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Origène

Traité des principes - extraits sur le principe

Le principe

segunda-feira 18 de outubro de 2021, por Cardoso de Castro

      

L’âme   naît-elle par l’intermédiaire de la semence, de sorte que son principe ou sa substance serait contenu dans les semences corporelles elles-mêmes, ou a-t-elle une autre origine ? Dans ce cas est-elle engendrée ou non, est-elle mise de l’extérieur dans le corps ou non ? Gela n’est pas suffisamment précisé par la prédication ecclésiastique. 20 Préface d’Origène  

Il ne faut pas se représenter Dieu   comme s’il était un corps ou comme s’il était dans un corps, mais comme une nature intellectuelle simple, qui ne souffre absolument aucun ajout : ne croyons pas qu’il y ait en lui du plus ou du moins, car il est entièrement une monade, et, pour ainsi parler, une hénade, une intelligence qui est la source d’où procède toute nature intellectuelle ou toute intelligence. Pour se mouvoir et pour agir, l’intelligence n’a pas besoin de lieu corporel, ni de grandeur sensible  , ni de figure corporelle, ni de couleur  , ni absolument de rien qui soit propre au corps et à la mati  ère. C’est pourquoi cette nature simple, tout entière intelligence, pour se mouvoir et agir, ne peut rien avoir qui la retarde ou la fasse hésiter. S’il en était autrement, ce qui lui serait ajouté limiterait et inhiberait en quelque façon la simplicité de la nature divine : ce qui est le principe de toutes choses serait composé et divers, multiple et non un; il importe en effet qu’il soit étranger à toute adjonction corporelle pour être constitué seulement par ce que je pourrais appeler l’espèce unique de la divinité. 40 I, 1-4

Que l’intelligence n’ait pas besoin d’un lieu pour se mouvoir selon sa nature, l’examen de notre intelligence elle-même nous en donne la certitude. En effet, si elle reste dans ses capacités, si elle n’est pas émoussée par quelque cause que ce soit, elle ne sera jamais empêchée d’agir de son mouvement propre par la diversité des lieux : de même la qualité des lieux ne lui donnera pas une augmentation ou un surplus de mobilité. Si quelqu’un objecte, par exemple, que les navigateurs, ballottés par les flots de la mer, ont une intelligence un peu moins vigoureuse que sur la terre ferme, cela ne vient pas de la diversité des lieux, mais des commotions et des troubles que subit le corps auquel l’intelligence est jointe et dans lequel elle est insérée. Il semble, en effet, en quelque sorte contre nature pour un corps humain de vivre dans la mer et pour cela, à cause de cette anomalie, il reçoit les mouvements de l’intelligence de façon déréglée et désordonnée et il gouverne ses impulsions pénétrantes d’une manière affaiblie. C’est aussi le cas de ceux qui, se trouvant sur la terre ferme, sont oppressés par les fièvres : il est certain en effet que si, sous l’action de la fièvre, l’intelligence accomplit un peu moins normalement son office, ce n’est pas la faute du lieu, mais c’est la maladie qui en est cause, car alors le corps troublé et bouleversé ne rend plus à l’intelligence les services accoutumés selon les règles connues et naturelles, puisque nous, les hommes, nous sommes des êtres vivants composés d’un assemblage de corps et d’âme; et c’est ainsi qu’il nous a été possible d’habiter sur la terre. Mais Dieu étant principe de tout, il ne faut pas penser qu’il soit composé : autrement, les éléments dont est composé tout ce qui est appelé un composé seraient antérieurs à lui, le principe. 41 I, 1-4

Il faut d’abord savoir qu’autre est dans le Christ   la nature divine, le Fils   unique du Père, et autre la nature humaine qu’il a assumée dans les derniers temps pour l’économie (de la rédemption). C’est pourquoi il faut voir d’abord ce qu’est le Fils unique de Dieu, qui reçoit des noms multiples et divers selon les réalités ou les opinions de ceux qui l’appellent. Il est nommé Sagesse, comme Salomon   le dit, faisant parler le personnage de la Sagesse : Le Seigneur m’a créée comme principe de ses voies dans son œuvre : avant de faire quoi que ce soit, avant les siècles, il m’a établie. Au début, avant de faire la terre, avant que coulent les sources d’eaux, avant que soient raffermies les montagnes, avant toutes les collines, il m’engendre. Il est aussi nommé le Premier-Né, d’après l’apôtre Paul : Il est le premier-né de toute créature. Il n’est pas un autre premier-né par nature que la Sagesse, aussi il est un avec elle et le même qu’elle. En effet l’apôtre Paul dit encore : Le Christ, Puissance de Dieu et Sagesse de Dieu. 50 I, 1-4

Ne pensons pas cependant qu’en appelant le Christ Sagesse de Dieu nous le traitons comme un être sans substance : comme si, pour prendre un exemple, nous n’en faisions pas un être animé sage, mais une sorte de chose qui rendrait sage, en se présentant et en pénétrant dans les intelligences de ceux qui sont devenus capables de recevoir les facultés et la compréhension qu’elle donne. S’il est admis une fois pour toutes que le Fils unique de Dieu est sa Sagesse subsistant de manière substantielle, je ne crois pas que notre pensée pourra désormais s’égarer à soupçonner que son hypostase, c’est-à-dire sa substance, ait quelque chose de corporel, puisque tout ce qui est corporel est déterminé par sa forme, sa couleur et sa grandeur. Qui rechercherait dans la Sagesse, à moins d’être fou, par le fait même qu’elle est sagesse, forme, couleur ou dimensions mesurables ? Comment peut-on penser et croire, si on veut savoir et penser pieusement de Dieu, que Dieu le Père ait jamais été, même un petit moment, sans engendrer cette Sagesse ? Ou l’on dira que Dieu n’a pas pu engendrer cette Sagesse avant qu’il l’ait engendrée, de sorte qu’il a mis au monde ensuite ce qui n’existait pas auparavant, ou bien qu’il pouvait, certes, l’engendrer, mais, supposition qu’on ne doit pas faire, qu’il ne le voulait pas. Car l’une et l’autre hypothèses sont absurdes et impies, cela est clair, qu’on imagine qu’il ait progressé de l’impuissance à la puissance, ou que, pouvant le faire, il ait négligé et différé d’engendrer la Sagesse. C’est pourquoi nous savons que Dieu est toujours le Père de son Fils unique, né de lui, tenant de lui ce qu’il est, sans aucun commencement cependant, qu’il s’agisse d’un commencement temporel, et même d’un commencement de raison, que l’intelligence seule peut considérer en elle-même et examiner dans sa compréhension nue, pour ainsi dire, et dans sa pensée. Il faut donc croire que la Sagesse a été engendrée sans aucun commencement qu’on puisse affirmer ou penser. Dans cet être subsistant de la Sagesse était virtuellement présente et formée toute la création future, que ce soit les êtres qui existent en premier lieu, que ce soit les réalités accidentelles et accessoires, tout cela préformé et disposé en vertu de la prescience. A cause de ces créatures qui étaient en elle comme dessinées et préfigurées, la Sagesse dit par la bouche de Salomon qu’elle a été créée comme principe de ses voies, car elle contient en elle-même les principes, les raisons et les espèces de toute la création. 51 I, 1-4

Nous avons donc compris comment la Sagesse est le principe des voies de Dieu et comment elle est dite créée, en tant qu’elle préforme et contient en elle les espèces et les raisons de toute la création. Il faut comprendre de même qu’elle est la Parole de Dieu par le fait qu’elle ouvre à tous les autres êtres, c’est-à-dire à toute la création, la raison des mystères et des secrets, tous contenus sans exception dans la Sagesse de Dieu : et par là elle est appelée Parole, car elle est comme l’interprète des secrets de l’intelligence. C’est ainsi que me paraît juste ce mot que l’on trouve dans les Actes de Paul : Il est la Parole, un être animé et vivant. Mais Jean, d’une manière supérieure et bien plus belle, proclame au début de son évangile, en définissant à proprement parler que la Parole est Dieu : Et la Parole était Dieu et elle était au début auprès de Dieu. Celui qui attribue un commencement à la Parole de Dieu et à la Sagesse de Dieu, ne bafoue-t-il pas davantage encore de façon impie le Père inengendré, en lui refusant d’avoir toujours été père, d’avoir engendré une Parole et eu une Sagesse dans tous les temps et siècles antérieurs, de quelque façon qu’on puisse les nommer ? Ce Fils est aussi de tous les êtres la Vérité   et la Vie : à juste titre. Car comment vivraient ceux qui ont été faits, sinon par le moyen de la Vie ? Comment seraient-ils fondés dans la vérité ceux qui sont, s’ils ne dérivaient pas de la Vérité ? Comment pourrait-il y avoir des êtres raisonnables si la Parole-Raison ne les précédait pas ? Comment pourrait-il y avoir des sages sans la Sagesse ? Mais puisqu’il devait arriver que quelques-uns s’écartent de la Vie et se donnent à eux-mêmes la mort par le fait même de s’écarter de la Vie - car mourir n’est pas autre chose que s’éloigner de la vie - et comme il n’était pas du tout normal que ce qui avait été une fois créé par Dieu pour vivre soit totalement perdu, il a fallu qu’existé, avant la mort, une puissance capable de détruire la mort à venir et d’être la Résurrection, qui s’est formée dans notre Seigneur et Sauveur : cette Résurrection existe dans la Sagesse de Dieu elle-même, sa Parole et sa Vie. Et ensuite, puisqu’il devait se faire que quelques-uns des êtres créés, possédant le bien non par nature, c’est-à-dire par substance, mais par accident, et n’ayant pas la force de rester inconvertibles et immuables et de persévérer toujours dans les mêmes biens avec équilibre et mesure, changent de condition et s’écartent de leur état, la Parole et Sagesse de Dieu s’est faite Voie : elle est appelée Voie parce qu’elle conduit au Père ceux qui la suivent. 52 I, 1-4

Voyons cependant comment nous pouvons appuyer ce que nous venons de dire sur l’autorité de la divine Écriture. L’apôtre Paul dit que le Fils unique est l’Image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature; écrivant aux Hébreux, il l’appelle le rayonnement de sa gloire et la figure et expression de sa substance. Nous trouvons cependant même dans la Sagesse attribuée à Salomon une description de la Sagesse de Dieu en ces termes : Elle est un souffle de la puissance de Dieu et une émanation très pure de la gloire du Tout-Puissant. C’est pourquoi rien de souillé ne peut pénétrer en elle. Car elle est le rayonnement de la lumière   éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu et l’image de sa bonté. Nous parlons, comme nous l’avons dit plus haut, de la Sagesse de Dieu, qui a reçu son être substantiel en celui-là seul qui est le principe de tout et dont elle est née. Et cette Sagesse, puisqu’elle est identique à celui qui seul est fils par nature, est appelée Fils unique. 54 I, 1-4

Il reste à chercher ce qu’est l’image de sa bonté : il convient de lui donner, à mon avis, le même sens que nous avons exprimé plus haut à propos de l’image qui se forme dans le miroir. Le Père est sans aucun doute la bonté dans son principe : d’elle est né le Fils qui est en toutes choses l’image du Père ; il convient donc certainement de l’appeler l’image de sa bonté. Il n’y a pas en effet dans le Fils une autre bonté que celle qui est dans le Père. C’est pourquoi le Sauveur dit avec raison dans l’Évangile : Personne n’est bon si ce n’est un seul, Dieu le Père. Il faut comprendre par là que le Fils n’a pas une autre bonté, mais celle-là seule qui est dans le Père. Et il est appelé à bon droit son image, parce qu’il ne vient pas d’ailleurs que de cette bonté qui est le principe, pour qu’on ne voie pas dans le Fils une autre bonté que celle qui est dans le Père, ni une bonté dissemblable ou différente. C’est pourquoi il ne faut pas prendre comme une sorte de blasphème la phrase : Personne n’est bon si ce n’est un seul, Dieu le Père, comme si on y voyait une négation de la bonté du Christ ou de l’Esprit Saint   : mais, comme on l’a dit plus haut, il faut placer dans le Père la bonté dans son principe ; le Fils qui en naît ou l’Esprit Saint qui en procède reproduisent en eux, sans aucun doute, la nature de cette bonté qui est dans la source d’où le Fils est né et d’où l’Esprit Saint procède. 69 I, 1-4

De là certains soutiennent que les globes de la lune  , du soleil ou des autres astres appelés planètes sont chacun nommés un monde ; mais ils veulent néanmoins appeler un monde au sens propre le globe qui les dépasse, celui des étoiles fixes. Ils invoquent, comme témoignage de cette assertion, le livre du prophète Baruch qui indique plus clairement les sept mondes ou cieux. Ils veulent que, au-dessus de cette sphère qu’ils appellent la sphère des étoiles fixes, il y en ait une autre qui, de même que chez nous le ciel contient tout ce qui est au-dessous de lui, renfermerait, selon leur opinion, dans sa grandeur sans mesure et son étreinte ineffable, les espaces de toutes les autres sphères, les entourant magnifiquement. Ainsi toutes choses seraient à l’intérieur de cette sphère de la même manière que notre terre est au-dessus du ciel. Ce que les Écritures saintes nomment, nous le croyons, bonne terre et terre des vivants, a pour ciel ce dont nous avons parlé plus haut, le ciel où, selon la parole du Sauveur, sont écrits ou ont été écrits les noms des saints, et ce ciel renferme et embrasse cette terre que le Sauveur dans l’Évangile a promis aux paisibles et aux doux. Les mêmes veulent que notre terre, dont l’appellation première était l’aride, ait tiré son nom de cette terre-là, de même que le firmament, notre ciel, a été désigné du même terme que ce ciel-là. Mais nous avons traité plus complètement de cela lorsque nous avons recherché le sens de la phrase : Dans le principe Dieu a fait le ciel et la ferre. Par là sont désignés un autre ciel et une autre terre que le firmament qui a été fait, selon l’Écriture, deux jours après et que l’aride qui a été ensuite nommée terre. 171 II, 1-3

Mais après toutes ces merveilles et magnificences, la capacité d’étonnement de l’intelligence humaine est complètement dépassée et la fragilité d’un entendement mortel ne voit pas comment elle pourrait penser et comprendre que cette Puissance si grande de la majesté divine, cette Parole du Père lui-même, cette Sagesse de Dieu dans laquelle ont été créés tout le visible et tout l’invisible, ait pu, comme il faut le croire, exister dans les étroites limites d’un homme qui s’est montré en Judée, et bien mieux que la Sagesse de Dieu ait pénétré dans la matrice d’une femme, soit née comme un petit enfant, ait émis des vagissements à la manière des nourrissons qui pleurent; et ensuite qu’elle ait été troublée par sa mort, comme on le rapporte et comme Jésus le reconnaît lui-même : Mon âme est triste jusqu’à la mort; et enfin qu’elle ait été conduite à la mort que les hommes jugent la plus indigne, bien qu’elle soit ressuscitée le troisième jour après. Tantôt nous voyons en lui certains traits humains qui paraissent ne différer en rien de la fragilité commune des mortels, tantôt des traits si divins qu’ils ne conviennent à personne d’autre qu’à la nature première et ineffable de la divinité : aussi l’entendement humain reste immobile par suite de son étroitesse10 et frappé d’une telle stupéfaction qu’il ignore où aller, que tenir, vers où se tourner. Pense-t-il le Dieu, il voit le mortel. Pense-t-il l’homme, il l’aperçoit, ayant vaincu le règne de la mort, revenir des morts avec ses dépouilles. C’est pourquoi ce mystère doit être contemplé en toute crainte et révérence pour montrer en un seul et même être la vérité de chaque nature, afin de ne rien penser d’indigne et d’indécent sur cet être substantiel divin et ineffable, ni juger au contraire que ce qu’il a fait soit l’illusion d’une imagination fausse. Exposer cela à des oreilles humaines et l’expliquer par des paroles excède de beaucoup les possibilités de notre mérite, de notre talent et de notre discours. Je juge que cela dépasse même la mesure des saints apôtres : bien mieux l’explication de ce mystère est peut-être au-dessus des puissances célestes   de toute la création. Ce n’est pas cependant par témérité, mais parce que la suite du développement le demande, que nous exposerons en peu de mots, plutôt ce que notre foi contient que ce que les assertions de la raison humaine pourraient revendiquer, en présentant davantage ce que nous supposons que des affirmations manifestes. Donc le Fils unique de Dieu, par qui tout a été fait, le visible et l’invisible, comme nous l’a appris plus haut cette discussion, a fait toute chose, selon l’attestation de l’Écriture, et aime tout ce qu’il a fait. Car, alors que du Dieu invisible il est lui-même l’image invisible, il a donné à toutes les créatures raisonnables de participer à lui de telle sorte que chaque créature adhère à lui par le sentiment de l’amour dans la mesure où elle participe davantage à lui. Mais puisque la faculté du libre arbitre a mis une variété et une diversité parmi les intelligences, les unes ayant un amour plus ardent envers leur créateur, les autres un amour plus faible et plus chétif, cette âme, dont Jésus dit : Personne ne m’ôte mon âme, adhérant à lui depuis sa création et dans la suite d’une manière inséparable et indissociable, comme à la Sagesse et à la Parole de Dieu, à la Vérité et à la Vraie Lumière, le recevant tout entier en elle tout entière et se changeant en sa lumière et en sa splendeur, est devenue avec lui dans son principe un seul esprit, de même que l’apôtre a promis à ceux qui devaient imiter cette âme que : Celui qui se joint au Seigneur est un seul esprit avec lui. De cette substance de l’âme servant d’intermédiaire entre un Dieu et la chair - car il n’était pas possible que la nature d’un Dieu se mêlât à la cha


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