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Duyvendak: Commentaire Tao Te Ching XLII

domingo 16 de novembro de 2008

Ce chapitre sous sa forme? traditionnelle n’est certainement pas en ordre. Il commence par les mots? : « La Voie a produit un » ; mais le Houai-nan tseu (2e siècle av. J. C.), citant ce passage, omet ces trois mots. Je suis? persuadé qu’ils n’appartiennent pas au texte. La Voie n’est pas un principe? créateur abstrait, au dessus de tout ce qui existe. Elle est plutôt elle même le principe d’unité. Sur cette unité, comparer le chapitre XXXIX. Cette unité opère par une dualité. La phrase suivante rend évident que l’auteur vise le dualisme du Yin et du Yang, mentionné ici pour la première fois. Voir aussi le Livre des Mutations (Legge  , p. 355) : « Une alternance de Yin et Yang? s’appelle la Voie. » Yin est la catégorie sombre, froide, féminine, passive, Yang la catégorie claire, chaude, masculine, active.

« Trois » indique sans doute « le ciel, la terre et l’homme? », dont tous les autres êtres procèdent.

Toutes choses? tournent le dos à l’obscurité et cherchent la lumière ; et pourtant elles sont l’une comme l’autre essentielles pour qu’il y ait un développement harmonieux. Le décroissement (à savoir le sombre, Yin) peut conduire à l’augmentation (le clair, Yang). Tch’ong est ici un mot difficile : on? serait tenté de le rendre par « monter dans les airs » ce qui, avec « souffle, vapeur », donnerait un bon sens qui est assez usuel et se rencontre dans le Che ki ; pourtant, vu l’emploi de ce mot dans les chapitres IV et XLV, je m’en tiens à la signification de « vide? ».

Il serait séduisant de reporter l’exemple des titres royaux « orphelin, délaissé », etc. et la leçon à en tirer : augmentation par la perte, au chapitre XXXIX où le même exemple est donné. Que ces deux passages se soient trouvés ensemble à l’origine? est en effet très probable (le texte traditionnel porte ici wang kong « rois et ducs », ce qui me paraît aussi artificiel que wang heou , leçon proposée par Kao Heng? ; je pense que la leçon originale est heou wang , bien que la date de cette expression soit suspecte ; voir XXXVII). Toutefois, après quelque hésitation, je laisse le texte tel qu’il est, puisque l’exemple donné ici s’accorde bien avec l’idée du mélange harmonieux de Yin et Yang. Le premier paragraphe, qui enseigne que la Voie opère d’une manière dualiste, se trouve également en rapport logique avec cette idée.

Le dernier paragraphe est obscur. Il me semble que la dernière phrase doit être interprétée comme je le fais : l’auteur n’a aucune prétention à l’originalité dans son enseignement, sauf sur un point, à savoir que la violence conduit à une fin funeste. L’emploi de deux pronoms différents dans la première personne? est curieux, à savoir wo et wou respectivement dans : « Je l’enseigne aussi » et « Je serai le père ». Cela me paraît indiquer une corruption du texte. La phraséologie de la phrase finale est bizarre et le rapport avec le reste du chapitre me paraît faible. L’explication donnée par A. Waley, p. 195, bien qu’ingénieuse, ne me satisfait pas. Il traduit : « Montre-moi? un homme violent qui ait eu une bonne fin et je le prendrai comme maître. »


Ver online : LE TAO TÖ KING, LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU