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De la patience

Tertullien: Le Christ modèle de patience.

Textes ascétiques des Péres de l’Église

segunda-feira 18 de outubro de 2021

C. 3. Dieu? accepte d’être caché dans le sein d’une mère et d’y attendre de naître. Né, il accepte de grandir, et devenu grand, il ne cherche point? à se faire? connaître ; mais il accepte de se faire tort à lui-même en le laissant baptiser par? son serviteur et en ne repoussant les attaques du tentateur que par de seules paroles. Lorsque ce Dieu se fait notre maître pour nous apprendre à échapper à la mort? et à faire notre salut, accoutumé lui-même à pardonner nos offenses, il ne se plaint pas, ne proteste pas, et personne? n’entend sa voix dans les places? publiques ; il ne brise pas le roseau froissé ni n’éteint la mèche qui fume encore. Car le prophète ne s’était pas trompé, et Dieu même l’avait attesté, lui qui avait mis dans le Fils son Esprit? avec l’universelle patience. Il ne rejette aucun de ceux qui veulent se joindre à lui ; il ne méprise la table ou la maison? de personne ; lui-même apporte l’eau? pour laver les pieds de ses disciples. Il ne rebute ni les pécheurs ni les publicains. Il ne se fâche même pas contre la ville qui a refusé de le recevoir, alors que ses disciples voulaient faire tomber le feu? du ciel? sur cette ville insolente. Il guérit les ingrats, il pardonne à ceux qui lui tendent des embûches. Ce n’est pas tout : il souffre près de lui celui qui doit le trahir, sans le désigner aux autres Lorsqu’il est livré à ses ennemis et conduit comme une victime à la boucherie - car il n’ouvre pas plus la bouche qu’un agneau sous la main de celui qui le tond -, alors celui qui d’un seul mot? pouvait appeler du ciel, s’il l’avait voulu, des légions d’anges? n’admet pas même qu’un de ses disciples tire l’épée pour le venger. La patience du Seigneur est comme blessée par la blessure de Malchus. C’est pourquoi il maudit dans l’avenir ceux qui frapperont par le glaive, et en guérissant celui à qui’ il n’a fait aucun tort, il satisfait par la patience, qui est la mère de la miséricorde. Je ne dis rien? de sa crucifixion : c’est pour cela qu’il était venu sur terre?. Cependant était-il besoin de tant d’outrages accompagnant cette mort? C’est qu’il voulait, en quittant cette terre, se rassasier du bonheur? de la patience. Il est couvert de crachats, fouetté, bafoué, revêtu d’une robe honteuse, couronné plus honteusement encore. Admirable égalité d’âme fidèle à elle-même ! Celui qui avait voulu se cacher sous la forme? humaine n’imite rien de l’impatience humaine Pharisiens, à cette seule marque vous deviez reconnaître le Seigneur   : jamais homme? ne pouvait pratiquer une telle patience. De tels et si nombreux exemples?, dont la grandeur? est pour les nations prétexte à infidélité, sont pour nous la raison? et le fondement de notre foi : à ceux à qui il est donné de croire, ils montrent clairement que dans le Seigneur   dictant ses préceptes et endurant ses souffrances la patience divine? était une qualité naturelle?, l’effet transcendant d’une propriété innée.


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