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Doctrines.

Deux genres d’orgueil et d’humilité.

segunda-feira 18 de outubro de 2021, por Cardoso de Castro

      

2, 4. Il y a deux genres d’humilité, comme il y a deux genres d’orgueil. Le premier genre d’orgueil consiste en ce qu’on méprise son frère, qu’on le regarde comme s’il n’était rien et qu’on s’estime supérieur à lui. Si l’on n’y veille pas tout de suite et si l’on n’y prend pas garde, on en vient peu à peu au second genre d’orgueil, c’est-à-dire qu’on traite avec mépris Dieu   lui-même : on s’attribue à soi-même ses bonnes actions, et non pas à Dieu. En fait, mes frères, j’ai vu un jour quelqu’un tomber dans ce lamentable état. Au début, si l’un des frères lui disait quelque chose, il le conspuait en disant : « Quel est celui-là ? Il n’y a personne qui vaille, sinon Zozimas et ceux qui lui ressemblent». Ensuite il se mit à mépriser aussi ces derniers et à dire « Personne ne compte, à part Macaire». Et un peu plus tard il se prit à dire: «Qu’est-ce que Macaire? Personne n’existe, hormis Basile et Grégoire». Encore un peu après, il commença à déprécier ceux-ci, disant: «Qu’est-ce que Basile, et qu’est-ce que Grégoire? Aucun ne vaut, sinon Paul et Pierre». Je lui dis: « Sûrement, mon frère, vous allez tenir pour rien ceux-là aussi». Croyez-moi: peu de temps après il se mit à dire: «Qu’est-ce que Pierre, et qu’est-ce que Paul? Personne ne compte: il n’y a que la sainte Trinité». Ainsi dans la suite il méprisa Dieu lui-même, et il en était hors de lui. Donc, mes frères, nous devons lutter contre le premier genre d’orgueil pour ne pas tomber peu à peu dans l’orgueil complet...

6. Le premier genre d’humilité consiste à regarder ton frère comme étant plus intelligent que toi, et comme te dépassant en tout, ou simplement, comme disait ce saint, à être au-dessous de tous. Le second genre d’humilité consiste à attribuer à Dieu tout le bien que l’on fait. Telle est la parfaite humilité des saints : c’est celle qui se produit naturellement dans l’âme par suite de l’observation des commandements. En effet, lorsque les arbres sont chargés de fruits, ces fruits mêmes font fléchir les branches au point de les briser, mais la branche qui ne done pas de fruits s’élève et monte droit ; et il y a des arbres qui portent d’autant moins de fruits que leurs branches montent davantage ; mais si l’on prend une pierre et qu’on la suspend à la branche pour la faire pencher en bas, alors la branche porte du fruit : il en va de même pour l’âme : quand elle s’abaisse, elle porte du fruit, et d’autant plus qu’elle en porte, d’autant plus elle s’abaisse. Dans la mesure où les saints s’approchent de Dieu, ils se reconnaissent pécheurs. Je me rappelle que nous parlions un jour de l’humilité, et l’un des notables de Gaza, qui nous entendait dire que plus on s’approche de Dieu, plus on se reconnaît pécheur, s’étonna et dit : « Comment est-ce possible ? » Il ne savait pas et voulait en apprendre la raison. Je lui dis : « Illustre Seigneur, dites-moi, comment vous considérez-vous vous-même dans votre ville ? » Il répondit : « Je me considère comme le premier et le plus important de la ville». Je lui demandai : « Et si vous alliez à Césarée, comment vous y considéreriez-vous ? » Il répondit : « Je me considérerais comme inférieur aux grands de là-bas ». Je repris : « Et si vous alliez à Antioche, que diriez-vous de vous-même ? » Il me répondit : « Là je me trouverais un villageois ». Je dis : « Et si vous alliez à Constantinople, près du basileus  , comment vous trouveriez-vous ? » Il répondit : « Je me trouverais comme un mendiant ». Alors je lui dis : «Voyez : il en est ainsi des saints : plus ils s’approchent de Dieu, plus ils se regardent pécheurs».


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