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Jean Climaque

L’Échelle sainte - extraits sur les tentations

Les tentations

segunda-feira 18 de outubro de 2021

9. J’appelle "homme? chaste" celui qui, au milieu? des tentations, des pièges? et des agitations, prend de si sages? précautions, qu’il retrace dans sa conduite les moeurs de ceux qui sont hors de tout danger. 13 L’Échelle Sainte: PREMIER? DEGRÉ

33. Ce courageux Abbacyre vécut encore deux ans, pendant mon séjour dans cette communauté; et comme il était sur le point? de partir de ce monde?, il dit? aux frères qui entouraient son lit de mort? : "Je vous remercie, mes frères, et je rends grâce à Dieu?, de m’avoir traité comme vous avez fait; car voilà dix-sept ans que vous m’avez mis par? là à l’abri des épreuves et des tentations des démons." Ces paroles firent une si vive impression? sur l’esprit? de l’abbé, ce juste appréciateur des vertus de ses frères, qu’il mit Abbacyre au nombre des confesseurs, et fit placer son corps? auprès de ceux des saints pères qui reposent dans l’intérieur du monastère. 198 L’Échelle Sainte: QUATRIÈME DEGRÉ

40. Or parmi ces hommes d’une éternelle mémoire, il y en avait un qui m’aimait beaucoup en Dieu, et qui me parlait avec une grande liberté. Il me dit donc un jour, avec une affection? toute particulière : "Si vous, mon père, qui êtes si sage, éprouvez la force de celui qui, dans le ravissement de son coeur, s’écriait : Je peux tout en celui qui me fortifie (Phil 4.13); si l’Esprit saint est descendu en vous comme une rosée de grâces et de pureté, ainsi qu’il descendit autrefois dans la très sainte Vierge, et si la force du Très-Haut vous environne par la patience, ceignez vos reins, à l’exemple? de l’Homme-Dieu, d’un linge blanc, qui est l’obéissance, et comme Lui, levez-vous de table, c’est-à-dire sortez de la solitude?; afin de laver les pieds de vos frères dans l’eau? pure? de la componction et de la pénitence, ou plutôt jetez-vous à leurs pieds dans les sentiments? de l’humilité la plus profonde; mettez à la porte? de votre coeur des gardes qui ne s’endorment jamais, et qui ne soient jamais de connivence avec vos ennemis; arrêtez l’instabilité et la légèreté de votre esprit, en le fixant invariablement, malgré les distractions et la dissipation que lui causent sans cesse et l’agitation des affaires et les importunités des sens?; conservez un repos parfait au milieu des mouvements et des soins dont la vie? est continuellement agitée. Ici-bas; et, ce qui est encore plus rare, plus difficile et plus admirable, demeurez ferme et immobile? dans le sein des troubles et des tempêtes qui se succèdent sans cesse. Liez votre langue? par les chaînes d’un silence? parfait, et empêchez-la de tomber dans des disputes hardies et dans des contradictions audacieuses; combattez soixante et dix sept fois le jour contre cette souveraine impérieuse et tyrannique; portez la croix de Jésus Christ   dans votre coeur, et comme on enchâsse une enclume dans du bois, enchâssez de même votre esprit dans elle, de sorte? qu’il soit capable de résister à tous les coups, à toutes les tentations, à tous les affronts, à toutes les calomnies, à toutes les railleries et à toutes les injustices qui pourront vous arriver, de manière à n’en être jamais ni blessé, ni offensé, ni agité, ni affligé, ni découragé, ni abattu, mais à persévérer immuablement dans la paix et dans le calme?. Dépouillez-vous de votre volonté, comme d’un vêtement d’ignominie, et entrez ainsi tout nu? dans la carrière céleste; et ce qui est certainement bien rare et bien difficile, soyez d’une confiance entière et inébranlable dans celui qui doit et veut vous couronner après la victoire, et qu’elle soit telle qu’elle ne puisse être pénétrée ni par les flèches du doute? ni par les traits de la défiance. Mortifiez exactement vos sens par les austérités de la tempérance, et prenez bien garde que vous n’ayez à souffrir? cruellement de leur fureur audacieuse et insolente. Servez-vous avantageusement de la méditation de la mort pour combattre et vaincre la curiosité de vos yeux?, qui ne demandent sans cesse qu’à contempler la beauté des créatures sensibles. Faites en sorte de retenir l’indiscrétion et l’injustice de votre esprit, qui, tandis que vous vous livrez vous-même à la négligence la plus condamnable, vous porte à juger? mal? des actions? et de la conduite de vos frères; et tâchez de le porter à exercer envers eux tous les devoirs d’une charité sincère. 218 L’Échelle Sainte: QUATRIÈME DEGRÉ

51. Ce n’est sûrement pas une petite marque de confiance en son supérieur, que de lui découvrir toutes les tentations qu’on éprouve : on suit assurément la voie du salut; mais on s’en éloigne terriblement, quand on cache dans les ténèbres intérieures du coeur, ces serpents cruels et funestes. 52. Voulez-vous savoir? si vous avez pour vos frères un amour? solide et véritable, et une affection tendre et sincère, considérez si les péchés dont vous les voyez coupables, vous attristent et vous désolent, et si les grâces abondantes qu’ils reçoivent de Dieu, et les progrès qu’ils font dans la vertu, vous remplissent de joie? et de plaisir. 233 L’Échelle Sainte: QUATRIÈME DEGRÉ

64. Cependant, malgré les longues importunités du démon, il arrive que quelques-uns viennent à bout, par leur courageuse patience, de le vaincre et de le mettre en fuite?. Mais à peine avons-nous remporté cette victoire sur le démon de la désobéissance, qu’il en survient un autre qui, par de nouvelles ruses et de nouvelles tentations, cherche à nous égarer et à nous perdre. 249 L’Échelle Sainte: QUATRIÈME DEGRÉ

65. En effet j’ai vu des moines qui, après s’être entièrement et généreusement livrés à l’esprit d’obéissance, avaient heureusement obtenu de Dieu, par le secours de leur supérieur, de grands sentiments de componction et de pénitence, étaient parvenus à un degré sublime? de douceur, de modestie, de chasteté, de ferveur et de constance, avaient absolument vaincu et soumis leurs appétits déréglés, et vivaient dans un saint et fervent amour pour Dieu. Or, les démons, jaloux de leur bonheur, pour réussir à les faire? tomber de cet heureux état, ont tâché de leur inspirer intérieurement et de leur faire croire qu’ils étaient capables de vivre désormais dans la solitude, et qu’ils étaient assez forts dans la vertu pour oser espérer, dans le repos de la solitude, la paix souveraine de l’âme et une douce et céleste tranquillité. Mais, hélas ! qu’est-il arrivé ? ces malheureux se sont laissé tromper. Ils sont sortis du port pour se jeter en pleine mer; la tempête les y a surpris sans conducteur et sans pilote; les flots furieux des pensées impures et des autres tentations ont eu? bientôt brisé et fait chavirer la frêle nacelle qui, portait leur trésor et eux-mêmes. Ils ont donc fait un triste naufrage et ont péri de la manière la plus misérable. 250 L’Échelle Sainte: QUATRIÈME DEGRÉ

68. Ô vous donc, qui êtes les fils, et les serviteurs obéissants du Seigneur, ne vous laissez pas égarer par le démon de l’orgueil, ne confessez jamais vos péchés à votre supérieur sous un nom emprunté; car ce n’est que la confusion que vous en éprouverez en ce monde, qui vous fera éviter la honte éternelle. Montrez, oui montrez à nu, tout votre mal à votre médecin spirituel; dites-lui sans crainte et avec naïveté : "Mon Père, cette faute? est toute de moi; cette blessure est mon propre ouvrage; elles ne me sont venues l’une et l’autre que parce que j’ai vécu dans la négligence; je ne puis m’excuser sur personne? : c’est moi-même qui en suis l’auteur, il m’est impossible de me plaindre d’y avoir été porté par les mauvais? exemples de mes frères, par les tentations mêmes des démons, par la faiblesse et la limitation? de mon corps, et par quelqu’autre cause? : c’est uniquement à raison? de ma tiédeur, de ma paresse et de ma négligence, que je suis? tombé. 253 L’Échelle Sainte: QUATRIÈME DEGRÉ

59. Voici ce que m’a raconté de lui-même un homme illustre par une longue et rigoureuse pénitence : "Lorsque, me dit-il, j’étais tenté de me livrer à la vaine gloire, à l’impatience, à l’intempérance, le souvenir? de ma pénitence s’y opposait fortement, et me faisait entendre au dedans de moi ces paroles sévères : Prends bien garde de te laisser aller à la vaine gloire, autrement je t’abandonnerai; et il en faisait autant par rapport aux autres tentations que j’éprouvais. Or j’avais coutume de lui répondre : Je ne vous désobéirai jamais, jusqu’à ce que vous puissiez me présenter avec assurance devant le tribunal de Jésus Christ  ." 513 L’Échelle Sainte: SEPTIÈME DEGRÉ

36. Ne laissez donc pas passer un instant où cette sentence de l’Esprit saint ne soit présente à votre mémoire : Pour moi, tandis que les démons mes ennemis m’accablaient par leurs tentations, je me revêtais d’un cilice, j’humiliais mon âme par le jeûne, et j’adressais à Dieu ma prière dans le secret de mon coeur. (Ps 34,13). 743 L’Échelle Sainte: QUATORZIÈME DEGRÉ

27. Mais, une chose? qui ne doit pas peu nous surprendre et nous faire trembler, c’est que parmi ceux qui succombent aux tentations, il y en a qui font des chutes bien plus funestes que les autres? c’est encore une remarque que j’ai pu faire. Je dis donc que celui qui a un intellect? pour comprendre, comprenne ce que je veux dire ici. 780 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

33. Le démon de l’impureté, cet ennemi cruel et rusé des hommes, afin de nous faire tomber plus facilement dans quelque faute d’incontinence, faute dont il est lui-même l’auteur, nous suggère que Dieu est plein de commisération pour ceux qui ont le malheur de se livrer à la luxure, et qu’il leur pardonne avec d’autant plus de bonté et de clémence, que cette passion? est plus naturelle? à l’homme, Mais ne manquons pas de bien reconnaître ses ruses et sa perfidie : à peine avons-nous commis un péché honteux, qu’il s’empresse de nous montrer Dieu comme un juge sévère, inexorable et qui ne pardonne rien?. Or voyez qu’avant de nous faire consentir au péché, et pour y réussir, il nous représente Dieu comme infiniment bon, clément et miséricordieux, et qu’après qu’il a pu accomplir son mauvais dessein, et qu’il nous a précipités dans l’abîme, il ne cesse de nous parler de la sévérité et de la rigueur des jugements du Seigneur, afin de nous jeter dans le rage et les horreurs du désespoir, et de consommer ainsi notre perte? éternelle. Mais il va plus loin : tant que dure ce sentiment de tristesse? désespérante quÕil nous a donné, il nÕa pas besoin de nous exposer à de nouvelles tentations; il nous tient sous son esclavage?; il nous laisse donc tranquilles; mais aperçoit-il que ces regrets douloureux et poignants qu’il nous a inspirés, se calment et, s’apaisent, cet implacable ennemi recommence ses attaques tout comme auparavant et nous expose eu même danger et aux mêmes fautes. 786 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

56. Les moyens les plus efficaces que nous puissions employer contre les dangers et les écueils auxquels nous exposent les tentations impures, c’est de nous revêtir d’un rude cilice, de nous couvrir de cendres, de passer les nuits dans les veilles et les travaux?, de souffrir la faim et la soif, de fixer notre demeure au milieu des tombeaux et des cadavres, de ne manger que du pain, de ne boire que de l’eau, mais surtout de vivre dans une humilité parfaite, enfin, si la chose est possible, de choisir? un père spirituel qui soit sévère, ou un frère, plein de ferveur et de prudence?, qui nous dirige et nous secoure, non pas tant par le poids et l’autorité de ses années, que par la vertu de sa sagesse et par la justesse de son jugement; car je regarderais comme une chose merveilleuse, si, étant uniquement livré à vous-même, vous vous préserviez du naufrage au milieu d’une tempête si furieuse. 811 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

61. Il est à remarquer que le démon de la luxure s’attaque surtout aux solitaires, afin que consternés et abattus par des tentations humiliantes, ils s’imaginent qu’ils ne retirent aucun avantage de leur solitude, et qu’ils prennent enfin la funeste résolution de rentrer dans le tumulte et dans les agitations du siècle. Il est encore à observer? que, lorsque nous sommes au milieu du monde, le démon nous laisse assez tranquilles; mais c’est afin que nous croyant délivrés à des tentations, il puisse nous persuader que nous sommes en état de vivre sans danger au milieu des séculiers et des mondains. 816 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

63. Si l’obéissance nous oblige à demeurer quelque temps dans le monde pour y traiter d’une affaire importante et nécessaire, la Main et la Grâce de Dieu nous protégeront; les prières et les vÏux de notre supérieur sont encore capables de nous obtenir cette faveur, afin que le Nom du Seigneur ne soit pas blasphémé à cause de nous. Nous pouvons encore être sans tentations au milieu des embarras du siècle, à cause de notre insensibilité et de notre indifférence pour les choses? du monde, lesquelles nous avons acquises par le dégoût que ces choses mondaines nous ont donné dans l’usage rassasiant que nous en avons fait; et d’autres fois, parce que tous les autres démons se sont retirés d’auprès de nous, et qu’il n’est demeuré avec nous que celui de la vaine gloire et de l’orgueil pour nous faire la guerre, et tenir lui seul la place? de tous les autres. 818 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

68. Le démon de l’impureté suggère mille pensées et prend toute sorte de formes? pour tenter et faire tomber les hommes. Ainsi il ne cesse d’exciter, de porter et de pousser ceux qui ont eu le bonheur de conserver leur innocence sans tâche, à goûter? seulement un peu ce que c’est que les plaisirs sensuels, à examiner et à éprouver s’ils leur conviendraient. Il leur dit intérieurement qu’ils ne s’y livreront pas longtemps et qu’ils y renonceront ensuite. Quant à ceux qu’il a gagnés, il ne cesse de leur remettre devant les yeux lÕimage? attrayante de voluptés dont il ont déjà joui, afin de les engager à s’y abandonner de plus en plus. Or voici ce qui arrive ordinairement dans ces tentations différentes : ceux qui, par une funeste expérience, ne connaissent pas encore ces plaisirs criminels, ne succombent pas facilement et tout dÕun coup; quelques-uns même parmi ceux qui ont eu le malheur de se laisser séduire et de savourer honteusement le plaisir que le démon leur promettait, s’en dégoûtent, font des difficultés et opposent une vigoureuse résistance; enfin ou voit le contraire dans plusieurs autres : ils contractent l’infâme habitude? de ces voluptés charnelles, et ne peuvent plus s’en passer. 823 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

Cela dit, vous remarquerez sans doute que le premier mouvement? de notre âme qui, sans le vouloir?, reçoit l’impression d’un objet?, n’est sûrement pas criminel, que la représentation de cet objet dans notre esprit, n’est pas tout-à-fait innocente; mais que le consentement qu’on donne à cette représentation, est un péché plus ou moins grave?, selon que, pour y résister, l’âme fait des efforts plus ou moins grands et généreux; que le combat procure des châtiments ou des récompenses; que la captivité n’est pas toujours la même et qu’elle dépend des circonstances; car si elle arrive pendant la prière, elle n’est pas ce qu’elle serait dans un autre temps, si c’est par rapport à des choses indifférentes, elle ne doit pas être ce qu’elle serait par rapport à des choses mauvaises; enfin que, quant à la passion formée, il est indubitable que si elle n’est pas punie en ce monde par une conversion solide et sincère, et par une pénitence proportionnée aux fautes qu’elle a fait commettre, elle le sera dans l’autre, par des supplices éternels. De toutes ces observations tirons cette conséquence importante, et disons que celui qui ne souffre et ne permet pas que le premier mouvement fasse impression sur lui, arrête dans leur principe? toutes les tentations qu’il éprouverait, et coupe la racine au mal. 831 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

82. Dans une réunion? où je me trouvai, je voyais un moine qui était très appliqué à l’affaire de son salut, et qui y travaillait avec une grande ardeur. Or je remarquai un jour que ce fervent serviteur de Dieu était violemment attaqué par des pensées impures, que ne se trouvant pas dans un lieu propre à la prière qu’il avait coutume de faire pendant ces tentations, il prétexta pour se retirer, des besoins naturels. Il se rendit donc à l’endroit destiné pour y satisfaire, et par une prière des plus ferventes il livra la bataille au démon, et le terrassa. Cependant je lui fis quelques reproches sur sa conduite : "Le lieu, lui dis-je, que vous avez choisi pour prier, ne convient nullement au saint exercice de la prière." Mais, me répondit-il avec humilité, ne voyez-vous pas, mon père, qu’en choisissant ce lieu pour prier dans le temps que j’étais tenté par des pensées immondes, j’ai mérité d’être purifié de mes propres souillures ?" 842 L’Échelle Sainte: QUINZIÈME DEGRÉ

4. Celui qui, pendant la prière, pensera sérieusement qu’il est en la présence de Dieu, sera comme une colonne immobile, et ne se laissera pas surprendre par ces différentes tentations. Au reste, le lutteur sincère et obéissant, lorsqu’il s’agit de prier, se trouve éclairé d’une lumière, divine? et rempli d’une joie céleste; car ce bon moine, semblable à un vaillant soldat, s’est préparé à la prière depuis longtemps, par un fidèle accomplissement de ses devoirs et par une exacte obéissance. 912 L’Échelle Sainte: DIX-HUITIÈME DEGRÉ

10. Les réprimandes et les corrections qu’on leur fait, ne sont pour eux que des occasions funestes de nouvelles chutes, les tentations du démon les poussent sans cesse dans de nouveaux péchés, et l’abandon de Dieu achève d’endurcir leur coeur. Les hommes ont encore assez souvent obtenu la guérison des deux premiers maux spirituels, c’est-à-dire de la résistance aux corrections, et des tentations des démons; mais peut-on en dire autant de l’endurcissement du coeur, qui est humainement incurable ? 1032 L’Échelle Sainte: VINGT-DEUXIÈME DEGRÉ

12. Pour nous que l’esprit d’orgueil porte à juger et à condamner nos frères, cessons de nous conclure selon cet esprit, et bientôt nous n’aurons plus à craindre les tentations et les pensées de blasphème; car, n’en doutons pas, leur véritable cause se trouve dans les jugements téméraires que l’orgueil nous fait porter sur les autres. 1080 L’Échelle Sainte: VINGT-TROISIÈME DEGRÉ

Pour moi, je suis forcé d’avouer qu’après avoir entendu toutes ces définitions de l’humilité, et après les avoir attentivement méditées, il m’est impossible de comprendre toute l’étendue de cette vertu. Ainsi tout ce que je peux faire ici, c’est qu’étant le dernier et le moindre de tous, de ramasser comme un petit chien, les miettes de la table, cÕest-à-dire, de la bouche de ces hommes sages et éclairées, et de dire que l’humilité est une grâce précieuse que Dieu fait à une âme, laquelle ne peut être exprimée par des paroles, et qui n’est connue que de ceux qui en ont fait une heureuse expérience; que c’est un trésor incompréhensible; qu’elle tire son nom de Dieu même; qu’elle est un don tout divin, car il est dit : Apprenez, non d’un ange?, non des hommes, non dans les livres?, mais de Moi, c’est-à-dire, de la présence, des lumières, et de l’opération de mon Esprit en vous, que Je suis doux et humble de coeur, d’esprit et de volonté; et vous trouverez le repos de vos âmes" par la cessation des tentations et par la fin? de vos combats. (Mt 11,29) 1134 L’Échelle Sainte: VINGT-CINQUIÈME DEGRÉ

4. L’humilité est une vigne toute sainte et toute spirituelle; mais elle se présente sous des formes différentes, selon les circonstances et les saisons. Ainsi elle ne paraît pas pendant l’hiver, c’est-à-dire dans le temps que les passions agitent et tourmentent le coeur, comme dans le printemps, c’est-à-dire lorsque l’âme est embaumée du parfum des vertus; ni pendant cette dernière saison, comme en été, c’est-à-dire quand les vertus sont parvenues à une heureuse et parfaite maturité. Mais ces différents points de vue? sous lesquels nous pouvons considérer que l’humilité, tendent tous à nous faire voir et comprendre que, dans cette admirable vertu, tout est propre à procurer à notre âme la joie et l’abondance des autres vertus, et qu’ils sont tous des signes, des symboles?, des marques et des preuves des fruits précieux? et salutaires qu’elle produit en nous. En effet, lorsque les raisins de cette vigne spirituelle commencent à fleurir dans notre coeur, nous commençons nous-mêmes, non pas sans quelque peine à détester les louanges et la gloire qui nous viennent des créatures, à chasser et à rejeter loin de nous tout mouvement de colère et d’emportement; mais quand cette reine des vertus a pris de fortes et profondes racines dans notre âme, qu’elle y a grandi, qu’elle s’y est fortifiée, et qu’elle y a fait les progrès convenables, non seulement nous nÕavons plus que du mépris pour nos bonnes Ïuvres; mais elles nous paraissent encore si viles et si méprisables, que nous en avons horreur? : nous sommes persuadés que par la dissipation des dons de Dieu, nous augmentons tous les jours en nous le poids et le nombre de nos prévarications, et que cette surabondance de grâces, dont nous nous sentons si indignes, ne nous servira peut-être, à cause du mauvais usage que nous en faisons, qu’à nous faire condamner à des châtiments plus sévères. C’est pour cela que notre âme demeure invulnérable sous les coups mêmes de nos ennemis, et que, retirée, dans, le retranchement inexpugnable de sa faiblesse, elle est tranquille et en paix, entend, sans se troubler, les cris furieux et menaçants des voleurs, regarde leurs efforts et leurs tentations comme des jeux? impuissants, et connaît qu’ils ne peuvent ni la blesser ni l’atteindre; car cet humble sentiment de nous-mêmes est une trésorerie dans laquelle sont renfermées toutes les vertus, et qui est défendue par des citadelles imprenables. 1135 L’Échelle Sainte: VINGT-CINQUIÈME DEGRÉ

35. Savons-nous pourquoi certaines personnes ont conservé jusqu’à leur dernière heure le souvenir de leurs fautes, lesquelles cependant leur avaient été pardonnées ? c’était afin de nourrir et d’augmenter en elles l’esprit d’humilité, et de détruire de plus en plus l’orgueil et la vaine gloire. Nous en voyons d’autres méditer continuellement sur la Passion du Christ  , afin de se reconnaître toujours pour être les infortunés débiteurs de la Justice? de Dieu; d’autres, ne pas perdre de vue les fautes journalières dans lesquelles elles tombent, afin de s’humilier sans cesse, et de se regarder comme les plus méprisables des hommes; d’autres encore, se servir des tentations qui leur arrivent, des chutes et des péchés qu’ils font, afin de se procurer l’humilité, cette admirable mère des vertus; d’autres enfin, considérer et croire que s’ils existent encore, ce ne doit être que pour s’humilier davantage devant Dieu, et cette pensée ne les abandonne jamais : ils se répètent continuellement qu’ayant reçu du Seigneur des dons plus abondants, ils doivent se juger indignes d’une si grande libéralité, et ne voir dans les nouvelles faveurs dont Dieu les favorise, que de nouvelles dettes ajoutées aux premières. Or, c’est dans une conduite pareille que consiste le vrai bonheur, et où se trouve la véritable récompense des efforts et des violences qu’on se fait. 1166 L’Échelle Sainte: VINGT-CINQUIÈME DEGRÉ

5. Après Dieu, c’est à notre conscience? que nous devons recourir, comme à la règle que nous avons à suivre : c’est elle qui est chargée de nous faire connaître de quel côté s’élèvent les vents impétueux des tentations, de nous avertir quand il est à propos de tendre les voiles, et de nous diriger de manière que nous puissions éviter un triste naufrage. 1212 L’Échelle Sainte: VINGT-SIXIÈME DEGRÉ

15. Lorsque nous nous sentons frappés d’une maladie grave, c’est alors que nous devons redoubler de soin et de vigilance. En effet c’est dans ces moments où les démons, nous voyant comme abattus par la maladie, et incapables par la faiblesse de notre corps, de nous servir de nos saints exercices qui étaient les armes avec lesquelles nous les mettions en fuite, ont coutume de faire les derniers efforts pour nous vaincre. Pendant leurs maladies les gens du monde sont exposés aux emportements de la colère, et quelques fois à l’impiété des blasphèmes, mais les moines et ceux qui vivent loin du siècle, s’ils ont en abondance les choses qui leur sont nécessaires, sont exposés aux tentations d’intempérance, et même de luxure. Quant à ceux qui sont privés de secours lorsqu’ils sont malades, comme les solitaires, ils sont terriblement tentés de se livrer à la négligence, à l’ennui et à la tristesse. 1273 L’Échelle Sainte: VINGT-SIXIÈME DEGRÉ

90. Dans toutes les tentations auxquelles nous sommes exposés, les démons font tous leurs efforts pour nous faire dire ou faire des choses qui ne conviennent pas. S’ils ne peuvent obtenir de nous ce qu’ils souhaitaient, ils cherchent fort adroitement à nous faire rendre à Dieu des actions de grâces de la victoire que nous avons remportée, dans l’esprit et avec les sentiments orgueilleux. 1351 L’Échelle Sainte: VINGT-SIXIÈME DEGRÉ

143. Celui qui est demeuré trois jours dans le tombeau, est ressuscité pour ne plus mourir : c’est pourquoi celui qui, en trois heures différentes, aura? vaincu les tentations, ne sera point exposé à mourir. 1412 L’Échelle Sainte: VINGT-SIXIÈME DEGRÉ

162. Mais observons ici que ce ne sont pas les mêmes passions qui font la guerre et aux jeunes gens et aux vieillards qui viennent de se convertir et de se consacrer au Seigneur dans la religion?. En effet ce sont souvent des passions contraires qui les attaquent les uns et les autres. C’est pourquoi nous appelons heureuse et doublement heureuse la sainte humilité par laquelle les vieillards et les jeunes gens trouvent leur salut et la victoire dans leurs tentations, et qu’ils peuvent facilement trouver et pratiquer les uns et les autres. 1431 L’Échelle Sainte: VINGT-SIXIÈME DEGRÉ

27. L’anachorète plein de ferveur pénètre dans les secrets jugements du Seigneur; mais il ne reçoit cette faveur éminente qu’après avoir combattu et vaincu mille tentations diverses, triomphé des démons dans un très grand nombre de combats, chassé loin de lui tout trouble et toute agitation, et nous pourrions ajouter après avoir été comme mondé et accablé sous le poids de ces terribles épreuves. C’est, si je ne me trompe, ce que le grand apôtre Paul nous montre lui-même par son exemple. En effet aurait-il jamais connu les secrets ineffables? qui lui furent révélés, si auparavant il n’avait été transporté dans le ciel, comme dans un lieu d’un repos parfait ? (cf. 2 Cor 12,4). 1545 L’Échelle Sainte: VINGT-SEPTIÈME DEGRÉ

89. Cependant ne vous attendez pas à ces sortes de tentations, comme si elles devaient vous arriver, et ne vous préparez pas à faire des discours? aux personnes que vous supposeriez devoir tendre des pièges à votre innocence; car la vie d’un solitaire doit être simple?, libre et exempte de tout embarras. 1610 L’Échelle Sainte: VINGT-SEPTIÈME DEGRÉ

1. Si vous envisagez la prière en elle-même, dites que c’est une sainte conversation, une douce union avec Dieu; mais si vous considérez sa vertu et sa puissance?, il faut dire que c’est elle qui conserve le monde, réconcilie la terre avec le ciel, produit les larmes sincères du repentir et en naît quelquefois, efface les péchés, triomphe des tentations, nous console et nous protège pendant le temps fâcheux des afflictions, met une fin et un terme aux guerres cruelles que nous font nos ennemis, exerce dans nous les fonctions des anges, devient la nourriture des esprits, procure les joies futures, entretient le coeur dans une action continuelle, fait acquérir les vertus, obtenir les dons célestes, et avancer à grands pas dans les voies de la perfection?; il faut ajouter qu’elle est le vrai froment de l’âme, la lumière de l’esprit, la ruine du désespoir, la maîtresse de l’espérance, le fléau de la tristesse, la fortune des religieux, le trésor des solitaires, lÕextinction de la colère, le miroir des progrès dans la vertu, la démonstration certaine des règles qu’on doit suivre, la manifestation de l’état de notre âme, la notion claire des biens? futurs et l’indice de la gloire éternelle; il faut enfin avouer qu’elle est, dans la personne qui prie, une espèce de palais et de tribunal où le souverain Juge, sans attendre le dernier jour, rend à tout moment ses arrêts de justice et de miséricorde. 1632 L’Échelle Sainte: VINGT-HUITIÈME DEGRÉ

33. Un criminel et un condamné au supplice tremblent moins au souvenir de la sentence qui a été ou qui sera prononcée par leurs juges, qu’un chrétien qui est possédé du désir de faire de bonnes prières, ne tremble de les faire d’une manière qui soit indigne du Seigneur. Aussi la seule pensée de la prière dans une personne sage et fervente pour son salut, suffit pour étouffer en elle tout ressentiment et tout souvenir des injures quÕelle a reçues, réprimer les mouvements de la colère, bannir les soins superflus, négliger les affaires purement temporelles, ne donner aucune attention aux afflictions et aux peines de la vie, garder une exacte tempérance, triompher des tentations, et se préserver des mauvaises pensées. 1665 L’Échelle Sainte: VINGT-HUITIÈME DEGRÉ

Eh ! n’était-ce pas de la tranquillité de l’âme que voulait parler saint Paul  , en disant : Quel est l’homme qui a connu l’Esprit du Seigneur (1 Co 2,16) ? N’était-ce pas encore cette vertu que voulait signaler un solitaire d’Égypte, en disant qu’il n’avait plus de crainte du Seigneur ? Voulait-il marquer une autre chose que la paix de l’âme, ce religieux qui priait Dieu de lui permettre d’être encore éprouvé par le feu? des tentations ? Quelle est donc encore la personne qui, avant la gloire future, puisse être jugée plus digne de cette tranquillité du coeur, que ce Syrien qui, tandis que David  , si illustre parmi les prophètes, disait à Dieu : Accorde-moi , Seigneur, dans le cours de mon pèlerinage, quelque relâche et quelque repos, afin de recevoir quelque rafraîchissement avant que je parte? de ce monde (Ps 38), disait lui même : Modère, Seigneur, les effusions surabondantes de grâces et de consolations dont Tu inondes mon âme ? 1711 L’Échelle Sainte: VINGT-NEUVIÈME DEGRÉ

Si c’est un témoignage irréfragable qu’on est esclave de toutes les passions, quand, sans aucune résistance, on succombe à toutes les tentations du démon, c’est, à mon avis, une marque certaine qu’il est parvenu à la bienheureuse paix de l’âme, l’homme qui peut dire ouvertement avec David   : Je ne connaissais pas le méchant? qui s’éloignait de moi, cf. Ps 100,4), et ajouter : Je ne sais ni comment ni pourquoi il est venu, ni comment il s’est retiré ; car étant uni à mon Dieu par des liens si forts qu’ils ne me permettront pas de me séparer de Lui, je suis insensible à toutes ces choses et à d’autres semblables. 1719 L’Échelle Sainte: VINGT-NEUVIÈME DEGRÉ


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