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CONFÉRENCES DE CASSIEN

Cassien: Le mal

segunda-feira 18 de outubro de 2021

Il y a trois choses?, dit? alors le bienheureux Cheremon, qui retiennent l’homme? de s’abandonner au vice : la crainte de l’enfer ou des lois? terrestres?, l’espérance et le désir du royaume des cieux?, l’affection? du bien pour lui-même et l’amour? des vertus. Nous lisons, en effet, que la crainte exècre la souillure du mal? : «La crainte du Seigneur hait le mal.» (Pro 8,13). L’espérance aussi ferme l’entrée du coeur au vice, quel qu’il soit : «Ceux qui espèrent en Lui ne pécheront point?.» (Ps 33,23). L’amour enfin n’a pas à redouter la ruine du péché, parce que «la charité ne passe point», (1 Cor 13,8) «elle couvre la multitude des péchés». (1 Pi 4,8). Les Conférences: PREMIÈRE CONFÉRENCE DE L’ABBA CHEREMON

C’est aussi bien la marque évidente d’une âme non purifiée encore de la lie des vices, que les fautes? du prochain ne trouvent chez elle, au lieu? de la miséricorde et de la compassion, que l’appréciation rigide d’un juge?. Comment atteindre à la perfection? du coeur, si l’on n’a ce qui consomme, au dire de l’Apôtre, la plénitude de la loi : «Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez la loi du Christ  ,» (Gal 6,2) si l’on ne possède cette vertu de charité qui «ne s’irrite, ni ne s’enfle, ni ne pense le mal, qui souffre tout, supporte tout» ? (1 Cor 13,4-7). Car «le juste? a pitié des bêtes qui sont à lui, mais les entrailles des impies sont sans miséricorde.» (Pro 12,10). Les Conférences: PREMIÈRE CONFÉRENCE DE L’ABBA CHEREMON

Mais, lorsque le Seigneur  , imposant silence? aux guerres, l’aura? délivré de tous les emportements de la chair, il parviendra à un merveilleux état de pureté. La confusion s’évanouira, qui lui donnait de l’horreur? pour lui-même, je veux dire pour sa chair, durant qu’il en était combattu; et il commencera d’y prendre ses délices comme dans une demeure très pure?. «Le mal ne viendra pas jusqu’à lui; nul fléau n’approchera de sa tente.» (Ps 90,10). Par? la vertu de patience se trouvera rempli l’oracle prophétique : le mérite? de sa mansuétude lui aura donné la terre en héritage, et plus encore, «il goûtera les délices d’une paix débordante.» (Ps 36,11). Tandis qu’il n’y a point de paix débordante pour l’âme où survit l’inquiétude du combat. Car remarquez qu’il n’est pas dit : Ils goûteront les délices de la paix; mais «d’une paix débordante». Les Conférences: DEUXIÈME CONFÉRENCE DE L’ABBÉ CHEREMON

Mais voici où l’humaine raison? s’embarrasse. Le Seigneur   donne à qui demande; celui qui le cherche, le trouve; il ouvre à celui qui frappe. (Mt 7,7) D’autre part, il est trouvé par des âmes qui ne le cherchent pas; il apparaît visiblement au milieu? de gens qui ne le demandaient pas; tout le jour, il tend les mains vers un peuple incrédule et rebelle. (Rm 10,20-21) Il appelle certaines âmes qui lui résistent et se tiennent loin de lui; il en attire d’autres au salut contre leur gré. Il en est qui veulent pécher, et il leur soustrait les moyens d’accomplir leur désir; qui se hâtent vers le mal, et il se met en travers de leur chemin?. (Is 65,1-2) Les Conférences: TROISIÈME CONFÉRENCE DE L’ABBÉ CHEREMON

Il ne faut pas croire que Dieu? ait fait l’homme tel qu’il ne veuille ni ne puisse jamais faire? le bien?. Ou l’on ne pourra plus dire qu’il lui ait accordé le libre arbitre, s’il lui a seulement donné de vouloir? et de pouvoir le mal, non de vouloir ni de pouvoir par lui-même le bien. Puis, comment cette parole du Seigneur après la chute? du premier? homme demeurera-t-elle vraie : «Voici qu’Adam   est devenu comme l’un d’entre nous, sachant le bien et le mal» (Gn 3,22) ? Que signifie-t-elle, en effet ? D’abord, ne pensez pas que l’homme, dans l’état qui précéda la chute, ait ignoré totalement le bien. Autrement, il faudrait avouer qu’il à été créé comme un animal? privé de sens? et de raison, ce qui est passablement absurde? et tout à fait incompatible avec la foi catholique. Que dis-je ? Selon la parole du sage? Salomon,, «Dieu a créé l’homme droit» (Eccl 7,29), c’est-à-dire pour jouir uniquement et sans cesse de la science? du bien; mais «les hommes eux-mêmes se sont embarrassés dans une multitude de pensées,» ils sont devenus, comme il a été dit, sachant le bien et le mal. Adam   obtint donc, après sa prévarication, la science du mal, qu’il n’avait pas; mais il n’a pas perdu la science du bien qu’il avait reçue. Les Conférences: TROISIÈME CONFÉRENCE DE L’ABBÉ CHEREMON

Dieu prévient la volonté de l’homme : «La miséricorde de mon Dieu, est-il dit, me préviendra» (ps 58). Puis, il tarde, il s’arrête en quelque sorte? pour notre bien, afin d’éprouver notre libre arbitre; et c’est notre volonté, alors, qui le prévient : «Au matin, ma prière vous préviendra» (ps 87,14), «J’ai devancé le matin et j’ai crié vers vous» (ps 118,147), «Mes yeux? ont devancé le point du jour :» (Ibid. 148). - Il nous appelle et nous invite, lorsqu’il dit : «Tout le jour, j’ai tendu les mains vers un peuple incrédule et rebelle» (Rm 10,21); et nous l’invitons à notre tour, quand nous lui disons : «Tout le jour, j’ai tendu les mains vers vous» (ps 87,10). - Il nous attend : «Le Seigneur   attend, dit le prophète, pour avoir pitié de vous.» (Is 30,18) Et nous l’attendons : «Je ne me suis point lassé d’attendre le Seigneur  , et il m’a regardé» (ps 39,2); «J’ai attendu ton salut, Seigneur» (ps 118,166). - Il nous fortifie : «Je les ai instruits, et j’ai fortifié leurs bras, et ils ont médité le mal contre moi?» (Os 7,15) et il nous exhorte à nous fortifier nous-mêmes : «Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui chancellent» (Is 35,3). - Jésus crie : «Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive !» (Jn 7,37). Et le prophète crie vers lui : «Je me suis épuisé à crier, ma gorge s’est enrouée; mes yeux se sont consumés, tandis que j’espère en mon Dieu.» (ps 58,4) - Le Seigneur   nous cherche : «J’ai cherché, et il n’y avait point d’homme; j’ai appelé, et personne? n’était là pour me répondre» (Cant 5,6). Et l’épouse le cherche lui-même avec ces plaintes pleines de larmes : «Sur ma couche, pendant la nuit, j’ai cherché celui que mon âme chérit; je l’ai cherché, et je ne l’ai pas trouvé; je l’ai appelé, et il ne m’a pas répondu» (Ibid. 3,1). Les Conférences: TROISIÈME CONFÉRENCE DE L’ABBÉ CHEREMON

Nous lisons qu’il épancha sa grâce avec la même surabondance lors de la guérison du paralytique. Celui-ci ne demandait que d’être délivré de la langueur qui avait énervé tous les ressorts de son pauvre corps?; le Seigneur   commence par lui donner la santé de l’âme : «Aie confiance, mon fils, tes péchés te sont remis» (Mt 9,2). Là-dessus, comme les Scribes ne voulaient pas croire qu’il pût remettre les péchés des hommes, pour confondre leur incrédulité, il rend encore, par la parole de sa puissance, la santé à ses membres paralysés : «Pourquoi pensez-vous le mal dans vos coeurs ? Lequel est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de remettre les péchés: Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et retourne à ta maison?» (Ibid. 4-6). Les Conférences: TROISIÈME CONFÉRENCE DE L’ABBÉ CHEREMON

Le même abbé s’en allait à certain bourg, lorsqu’il fut entouré par une troupe de gens qui s’amusaient de lui. Par dérision, ils lui montraient un homme à qui son genou tout contracté rendait depuis longues années la marche impossible, et réduit à ramper par un mal désormais invétéré. «Abbé Abraham, disaient-ils pour le tenter, montre si tu es le serviteur de Dieu, et rends à cet homme sa santé d’autrefois, afin que nous croyions que le nom du Christ   que tu adores, n’est pas un nom qui soit vain.» Sur-le-champ?, il invoque le nom du Christ  , se penche et, prenant le pied desséché, le tire. Au contact de sa main, le genou desséché et courbé se redresse soudain; le malade recouvre l’usage de ses jambes, qu’il avait depuis longtemps oubli?é, et s’en va tout comblé de joie?. Les Conférences: SECONDE CONFÉRENCE DE L’ABBÉ NESTEROS

GERMAIN. - Comment trouvez-vous blâmable celui qui satisfait au précepte évangélique, et non seulement ne rend point le mal pour le mal, mais se montre prêt à souffrir? une seconde offense ? Les Conférences: PREMIÈRE CONFÉRENCE DE L’ABBÉ JOSEPH

Ainsi remplirons-nous le conseil de l’Apôtre : «Ne vous laissez pas vaincre par le mal, mais triomphez du mal par le bien.» (Rom 12,21). Mais c’est de quoi demeurent bien incapables, ceux qui profèrent des paroles de douceur et d’humilité dans un esprit? d’orgueil; et, loin de songer? à éteindre chez soi l’incendie de la colère, ne se proposent, au contraire, que d’en aviver les flammes, et dans leur propre coeur, et dans le coeur de leur frère. Lors même qu’ils réussiraient, pour leur part, à conserver quelque façon de douceur et de paix, ils ne cueilleraient pas encore de cette manière le fruit de la justice, parce qu’ils cherchent à obtenir la gloire de la patience au détriment du prochain. Ne se rendent-ils point, par ce fait, absolument étrangers à l’amour recommandée par l’Apôtre ? Celle-ci «ne cherche pas son intérêt propre,» (1 Cor 13,5) mais celui des autres. Le désir de s’enrichir ne lui fait point poursuivre son profit aux dépens du prochain. Elle ne souhaite pas de rien? acquérir, en dépouillant autrui. Les Conférences: PREMIÈRE CONFÉRENCE DE L’ABBÉ JOSEPH

Les suites heureuses des méchantes actions? ne profitent pas à leurs auteurs, et à ceux qui sont bons, le mal qu’ils font ne nuit pas. Les Conférences: SECONDE CONFÉRENCE DE L’ABBA JOSEPH

Ainsi donc, n’arrêtons pas notre pensée sur la ruine du solitaire qui tomba, dans ce désert fameux, d’une si lugubre chute, ni sur une infamie que du reste il sut remarquablement effacer par la suite dans les larmes de la pénitence. Mais aimons à considérer plutôt l’exemple? du bienheureux Paphnuce. Au lieu de trouver un sujet? de scandale dans le péché du premier, chez qui un zèle mal tourné pour la religion? vint ajouter au vice antique de la jalousie, imitons de toutes nos forces l’humilité du second. Celle-ci ne fut pas un fruit spontané du désert; mais, acquise parmi la société des hommes, elle se développa et parvint à son achèvement dans la solitude?. Les Conférences: CONFÉRENCE DE L’ABBA PIAMUN

L’aveu qu’on fait de ses crimes a pareillement le don de les effacer : «J’ai dit : Je déclarerai contre moi mon injustice au Seigneur; et vous avez pardonné l’impiété de mon coeur»; (Ps 31,5). «Raconte tes iniquités, afin que tu sois justifié.» (Is 43,26). On obtient encore la rémission du mal que l’on a commis, par l’affliction du coeur et du corps : «Voyez mon affliction et ma peine, et pardonnez-moi tous mes péchés.» Surtout par l’amendement de la vie? : «Ôtez de devant mes yeux la malice de vos pensées. Cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien. Cherchez la justice, secourez l’opprimé, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. Et après cela, venez et discutez contre moi, dit le Seigneur  . Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige; quand ils seraient rouges comme la pourpre, ils deviendront blancs comme la neige la plus blanche.» (Is 1,16-18). Les Conférences: CONFÉRENCE DE L’ABBA PINUFE

C’est pour des fautes de cette nature? que David   implore d’être purifié, et pardonné, lorsqu’il prie le Seigneur   en ces termes : «Qui connaît ses manquements ? De ceux que j’ignore, purifiez-moi; faites grâce à votre serviteur de ceux que je ne connais pas.» (Ps 18,13-14). Et l’Apôtre à son tour : «Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas.» (Rom 7,19). Toujours pour le même sujet, il s’écrie avec un sanglot : «Malheureux homme que je suis?, qui me délivrera de ce corps de mort? ?» (Ibid. 24). Les Conférences: CONFÉRENCE DE L’ABBA PINUFE

Mais, pour celles qui se tournent également en un sens ou en l’autre, et rencontrent, soit le bien, soit le mal, suivant les dispositions? de celui qui agit, on ne les dit pas utiles ou nuisibles absolument et par essence?, mais d’après l’intention? de leurs auteurs et l’opportunité. Les Conférences: PREMIÈRE CONFÉRENCE DE L’ABBA THÉONAS

Il se distingue des autres biens? que nous avons nommés jusqu’ici choses indifférentes, par les moyens que voici : le bien essentiel est bon par lui-même, non à raison d’autre chose?; il est nécessaire pour lui-même, et non pour une fin différente; il est toujours et immuablement bon, restant perpétuellement ce qu’il est, sans pouvoir revêtir la qualité contraire; s’il subit une éclipse, si on le néglige, une ruine immense en est la suite; son contraire est aussi le mal essentiel, et ne peut, non plus que lui, changer de nature. Les Conférences: PREMIÈRE CONFÉRENCE DE L’ABBA THÉONAS

Le seul fait qu’on lui ait déterminé des temps spéciaux, et qu’on en ait encore réglé la qualité et la mesure, prouve assez clairement qu’il n’est pas bon par essence, mais tient le milieu entre le bien et le mal. Ce que l’autorité d’un précepte ordonne. comme bon ou interdit comme mauvais?, n’est point soumis de la sorte à des exceptions de temps, si bien que l’on doive, de temps en temps, faire ce qui est défendu, omettre ce qui est prescrit. La justice, la patience, la sobriété, la pureté, la charité n’ont point de mesure déterminée; et d’autre part, l’injusti


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