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Diálogos de Platão

Platão - Fédon (61c-62c) – Suicídio

O filósofo diante da morte

domingo 19 de setembro de 2021, por Cardoso de Castro

    

Platão. Obras. Tr. Carlos Alberto Nunes. (ebook)

Platon. Oeuvres. Tr. Émile Chambry

Platon. Oeuvres. Tr. Victor Cousin

Platon. Complete Works. Tr. Benjamin Jowett

    

Nunes

Símias exclamou: Que conselho, Sócrates  , mandas dar a Eveno! Tenho estado   bastantes vezes com o homem  , e por tudo o que sei dele, não terá grande desejo de aceitar  -te a indicação.

Como assim? Perguntou; Eveno não é filósofo?

Penso que é, retrucou Símias.

Nesse caso, terá de aceitá-la, tanto Eveno como quem quer que se aplique dignamente a esse estudo. O que é preciso é não empregar violência contra si próprio  . Dizem que isso não é permitido.

Assim falando, sentou-se e apoiou no chão os pés, permanecendo nessa posição  , daí por diante, durante todo o tempo   da conversa.

Nessa altura Cebete o interpelou: Por que disseste, Sócrates, que não é permitido a ninguém empregar violência contra si próprio, se, ao mesmo tempo, afirmas que o filósofo deseja ir após de quem morre?

Como, Cebete, nunca ouvistes nada a esse respeito, tu e Símias, quando convivestes com Filolau?

Ouvi, Sócrates, porém muito pela rama.

Sobre isso eu também só posso falar de outiva; porém nada me impede de comunicar-vos o que sei. Talvez, mesmo, seja a quem se encontra no ponto de imigrar para o outro mundo que compete investigar acerca dessa viagem e dizer como será preciso imaginá-la. Que melhor coisa se poderá fazer para passar o tempo até sol   baixar?

Qual o motivo, então, Sócrates, de dizerem que a ninguém é permitido suicidar-se? De fato, sobre o que me perguntaste, ouvi Filolau afirmar  , quando esteve entre nós  , e também outras pessoas, que não devemos fazer isso. Porém nunca ouvi de ninguém maiores particularidades.

Então, o que importa é não desanimares, disse; é possível que ainda venhas a ouvi-las. Talvez te pareça estranho que entre todos os casos seja este o único simples e que não comporte como os demais, decisões arbitrárias, segundo as circunstâncias  , a saber: que é melhor estar morto do que vivo. E havendo pessoas para quem a morte, de fato, é preferível, não saberás dar a razão   de ser vedado aos homens procurarem para si mesmos semelhante benefício, mas precisarem esperar por benfeitor estranho.

Itto Zeus  , disses Cebete em seu dialeto, esboçando um sorriso: Deus   o saberá.

Aparentemente, continuou Sócrates, isso carece de lógica  ; mas o fato é que tem a sua razão de ser. Aquilo dos mistérios, de que nós  , homens, nos encontramos numa espécie de cárcere que nos é vedado abrir para escapar  , afigura-me de peso e anda fácil de entender. Uma coisa, pelo menos, Cebete, me parece bem enunciada: que os deuses são nossos guardiães, e nós, homens, propriedade deles. Aceitas esse ponto?

Perfeitamente, respondeu Cebete.

Tu também, continuou, na hipótese de algum dos teus escravos pôr termo à vida, sem que lhes houvesse dado a entender que estavas de acordo   em que se matasse, não te aborrecerias com ele, e se fosse possível, não o punirias?

Sem dúvida, respondeu.

Por conseguinte, não acho absurdo ninguém poder matar-se   sem que a divindade   o coloque nessa contingência, como é o nosso caso agora.

Chambry

V. — Voilà, Cébès, l’explication que je te charge de donner à Évènos, avec mes salutations, en ajoutant que, s’il est sage, il me suive le plus vite possible. Car je m’en vais, paraît-il, aujourd’hui : c’est l’ordre des Athéniens. »

Simmias se récria : « Quelle recommandation, Socrate, fais-tu là à Évènos ! J’ai souvent rencontré le personnage, et il est à peu près sûr, d’après ce que je sais de lui, qu’il ne mettra aucune bonne volonté à t’écouter.

— Hé quoi ! repartit Socrate, n’est-il pas philosophe, ton Évènos ?

— Je crois qu’il l’est, dit Simmias.

— Alors il y consentira, lui et tout homme qui participe à la philosophie comme il convient. Seulement il ne se fera sans doute pas violence à lui-même ; car on dit que cela n’est pas permis. »

Tout en disant cela, il s’assit, les jambes pendantes vers le sol, et garda cette posture pendant tout le reste de l’entretien.

Alors Cébès lui posa cette question : « Comment peux-tu dire, Socrate, qu’il n’est pas permis de se faire violence à soi-même et d’autre part que le philosophe est disposé à suivre celui qui meurt ?

— Hé quoi ! Cébès, n’avez-vous pas entendu, Simmias et toi, traiter de ces questions, vous qui avez vécu avec Philolaos ?

— Si, mais sans aucune précision, Socrate.

— Moi aussi, je n’en parle que par ouï dire ; néanmoins, ce que j’ai ainsi appris, rien n’empêche que je vous en fasse part. Peut-être même est-il on ne peut plus à propos, au moment de quitter, cette vie, d’enquêter sur ce voyage dans l’autre monde et de conter dans un mythe ce que nous croyons qu’il est. Comment mieux occuper le temps qui nous sépare du coucher du soleil ?

VI. — Dis-nous donc, Socrate, sur quoi l’on peut bien se fonder, quand on prétend que le suicide n’est pas permis. Pour ma part, pour en revenir à ta question de tout à l’heure, j’ai déjà entendu dire à Philolaos, quand il séjournait parmi nous, et à plusieurs autres aussi, qu’on n’a pas le droit de se tuer. Mais de précisions sur ce point, personne ne m’en a jamais donné aucune.

— Il ne faut pas te décourager, reprit Socrate, il se peut que l’on t’en donne. Mais peut-être te paraîtra-t-il étonnant que cette question seule entre toutes ne comporte qu’une solution et ne soit jamais laissée à la décision de l’homme, comme le sont les autres. Étant donné qu’il y a des gens pour qui, en certaines circonstances, la mort est préférable à la vie, il te paraît peut-être étonnant que ceux pour qui la mort est préférable ne puissent sans impiété se rendre à eux-mêmes ce bon office et qu’ils doivent attendre un bienfaiteur étranger. »

Alors Cébès, souriant doucement : « Que Zeus s’y reconnaisse, » dit-il dans le parler de son pays.

— « Cette opinion, ainsi présentée, peut paraître déraisonnable, reprit Socrate ; elle n’est pourtant pas sans raison. La doctrine qu’on enseigne en secret sur cette matière, que nous autres hommes nous sommes comme dans un poste, d’où l’on n’a pas le droit de s’échapper ni de s’enfuir, me paraît trop relevée et difficile à élucider ; mais on y trouve au moins une chose qui est bien dite, c’est que ce sont des dieux qui s’occupent de nous et que, nous autres hommes, nous sommes un des biens qui appartiennent aux dieux. Ne crois-tu pas que cela soit vrai ?

— Je le crois, dit Cébès.

— Toi-même, reprit Socrate, si l’un des êtres qui sont à toi se tuait lui-même, sans que tu lui eusses notifié que tu voulais qu’il mourût, ne lui en voudrais-tu pas, et ne le punirais-tu pas, si tu avais quelque moyen de le faire ?

— Certainement si, dit Cébès.

— Si l’on se place à ce point de vue, peut-être n’est-il pas déraisonnable de dire qu’il ne faut pas se tuer avant que Dieu nous en impose la nécessité, comme il le fait aujourd’hui pour moi.

Cousin

Alors Simmias :

— Eh ! Socrate, quel conseil donnes-tu là à Evenus. Vraiment, je me suis souvent trouvé avec lui ; mais, à ce que je puis connaître, il ne se rendra pas très volontiers à ton invitation.

— Quoi, repartit Socrate, Evenus n’est-il pas philosophe?

— Je le crois, répondit Simmias.

— Eh bien donc, Evenus voudra me suivre, lui et tout homme qui s’occupera dignement de philosophie. Seulement il pourra bien ne pas précipiter lui-même le départ ; car on dit que cela n’est pas permis. En disant ces mots, il s’assit sur le bord de son lit, [61d] posa les pieds à terre, et parla dans cette position tout le reste du jour.

— Comment l’entends-tu donc, Socrate, lui demanda Cébès ? il n’est pas permis d’attenter à sa vie, et le philosophe doit vouloir suivre celui qui quitte la vie?

— Eh quoi, Cébès ! ni Simmias ni toi, vous n’avez entendu traiter cette question, vous qui avez vécu avec Philolaüs[95].

— Jamais à fond, Socrate.

— Je n’en sais moi-même que ce qu’on m’en a dit. Cependant je ne vous cacherai pas ce que j’en ai appris. Aussi bien est-il peut-être [61e] fort convenable que sur le point de partir d’ici, je m’enquière et m’entretienne avec vous du voyage que je vais faire, et que j’examine quelle idée nous en avons. Que pourrions-nous faire de mieux jusqu’au coucher du soleil[96] ? — Sur quoi se fonde-t-on, Socrate, quand on prétend qu’il n’est pas permis de se donner la mort ? J’ai bien ouï dire à Philolaüs quand il était parmi nous, et à plusieurs autres encore, que cela n’était pas permis ; mais je n’ai jamais rien entendu qui me satisfît à cet égard. [62a] — Il ne faut pas te décourager, reprit Socrate ; peut-être seras-tu plus heureux aujourd’hui. Mais il pourra te sembler étonnant qu’il n’en soit pas de ceci comme de tout le reste, et qu’il faille admettre d’une manière absolue que la vie est toujours préférable à la mort, sans aucune distinction de circonstances et de personnes ; ou, si une telle rigueur paraît excessive, et si l’on admet que la mort est quelquefois préférable à la vie, il pourra te sembler étonnant qu’alors même on ne puisse, sans impiété se rendre heureux soi-même, et qu’il faille attendre un bienfaiteur étranger.

— Mais un peu dit Cébès en souriant et parlant à la manière de son pays[97]. [62b]

— En effet, reprit Socrate, cette opinion a bien l’air déraisonnable, et cependant elle n’est peut-être pas sans raison. Je n’ose alléguer ici cette maxime enseignée dans les mystères[98], que nous sommes ici-bas comme dans un poste, et qu’il nous est défendu de le quitter sans permission. Elle est trop relevée, et il n’est pas aisé de pénétrer tout ce qu’elle renferme. Mais voici du moins une maxime qui me semble incontestable, que les dieux prennent soin de nous, et que les hommes appartiennent aux dieux ; cela ne paraît-il pas vrai?

— Très vrai, répondit Cébès. [62c]

— Eh bien ! reprit Socrate, si l’un de tes esclaves, qui t’appartiennent aussi, se tuait sans ton ordre, ne te mettrais-tu pas en colère contre lui, et ne le punirais-tu pas rigoureusement si tu le pouvais?

— Sans doute, répondit-il.

— Sous ce point de vue, il n’est donc pas déraisonnable de dire que l’homme ne doit pas sortir de la vie avant que Dieu ne lui envoie un ordre formel, comme celui qu’il m’envoie aujourd’hui.

Jowett

Simmias said : What a message for such a man I having been a frequent companion of his, I should say that, as far as I know him, he will never take your advice unless he is obliged.

Why, said Socrates, — is not Evenus a philosopher ?

I think that he is, said Simmias.

Then he, or any man who has the spirit   of philosophy, will be willing to die, though he will not take his own life, for that is held not to be right.

Here he changed his position, and put his legs off the couch on to the ground, and during the rest of the conversation he remained sitting.

Why do you say, inquired Cebes, that a man ought not to take his own life, but that the philosopher will be ready to follow the dying ?

Socrates replied : And have you, Cebes and Simmias, who are acquainted with Philolaus, never heard him speak of this ?

I never understood him, Socrates.

My words, too, are only an echo ; but I am very willing to say what I have heard : and indeed, as I am going to another place, I ought to be thinking and talking of the nature of the pilgrimage which I am about to make. What can I do better in the interval between this and the setting of the sun ?

Then tell me, Socrates, why is suicide held not to be right ? as I have certainly heard Philolaus affirm when he was staying with us at Thebes : and there are others who say the same, although none of them has ever made me understand him.

But do your best, replied Socrates, and the day may come when you will understand. I suppose that you wonder why, as most things which are evil may be accidentally good, this is to be the only exception (for may not death, too, be better than life in some cases ?), and why, when a man is better dead, he is not permitted to be his own benefactor, but must wait for the hand of another.

By Jupiter ! yes, indeed, said Cebes, laughing, and speaking in his native Doric.

I admit the appearance of inconsistency, replied Socrates, but there may not be any real   inconsistency after all in this. There is a doctrine uttered in secret that man is a prisoner who has no right to open the door of his prison and run away ; this is a great mystery which I do not quite understand. Yet I, too, believe that the gods are our guardians, and that we are a possession of theirs. Do you not agree ?

Yes, I agree to that, said Cebes.

And if one of your own possessions, an ox or an ass, for example took the liberty of putting himself out of the way when you had given no intimation of your wish that he should die, would you not be angry with him, and would you not punish him if you could ?

Certainly, replied Cebes.

Then there may be reason in saying that a man should wait, and not take his own life until God summons him, as he is now summoning me.


Ver online : Oeuvres complètes (Brisson)


Platão - Fédon (61c-62c) – Suicídio
Platão - Fédon (62c-63e) – Como se justifica a atitude do filósofo
Platão - Fédon (63e-65a) – Definição da morte
Platão - Fédon (65a-68b) – O obstáculo corporal
Platão - Fédon (68b-69e) – A verdadeira virtude