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Tourniac: l’Amen

sábado 31 de março de 2018

La première idée à retenir est celle qu’indique la racine sémitique du mot, car elle est sous-jacente à toutes les particularisations ultérieures du vocable. Cette signification originelle est celle des verbes porter, supporter, assurer une stabilité et une sécurité ; de là dérivent les notions de certitude religieuse et de fidélité. L’Amen est alors le roc de la foi, ou le témoignage de la foi. Par extension le mot va désigner l’accord donné par le peuple d’Israël aux volontés de l’Éternel, il typifie la garantie de fidélité aux commandements, la réponse aux promesses de l’Alliance. On? comprend qu’il accompagne, pour les conforter, les prières et bénédictions de la Torah comme aussi les attestations qu’elle mentionne. A un degré plus élevé, il est synonyme de la Vérité et l’on voit poindre ici son assimilation au nom de l’Éternel (v. Duprat: l’Amen).

Nous trouvons l’Amen cité dans de nombreux passages de l’Écriture : Jérémie 11/5 et 28/6, I Rois 1, 36, Deutéronome 15/6, Néhémie 5/13 et 8/6 etc. En Genèse 15/6, il symbolise la foi inébranlable d’Abraham mais s’intégre aussi, comme réponse doxologique, dans les Psaumes 42 (14), 72 (19) et 89 (12) ou bien encore se joint à l’Alléluia comme dans I Chroniques 16-36 : « Béni soit l’Éternel, le Dieu d’Israël dans les siècles des siècles et que le peuple dise Amen-Alléluia ». Ce mariage des deux mots hébreux préfigure la liturgie apocalyptique dont nous traiterons ultérieurement et nous verrons qu’il y a entre eux une sorte? de consanguinité spirituelle en tant que l’un et l’autre symbolisent le Verbe ou le Messie rédempteur.

L’Amen vetero-testamentaire vient également appuyer une affirmation, parfois en lui succédant pour en renforcer la véracité et souvent en se répétant deux fois de suite dans l’imprécation (Nombres 5/22) et la doxologie (Néhémie 8/16). Par exemple lorsque le prophète Esdras bénit l’Éternel et que le peuple lève les mains, s’incline et se prosterne visage contre terre en répondant « Amen Amen ».

Identifié à la Vérité, l’Amen devient par sa « face divine » le vêtement du Nom du Saint — béni soit-il — comme dans Isaïe 65/16 « Quiconque voudra recevoir la bénédiction sur terre la recevra par « Elohey-Amen ». C’est alors le Nom du Dieu fidèle, et qui se souvient de son alliance.

N’est-ce pas d’ailleurs cet aspect suprême d’Elohey-Amen qu’attendent sous la forme messianique, les pieux kabbalistes lorsque dans l’acte? de la kawanna, ils cherchent à joindre dès maintenant Celui en qui se résolvent toutes les oppositions et dualités ou multiplicités découlant de la chute ? [1]. (extrait de « Les tracés de lumière? »)


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[1Cf. Les origines de la Kabbale, Gershom G. Scholem (Aubier-Montaigne, édit.), ch. a le Centre de Gerone », p. 479.