qui considèrent cette lueur trouble et rouge, les uns, ornés. magnifiquement, s’avancent avec courage dans la dite image ; parce que, bien qu’ils possèdent les biens terrestres, cependant, comme ils apportent dans le sein de l’Eglise le trésor de leurs labeurs, ils ne dédaignent. pas de marcher droit dans le chemin de la loi divine ; et, obéissant aux commandements de Dieu, ils recueillent les pèlerins, vêtent ceux qui sont nus, et nourrissent ceux qui ont faim. Oh ! comme ils sont heureux ceux-là ! car, de cette manière, ils reçoivent Dieu ; et lui même habite avec eux. Mais d’autres, se détournant de la dite image, la combattent, et troublent ses institutions ; car, ceux-ci abandonnant le sein maternel et les douceurs de l’Eglise, la fatiguent de multiples erreurs, et déchirent ses lois   établies, par diverses oppressions. Parmi eux, quelques-uns reviennent humblement à elle, par les fruits de pénitences ; car, comme ils sont tombés gravement, ils se punissent sévèrement, pour l’amendement de leur vie par la pénitence ; mais d’autres, par le mépris de l’obstination, demeurent dans l’orgueil de la mort, négligeant la vie dans l’endurcissement de leur cœur ; et pour leur folle impénitence, ils reçoivent le jugement de mort, comme dit Ezéchiel dans une vision mystique : Le roi pleurera, et le prince sera revêtu de tristesse, et les mains du peuple de la terre seront toutes tremblantes. Je les traiterai selon leur voie, et je les jugerai selon leurs jugements, et ils sauront que je suis le Seigneur  .

A l’origine du siècle naissant la sanctification du roi qui devait paraître, resplendit en celui qui menait une vie innocente, ce qui émut la demeure du Dieu tout-puissant, non la terre mais le ciel. Comment? Parce qu’Abel, en son intégrité, offrit à Dieu l’intention de sa volonté et la plénitude de cette même volonté, lorsqu’il pensa, dans son cœur, à lui offrir le premier fruit qu’il recueillit de son propre bien, et qu’il accomplit ce devoir d’une manière parfaite, honorant ainsi dans sa fidélité le père d’en haut, et lui rendant le culte qui lui est dû. Et de même aussi qu’Abel eut la charge de son troupeau et le conduisit dans les. p‚turages, et qu’il offrit à Dieu, avec un cceur simple, ses prémices et les plus beaux de ses fruits : ainsi pareillement, ceux qui sont destinés à guider les fils de l’Eglise, c’est-à-dire à paître les brebis du Christ, doivent les nourrir fidèlement des paroles de la doctrine, suivant les règles ecclésiastiques, les prémunir fortement contre les embûches de l’antique imposteur, et offrir à celui qui voit toutes choses des dons parfaits, avec une attention scrupuleuse. Comment ? Car, s’ils ne peuvent pas faire que tous ces dons soient parfaits en toute chose, qu’ils en offrent à Dieu quelqu’un de tel, sortant de leur troupeau, et tout d’abord l’intention droite de leur bonne volonté, qui est comme le germe des erémices de leur troupeau, et ensuite l’œuvree parfaite dans son accomplissement par leur volonté, qui est comme le fruit suave et choisi parmi les meilleurs. Mais d’ou vint qu’Abel honora Dieu d’une manière si parfaite ? La pureté de son innocence lui inspirait un tel amour.

Et, comme il t’est montré dans le secret de la lumière d’en haut: elle est de la race illustre entre toutes dans la céleste Jérusalem, à savoir, la gloire et l’honneur de ceux qui, par amour de la virginité, versèrent leur sang; et qui, dans la candeur de l’humilité, conservant leur virginité pour le Christ, reposèrent dans la suavité de la paix ; parce qu’elle est l’épouse du Fils de Dieu tout puissant, qui est le roi suprême ; et qu’elle lui enfante une race très noble, c’est-à-dire le cœur très pur des vierges; lorsqu’elle prend des forces en s’avançant dans la paix de l’Eglise.

Mais tu vois, autour de la même vierge, une grande foule d’hommes plus resplendissante que le soleil, et ces hommes sont merveilleusement ornés d’or et de pierres précieuses : C’est quant au principal chœur des vierges, embrassant d’un amour ardent la très noble virginité, et brillant tous devant Dieu, d’une lumière plus éclatante que le soleil sur la terre; parce que se méprisant eux-mêmes, ils vainquirent virilement la mort : ce qui fait qu’ils sont ornés merveilleusement par la suprême sagesse, à cause des œuvres très belles qu’ils ont accomplies humblement, pour le Christ.

Parce que se méprisant eux-mêmes et soumettant leurs corps au service du Christ, dans l’accomplissement des vertus, ils appaisent leurs mouvements impétueux, dans l’austérité de leurs mœurs, et resplendissent merveilleusement par leurs bons exemples sur les autres hommes. Car, ils imitent même fidèlement le cœur des anges. Comment ? Dans le mépris qu’ils font des biens du siècle, parce que, comme les anges ne recherchent nullement ni ne désirent les choses de la terre, ainsi ceux-là les imitent, en ce qu’ils méprisent tout ce qui est périssable.

Ainsi agissent ceux qui, dans leur orgueil, se confiant en eux-mêmes, veulent paraître plus prudents que leurs anciens pères, et ne pas marcher selon leur règle, mais établissent pour eux-mèmes, dans leur grande instabilité, des lois   selon leur volonté ; et c’est pourquoi ils sont fréquemment agités de tentations diaboliques, et tombent dans le péché ; car, ils s’appuient, non sur le Christ, mais sur l’instabilité de leurs mœurs.


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