Página inicial > Antiguidade > Judaico-Cristandade > Le déguisement de la profession chrétienne.

Du nom et de la profession de chrétien

Le déguisement de la profession chrétienne.

segunda-feira 18 de outubro de 2021, por Cardoso de Castro

On raconte que dans la ville d’Alexandrie un bateleur avait exercé un singe à exécuter avec agilité des figures de danse, qu’il l’avait affublé d’un masque de danseur et d’un vêtement approprié à la fonction ; l’ayant alors entouré d’un chœur, il obtint un grand succès avec le singe qui évoluait selon le rythme de la mélodie et qui, en tout ce qu’il faisait et manifestait, dissimulait sa vraie nature. Les spectateurs ayant été captivés par la nouveauté du spectacle, l’un d’eux, plus rusé, se présenta et par un bon tour montra aux assistants bouche bée que le singe était un singe. Quand tous acclamaient et applaudissaient les virevoltes du singe, qui se mouvait avec grâce d’après le chant et la mesure, il jeta, dit-on, dans l’orchestre certaines friandises qui provoquent la gourmandise de ces bêtes. Le singe, sans attendre un instant, dès qu’il vit les amandes répandues devant le chœur, oublia la danse, les applaudissements et les parures de ses vêtements, sauta dessus et prit tout ce qu’il trouva dans le creux de ses mains ; et pour n’être pas embarrassé par son masque sur la bouche, il arracha en hâte avec ses griffes en les déchirant ses atours trompeurs, en sorte qu’à la place des louanges et de l’admiration il excita le rire général des spectateurs, se montrant à la fois hideux et risible avec les restes de son masque. De même donc qu’il ne lui suffit pas d’avoir une apparence trompeuse pour se faire passer pour un homme, sa vraie nature s’étant trahie par sa gourmandise pour les amandes, de même ceux qui n’auront pas vraiment conformé leur nature à la foi seront facilement convaincus par les friandises du démon d’être autre chose que ce qu’ils déclarent. Au lieu de figues, d’amandes ou d’autres choses semblables, l’affreux marché diabolique proposant aux hommes gourmands, en fait de friandises, la vaine gloire, l’ambition, l’amour du lucre ou du plaisir, et bien d’autres choses analogues, les amène facilement à trahir leurs âmes de singes, eux qui par une imitation feinte contrefont le christianisme et jettent loin d’eux au temps de la tentation le masque de la tempérance, de la douceur ou de quelque autre vertu.


Ver online : Les Voies