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Diálogos de Platão

Platão - Fédon (68b-69e) – A verdadeira virtude

O filósofo diante da morte

domingo 19 de setembro de 2021, por Cardoso de Castro

      

Platão. Obras. Tr. Carlos Alberto Nunes. (ebook)

Platon. Oeuvres. Tr. Émile Chambry

Platon. Oeuvres. Tr. Victor Cousin

Platon. Complete Works. Tr. Benjamin Jowett

      

Nunes

Por consequência, continuou, ao vires um homem   revoltar-se no instante   de morrer  , não ser  á isso prova suficiente de que não trata de um amante da sabedoria  , porém amante do corpo? Um indivíduo   nessas condições, também será, possivelmente, amante do dinheiro   ou da fama, se não o for de ambos ao mesmo tempo.

É exatamente como dizes, respondeu.

E a virtude denominada coragem  , Símias, prosseguiu, não assenta maravilhosamente bem nos indivíduos com essa disposição  ?

Sem dúvida, respondeu.

E a temperança, o que todo o mundo chama temperança: não deixar-se dominar pelos apetites, porém desprezá-los e revelar moderação, não será qualidade   apenas das pessoas que em grau eminentíssimo desdenham do corpo e vivem para a Filosofia?

Necessariamente, foi a resposta  .

Se considerares, prosseguiu, nos outros homens a coragem e a temperança, hás de achá-las mais do que absurdas.

Como assim, Sócrates  ?

Ignoras porventura, lhe disse, que na opinião   de toda a gente a morte se inclui entre os denominados males?

Sei disso, respondeu.

E não é pelo medo de um mal ainda maior que enfrentam a morte esses indivíduos corajosos, quando a enfrentam.

Certo.

Logo, é por medo e temor que os homens são corajosos, com exceção dos filósofos, muito embora se nos afigure paradoxal ser alguém corajoso por temor e pusilanimidade.

Perfeitamente.

E com os moderados desse tipo, não se passará a mesma coisa, isto é, serem moderados por algum desregramento? E conquanto asseveremos não ser isso possível, é o que se dá, realmente, com a temperança balofa dessa gente. De medo, apenas, de se privarem de certos prazeres por eles cobiçados, quando se abstêm de alguns é porque outros o dominam. E embora chamem intemperança o ser vencido pelos prazeres, o que se dá com todos é que o domínio sobre alguns prazeres se faz à custa de servirem a outros, o que vem a ser muito parecido com o que há pouco declarei, de ser, de algum modo, a intemperança que os deixa temperantes.

Parece que é assim mesmo.

Mas, meu bem aventurado Símias, essa não é a maneira de alcançar a virtude, trocar   uns prazeres por outros, tristezas, ou temores por temores de outras espécie, como trocamos em miúdos moeda de maior valor  . Só há uma moeda verdadeira, pela qual tudo isso deva ser trocado: a sabedoria. E só por troca com ela, ou com ela mesma, é que em verdade se compra ou se vende tudo isto: coragem, temperança e justiça, numa palavra, a verdadeira virtude, a par da sabedoria, pouco importando que se lhe associem ou dela se afastem prazeres ou temores e tudo o mais da mesma natureza. Separadas da sabedoria e permutadas entre si, todas elas não são mais do que sombra de virtude, servis em toda a linha e sem nada possuírem de verdadeiro nem são. A verdade em si consiste, precisamente, na purificação de tudo isso, não passando a temperança, a justiça, a coragem e a própria sabedoria de uma espécie de purificação. É muito provável que os instituidores de nossos mistérios não fossem falhos de merecimento e que desde muitos nos quisessem dar a entender por meio de sua linguagem obscura que a pessoa não iniciada nem purificada, ao chegar ao Hades   vai para um lamaçal, ao passo que o iniciado   e puro, ao chegar lá passa a morar com os deuses. Porque, como dizem os que tratam dos mistérios: muitos são os portadores de tirso, porém pouquíssimos os verdadeiros inspirados. E no meu modo de entender, são estes, apenas, os que se ocuparam com a filosofia, em sua verdadeira acepção, no número   dos quais procurei incluir-me, esforçando-me nesse sentido, por todos os modos  , a vida inteira e na medida do possível sem nada negligenciar. Se trabalhei como seria preciso e tirei disso algum proveito, é o que com segurança ficaremos sabendo no instante de lá chegarmos, se Deus   quiser, e dentro de pouco tempo, segundo creio. Eis aí, Símias e Cebete, minha defesa, a razão de apartar-me nem revoltar-me, por estar convencido de que tanto lá como aqui encontrarei companheiros e mestres excelentes. O vulgo não me dará crédito; porém se a minha defesa vos pareceu mais convincente do que aos meus juízes atenienses, é tudo o que posso desejar.

Chambry

XIII. — Par conséquent, lorsque tu verras un homme se fâcher parce qu’il va mourir, tu as là une forte   preuve qu’il n’aimait pas la sagesse, mais le corps, et l’on peut croire qu’il aimait aussi l’argent et les honneurs, l’un des deux, ou tous les deux ensemble.

— Certainement, dit-il, cela est comme tu le dis.

— Et ce qu’on appelle courage, Simmias, n’est-il pas aussi une marque caractéristique des vrais philosophes ?

— Sans aucun doute, répondit-il.

— Et la tempérance, ce qu’on appelle communément tempérance et qui consiste à ne pas se laisser troubler par les passions, mais à les dédaigner et à les régler, n’est-ce pas le fait de ceux-là seuls qui s’intéressent très peu au corps et vivent dans la philosophie ?

— Nécessairement, dit-il.

— Si, en effet, poursuivit Socrate, tu veux bien considérer le courage et la tempérance des autres hommes, tu les trouveras bien étranges.

— Comment cela, Socrate ?

— Tu sais, dit-il, que tous les autres hommes comptent la mort au nombre des grands maux ?

— Assurément, répondit Simmias.

— Or n’est-ce pas dans la crainte de maux plus grands que ceux d’entre eux qui ont du courage supportent la mort, quand ils ont à la supporter ?

— C’est exact.

— C’est donc par peur et par crainte qu’ils sont tous courageux, hormis les philosophes. Et pourtant il est absurde d’être brave par peur et par lâcheté.

— Assurément.

— N’en est-il pas de même pour ceux d’entre eux qui sont réglés ? C’est par une sorte de dérèglement qu’ils sont tempérants. Nous avons beau dire que c’est impossible, leur niaise tempérance n’en revient pas moins à cela. C’est parce qu’ils ont peur d’être privés d’autres plaisirs dont ils ont envie qu’ils s’abstiennent de certains plaisirs pour d’autres qui les maîtrisent. Ils appellent bien intempérance le fait d’être gouverné par les plaisirs, cela n’empêche pas que c’est parce qu’ils sont vaincus par certains plaisirs qu’ils en dominent d’autres. Et cela revient à ce que je disais tout à l’heure, que c’est en quelque manière par dérèglement qu’ils sont devenus tempérants.

— Il le semble en effet.

— Bienheureux Simmias, peut-être n’est-ce pas le vrai moyen d’acquérir la vertu, que d’échanger voluptés contre voluptés, peines contre peines, craintes contre craintes, les plus grandes contre les plus petites, comme si c’étaient des pièces de monnaie ; on peut croire, au contraire, que la seule bonne monnaie contre laquelle il faut échanger tout cela, c’est la sagesse, que c’est à ce prix et par ce moyen que se font les achats et les ventes réels, et que le courage, la tempérance, la justice, et, en général, la vraie vertu s’acquièrent avec la sagesse, peu importe qu’on y ajoute ou qu’on en écarte les plaisirs, les craintes et toutes les autres choses de ce genre. Si on les sépare de la sagesse et si on les échange les unes contre les autres, une telle vertu n’est plus qu’un trompe-l’œil, qui ne convient en réalité qu’à des esclaves et qui n’a rien de sain ni de vrai. La vérité est en fait une purification de toutes ces passions, et la tempérance, la justice, le courage et la sagesse elle-même sont une espèce de purification. Je m’imagine que ceux qui ont établi les mystères à notre intention n’étaient pas des hommes ordinaires, mais qu’en réalité ils ont voulu jadis nous faire entendre que tout homme, qui arrive dans l’Hadès sans être purifié et initié, restera couché dans la fange, mais que celui qui a été purifié et initié, dès son arrivée là-bas, habitera avec les dieux. Il y a en effet, comme disent ceux qui sont versés dans les initiations, « beaucoup de porteurs de férules, mais peu d’inspirés ». Et ceux-ci, à mon avis, ne sont autres que ceux qui ont été de vrais philosophes. Pour être, moi aussi, de ce nombre je n’ai, autant qu’il dépendait de moi, rien négligé de mon vivant, et aucun effort ne m’a coûté pour y parvenir. M’y suis-je appliqué comme il le fallait, ai-je quelque peu réussi ? Je vais savoir la vérité en arrivant là-bas, s’il plaît à Dieu, dans quelques heures. Telle est mon opinion.

Voilà, Simmias et Cébès, continua-t-il, ce que j’avais à dire pour me justifier. Vous voyez pour quelles raisons je ne m’afflige ni ne m’indigne de vous quitter, vous et mes maîtres d’ici, parce que je suis convaincu que là-bas, tout comme ici, je trouverai de bons maîtres et de bons camarades. C’est ce que le vulgaire ne croit pas. Maintenant si mon plaidoyer vous convainc mieux que je n’ai convaincu mes juges athéniens, je n’ai rien de plus à souhaiter. »

Cousin

— Et par conséquent, continue Socrate, toutes les fois que tu verras un homme se fâcher et reculer quand il est sur le point de mourir, c’est une marque sûre que c’est un homme qui n’aime pas [68c] la sagesse, mais le corps ; et qui aime le corps, aime l’argent et les honneurs, l’un des deux ou tous les deux ensemble.

— Cela est comme tu le dis, Socrate.

— Ainsi donc, Simmias, ce qu’on appelle la force ne convient-il pas particulièrement aux philosophes ? et la tempérance, cette vertu qui consiste à maîtriser ses passions, ne convient-elle pas particulièrement à ceux qui méprisent leur corps et qui se sont consacrés à l’étude de la sagesse?

— [68d] Nécessairement.

— Car si tu veux examiner la force et la tempérance des autres hommes, tu les trouveras très ridicules.

— Comment cela, Socrate?

— Tu sais, dit-il, que tous les autres hommes croient la mort un des plus grands maux.

— Cela est vrai, dit Simmias.

— Quand donc ils souffrent la mort avec quelque courage, ils ne la souffrent que parce qu’ils craignent un mal plus grand.

— Il en faut convenir.

— Et par conséquent tous les hommes ne sont courageux que par peur, excepté le seul philosophe : et pourtant il est assez absurde qu’un homme soit brave par timidité.

[68e] Tu as raison, Socrate.

— N’en est-il pas de même de vos tempérants ? ils ne le sont que par intempérance : et quoique cela paraisse d’abord impossible, c’est pourtant ce qui arrive de cette folle et ridicule tempérance ; car ils ne renoncent à un plaisir que dans la crainte d’être privés d’un autre, qu’ils désirent et auquel ils sont assujettis. Ils appellent bien intempérance, [69a] d’être gouverné par ses passions ; mais cela ne les empêche pas de ne surmonter certaines voluptés, que dans l’intérêt d’autres voluptés dont ils sont esclaves ; ce qui ressemble fort à ce que je disais tout-à-l’heure qu’ils sont tempérant par intempérance.

— Cela paraît assez vraisemblable, Socrate.

— Mon cher Simmias, songe que ce n’est pas un très bon échange pour la vertu que de changer des voluptés pour des voluptés, des tristesses pour des tristesses, des craintes pour des craintes, et de mettre, pour ainsi dire, ses passions en petite monnaie ; que la seule bonne monnaie, Simmias, contre laquelle il faut échanger tout le reste, c’est la sagesse ; [69b] qu’avec celle-là on achète tout, on a tout, force, tempérance, justice ; qu’en un mot la vraie vertu est avec la sagesse, indépendamment des voluptés, des tristesses, des craintes et de toutes les autres passions ; tandis que, sans la sagesse, la vertu qui résulte des transactions des passions entre elles n’est qu’une vertu fantastique, servile, sans vérité ; car la vérité de la vertu consiste précisément [69c] dans la purification de toutes les passions, et la tempérance, la justice, la force et la sagesse elle-même sont des purifications.

Et il y a bien de l’apparence que ceux qui ont établi les initiations n’étaient pas des hommes ordinaires, mais des génies supérieurs qui, dès les premiers temps, ont voulu nous enseigner que celui qui arrivera dans l’autre monde sans être initié et purifié, demeurera dans la fange ; mais que celui qui y arrivera après avoir accompli les expiations sera reçu parmi les dieux[100]. Or, disent ceux qui président aux initiations : Beaucoup prennent le thyrse, [69d] mais peu sont inspirés par le dieu[101] ; et ceux-là ne sont à mon avis, que ceux qui ont bien philosophé. Je n’ai rien oublié pour être de ce nombre, et j’ai travaillé toute ma vie à y parvenir.

Si tous mes efforts n’ont pas été inutiles et si j’y ai réussi, c’est ce que j’espère savoir dans un moment, s’il plaît à Dieu. Voilà, Simmias et Cébès, ce que j’avais à vous dire pour me justifier auprès de vous, de ce que je ne m’afflige pas [69e] de vous quitter vous et les maîtres de ce monde, dans l’espérance que dans l’autre aussi je trouverai de bons amis et de bons maîtres, et c’est ce que le vulgaire ne peut s’imaginer. Mais je désire avoir mieux réussi auprès de vous qu’auprès de mes juges d’Athènes.

Jowett

And when you see a man who is repining at the approach of death, is not his reluctance a sufficient proof that he is not a lover of wisdom, but a lover of the body, and probably at the same time a lover of either money or power, or both ?

That is very true, he replied.

There is a virtue, Simmias, which is named courage. Is not that a special attribute of the philosopher ?

Certainly.

Again, there is temperance. Is not the calm, and control, and disdain of the passions which even the many call temperance, a quality belonging only to those who despise the body and live in philosophy ?

That is not to be denied.

For the courage and temperance of other men, if you will consider them, are really a contradiction.

How is that, Socrates ?

Well  , he said, you are aware that death is regarded by men in general as a great evil.

That is true, he said.

And do not courageous men endure   death because they are afraid of yet greater evils ?

That is true.

Then all but the philosophers are courageous only from fear, and because they are afraid ; and yet that a man should be courageous from fear, and because he is a coward, is surely a strange thing.

Very true.

And are not the temperate exactly in the same case ? They are temperate because they are intemperate — which may seem to be a contradiction, but is nevertheless the sort of thing which happens with this foolish temperance. For there are pleasures which they must have, and are afraid of losing ; and therefore they abstain from one class of pleasures because they are overcome by another : and whereas intemperance is defined as “being under the dominion of pleasure,” they overcome only because they are overcome by pleasure. And that is what I mean by saying that they are temperate through intemperance.

That appears to be true.

Yet the exchange of one fear or pleasure or pain for another fear or pleasure or pain, which are measured like coins, the greater with the less, is not the exchange of virtue. O my dear Simmias, is there not one true coin for which all things ought to exchange ? — and that is wisdom ; and only in exchange for this, and in company with this, is anything truly bought or sold, whether courage or temperance or justice. And is not all true virtue the companion of wisdom, no matter what fears or pleasures or other similar goods or evils may or may not attend her ? But the virtue which is made up of these goods, when they are severed from wisdom and exchanged with one another, is a shadow of virtue only, nor is there any freedom or health or truth in her ; but in the true exchange there is a purging away of all these things, and temperance, and justice, and courage, and wisdom herself are a purgation of them. And I conceive that the founders of the mysteries had a real meaning and were not mere triflers when they intimated in a figure long ago that he who passes unsanctified and uninitiated into the world below will live in a slough, but that he who arrives there after initiation and purification will dwell with the gods. For “many,” as they say in the mysteries, “are the thyrsus bearers, but few are the mystics,” — meaning, as I interpret the words, the true philosophers. In the number of whom I have been seeking, according to my ability, to find a place during my whole life ; whether I have sought in a right way or not, and whether I have succeeded or not, I shall truly know in a little while, if God will, when I myself arrive in the other world : that is my belief. And now, Simmias and Cebes, I have answered those who charge me with not grieving or repining at parting from you and my masters in this world ; and I am right in not repining, for I believe that I shall find other masters and friends who are as good in the world below. But all men cannot believe this, and I shall be glad if my words have any more success with you than with the judges of the Athenians.


Ver online : Oeuvres complètes (Brisson)


Platão - Fédon (61c-62c) – Suicídio
Platão - Fédon (62c-63e) – Como se justifica a atitude do filósofo
Platão - Fédon (63e-65a) – Definição da morte
Platão - Fédon (65a-68b) – O obstáculo corporal
Platão - Fédon (68b-69e) – A verdadeira virtude