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Textes Ascétiques des Pères de l’Église

Ambroise : De la virginité, 378.

Saint Ambroise

segunda-feira 18 de outubro de 2021, por Cardoso de Castro

Rouët de Journel, Textes Ascétiques des Pères de l’Église. Herder  , 1947

447 : Promouvoir la virginité est le devoir des prêtres. - C. 5, n. 26. Celles qui ont le droit de choisir un époux n’auraient pas le droit de préférer Dieu ? Alors pour moi tout est bien changé, si l’on me fait un sujet de honte de ce qui a toujours été lié à la grâce du sacerdoce, à savoir de jeter les semences de la chasteté et d; provoquer le goût de la virginité.

448 : Réfutation des objections contre la virginité. - 6, 27. Je demande si l’on condamne la virginité comme quelque chose de mauvais, ou de nouveau, ou d’inutile. Si elle est chose mauvaise, alors mauvais sont tous ies objets de vœux, mauvaise est la vie des anges qu’imite le bienfait de la résurrection ; car ceux qui ne se marient pas, ceux qui ne prennent pas femme seront comme les anges du ciel [cf. Mt 22, 30]. Ainsi celui qui blâme la virginité condamne les désirs de résurrection. On ne saurait évidemment trouver mauvais ce qui est destiné aux hommes comme récompense ; et l’on ne peut estimer déplaisante l’image d’une chose dont la réalité est une jouissance et un objet de désir. 28. Mais admettons que ce ne soit pas chose mauvaise ; n’est-ce pas nouveau ? Nous condamnons en effet à bon droit toutes les nouveautés que le Christ n’a pas enseignées, parce que pour les fidèles le Christ est la voie. Si donc le Christ n’a pas enseigné ce que nous enseignons, nous devons juger ceci détestable. Examinons alors si le Christ a enseigné la virginité, ou s’il a pensé qu’elle devait être rejetée. « Il y a, dit-il, des eunuques qui se sont faits eux-mêmes tels à cause du royaume des cieux» [Mt 19, 12]. Il y a donc une noble milice qui lutte pour le royaume des cieux. C’est pourquoi le Seigneur   a enseigné qu’il doit exister un pur amour de la chasteté... 30. Après cette parole on lui présenta, pour qu’il les bénît, des enfants qui ne connaissaient pas le mal et conservaient la grâce de la pureté propre à leur âge sans tache. Le royaume des cieux appartient en effet à ceux-là qui, retrouvant en quelque sorte la nature des enfants par l’ignorance du mal, sont revenus à l’enfantine pureté. Ainsi la voix du ciel a approuvé la virginité, et le Seigneur   a commandé de la désirer. 31. Suivons donc ici l’enseignement de la voix divine. Ayant rappelé précédemment que le mariage ne doit pas être rompu, sauf dans le cas de fornication, il a ensuite parlé de la grâce et du don de la virginité et enseigné que le mariage ne doit pas être condamné, mais approuvé, et que cependant l’amour de la virginité doit lui être préféré. Qui donc tourne le dos à la vérité au point de condamner le mariage? Mais aussi qui tourne le dos à la raison au point de ne pas voir les charges du mariage ? En effet « la femme non mariée et la vierge ont souci des choses du Seigneur, afin d’être saintes de corps et d’esprit ; mais celle qui est mariée a souci des choses du monde, elle cherche à plaire à son mari» [1 Cor 7, 34]. 32. Outre ces peines, et bien qu’en se mariant elle ne pèche pas, elle aura encore les épreuves provenant du corps ; elle connaîtra les dures souffrances de l’enfantement, la dure peine de mettre au monde et d’élever des enfants... 33. Donc les liens du mariage sont bons, mais ce sont des liens ; l’union conjugale est bonne, mais elle rappelle le joug, et le joug du monde, qui fait que l’on désire plaire à son mari plus qu’à Dieu... 34. En définitive que personne ayant choisi le mariage ne blâme la virginité, et que personne ayant embrassé la virginité ne condamne le mariage. Car depuis longtemps l’Eglise a condamné ceux qui soutiennent le contraire de cette doctrine, c’est-à-dire. ceux qui osent détruire le lien conjugal... Un champ produit bien des choses, mais le meilleur est celui qui donne en abondance et des fruits et des fleurs. L’Eglise est aussi un champ fertile en richesses. Ici vous voyez les germes de la virginité dans leur floraison printanière, là comme en un terrain forestier la gravité du veuvage, ailleurs la moisson de l’Eglise remplissant les greniers du monde des fruits abondants du mariage, et les pressoirs du Seigneur Jésus regorgeant de la récolte de la vigne des époux, et débordant des produits de la fidélité conjugale.

7,35. Donc le désir de la virginité n’est ni mauvais, ni nouveau. Gardons-nous de le juger inutile ; car j’ai appris que certains ont dit : « C’est la fin du monde, la perte du genre humain, la destruction du mariage. » Je demande à mon tour : «Qui a jamais cherché une femme sans la trouver? Quand a-t-on fait la guer,re à propos d’une vierge? Qui a jamais perdu la vie pour l’amour d’une vierge?» C’est bien plutôt à propos du mariage qu’il est arrivé que soit tué l’amant adultère d’une femme,.que l’on porte les armes contre un ravisseur. Pareils crimes ont toujours été funestes aux états. Pour une vierge consacrée personne n’a souffert condamnation, parce que ce n’est pas le châtiment qui maintient la chasteté, c’est la religion qui l’augmente et la foi qui la conserve. 36. Si donc quelqu’un estime que la consécration des vierges soit une perte pour le genre humain, qu’il considère que là où il y a peu de vierges, la population est moindre ; et là où il y a plus d’ardeur pour la virginité, le nombre des humains est plus grand.

449 : S’éloigner de la foule. - 8, 46. Le Christ ne se trouve pas dans les carrefours ou sur les places publiques. . Ne le cherchons donc jamais là où nous ne pouvons le trouver. Le Christ ne court pas le monde. Car le Christ est la paix, et dans le monde il y a discorde ; le Christ est la justice, et dans le monde iniquité ; le Christ est laborieux, et dans le monde vaine oisiveté ; le Christ est charité, et dans le monde il y a détraction ; le Christ est fidélité, et dans le monde il y a fraude et perfidie ; le Christ est dans l’Eglise, et dans le monde règnent les idoles.

450: Aimer le silence. - 13,80. Notre porte, c’est notre bouche : elle ne doit presque être ouverte que pour le Christ seul... Qu’avez-vous à faire avec les autres? Parlez au Christ seul, conversez avec le Christ seul. Car s’il est écrit que les femmes aient à se taire dans l’église [cf. 1 Cor 14, 34], combien plus encore convient-il que la vierge n’ouvre pas sa porte, que la veuve n’ouvre pas son logis ! Bien vite l’ennemi de la pureté s’y glisserait traîtreusement, bien vite un mot échapperait, que vous voudriez rattraper. 81. Si Ève avait fermé sa porte, ni Adam n’eût été trompé, m elle-même n’eût répondu à la question du serpent. La mort est entrée par la fenêtre [cf. Jer 9, 21J, c’est-à-dire par la porte d’Ève. La mort entre par votre porte, si vous mentez, si vous parlez de manière indécente, effrontée, ou enfin comme on ne doit pas parler. Que les portes de vos lèvres soient donc fermées, que le vestibule de votre voix reste clos ; alors peut-être l’ouvrirez-vous quand vous entendrez la voix de Dieu, quand vous entendrez la parole de Dieu... 83. Mais celle qui cherche le Christ ne doit pas être dans la foule, elle ne doit pas être aux carrefours, sur les places publiques, avoir la voix criarde, la démarche lascive, l’oreille trop facile, l’aspect vulgaire.

451 : Le Christ guérit tout mal. - 16, 99. Nous avons donc tout dans le Christ. Que toute âme vienne à lui, soit qu’elle souffre des maux du corps, soit qu’elle se trouve retenue par les cupidités mondaines comme par des clous, soit que, par une méditation encore imparfaite, mais cependant attentive, elle progresse, soit que déjà elle possède parfaitement bien des vertus : nous sommes tous en la possession de Dieu, et le Christ est tout pour nous. Si vous voulez guérir vos blessures, il est le médecin ; si vous brûlez de fièvre, il est la source rafraîchissante ; si vous êtes accablé par l’iniquité, il est la justice ; si vous avez besoin de secours, il est la force ; si vous craignez la mort, il est la vie ; si vous désirez le ciel, il est la voie ; si vous fuyez les ténèbres, il est la lumière; si vous cherchez la nourriture, il est votre aliment. « Goûtez donc et voyez combien le Seigneur   est doux ; bienheureux l’homme qui espère en lui» [Ps 33,9]. 100. Elle a espéré en lui, celle qui souffrait d’un flot de sang, et elle a été aussitôt guérie, mais parce qu’elle est venue avec la foi [cf. Le 8,43 ss]. Vous aussi, ma fille, touchez avec foi la frange de son vêtement. Le flot des voluptés du monde, débordant comme un torrent, sera desséché par la chaleur du Verbe sauveur, si toutefois vous approchez avec foi, si avec une égale dévotion vous saisissez au moins l’extrémité des franges de la divine parole, si vous vous jetez en tremblant aux pieds du Seigneur. Où sont les pieds du Christ, sinon là où se trouve le corps du Christ ? O foi plus précieuse que tous les trésors ! O foi plus forte que toutes les forces du corps, plus salutaire que tous les médecins ! Dès que la femme s’est approchée, elle a senti une vertu, elle a obtenu le remède ; de même que si vous approchez votre oeil de la lumière, il est éclairé avant même que vous le sentiez, et l’action de la lumière précède tous les préparatifs. Le mal invétéré, le mal incurable, qui avait triomphé de toutes les inventions de l’art et de toutes les dépenses d’argent, est guéri par le seul attouchement de cette frange. Vous devez, ô vierge, garder en vous approchant la réserve de cette femme et imiter dans votre confiance son attachement.

452 : Nous devons au rédempteur le prix de la rédemption. - 19, 126. Le bon serviteur cherche à rendre au Seigneur le prix qui a été payé pour lui. Ne cherchez pas, ma fille, à donner de l’or ni de l’argent. Ce n’est pas avec ces richesses-là que le Christ vous a rachetée. Ayez le prix tout prêt. Il ne vous sera pas toujours demandé, mais vous le devez toujours. Il a donné son sang, vous lui devez votre sang. Il l’a payé pour vous, tendez-le pour vous. Nous étions par le péché engagés envers un perfide créancier ; nous avions contracté une obligation pour notre faute, nous devions la peine du sang; le Seigneur   Jésus est venu, il a offert le sien pour nous ; mais vous ne pouvez pas rendre votre sang. 127. Le bon serviteur doit rendre à son Seigneur le prix qu’il lui a coûté ; s’il ne peut pas rendre ce prix, qu’il fasse du moins en sorte de ne pas paraître indigne de ce prix. Vous donc rendez-vous digne d’un tel prix, afin que le Christ qui vous a purifiée, qui vous a rachetée, ne puisse vous dire, s’il vous trouvait encore adonnée au péché : « De quelle utilité a été mon sang?» [Ps 29, 10].


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