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Schuon: Le mal

sexta-feira 14 de novembro de 2008

La notion du Bien que nous venons d’évoquer nous permet de revenir une fois de plus — car nous en avons traité en d’autres occasions — à ce problème crucial? qu’est celui du mal?. La cause? lointaine et indirecte de ce que nous appelons à bon droit le mal — et c’est la privation de bien — est le mystère de la Toute-Possibilité ; celle-ci, étant infinie, englobe nécessairement la possibilité de sa propre négation, donc la « possibilité de l’impossible » ou l’ « être du néant ». Cette possibilité paradoxale — puisqu’elle existe et que rien? ne peut sortir du Bien, lequel coïncide avec l’Être — cette « possibilité de l’absurde? », donc, a nécessairement une fonction? positive, celle de manifester le Bien?, ou les biens?, au moyen du contraste et cela dans le « temps » ou la succession aussi bien que dans l’ « espace » ou la coexistence. Dans l’ « espace », le mal s’oppose au bien et par? là en rehausse l’éclat ou en précise la nature? a contrario ; dans le « temps », la cessation du mal manifeste la victoire du bien selon le principe? que vincit omnia Veritas ; les deux modes? démontrant l’ « irréalisme » du mal en même temps que son caractère illusoire. En d’autres termes, la fonction du mal étant la manifestation contrastante du bien et aussi la victoire finale de celui-ci, nous dirons que le mal par sa nature même se condamne à sa propre négation ; représentant l’absence? soit « spatiale » soit « temporelle » du bien, il retourne par là même à cette absence, laquelle est la privation d’être et partant le néant. Si l’on objectait que le bien aussi est périssable, nous répondrions qu’il retourne à son prototype céleste ou divin? dans lequel seul il est totalement « lui-même » ; ce qui dans le bien est périssable n’est pas le bien en soi, c’est tel revêtement qui le limite?. Comme nous l’avons fait remarquer plus d’une fois — et ceci nous ramène au fond de la question? —, le mal est une conséquence nécessaire de l’éloignement du Soleil? divin, source « débordante » de la trajectoire cosmogonique ; le mystère des mystères étant la Toute-Possibilité en soi. (Frithjof Schuon  , Avoir un centre)


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