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Œuvres II. Bibliothèque de la Pléiade n. 148

Valéry (O2) – moral

L’IDÉE FIXE

vendredi 12 mars 2021

[L’IDÉE FIXE, VALÉRY, Paul. Œuvres II. Bibliothèque de la Pléiade n. 148. Paris : Gallimard, 1960 (ebook)]

Tradução

  •  Se ... Podemos nos livrar de uma autoridade de origem? externa, - desamarrar todos os nós, cortar todos os fios estranhos. A defesa é possível ... Mas é quase impossível livrar-se de hábitos mentais que são reforçados pela experiência tanto quanto o pensamento pode ser, e que são justificados pela crítica sempre que se aplica a eles. O poder do moderno é baseado na "objetividade". Mas, examinando mais de perto, descobrimos que é ... a própria objetividade que é poderosa - não o próprio homem?. Ele se torna um instrumento, - escravo, - daquilo que ele encontrou ou forjou : uma maneira de ver.
  •  Um método… Mas se esse for o caminho certo ? Se for como o limiar, o limite, onde séculos de tentativa e erro terminaram e deveriam terminar ?
  •  Com certeza ... Mas cuidado com o automatismo !
  •  O quê ! ... Você caça papagaios, você pressiona para ter precisão e depois vira o nariz !
  •  Não. Além disto, não existe uma mente? que esteja de acordo consigo mesma. Não seria mais um espírito. Mas ouça um pouco. Deixe-me mergulhar um pouco no arbusto moral.
  •  Vamos ! Senhor ...
  •  Suponha que por alguma autoridade ...
  •  Como todas as autoridades.
  •  Um código de ética, uma tabela de valores morais foi estabelecida ; o bem?, o mal, claramente definidos ; todos os atos imagináveis ​​afetados por coeficientes éticos, positivos ou negativos ...
  •  Ou nulo ... Mas tudo isto existe ...
  •  Aproximadamente. Suponha agora que por algum processo igualmente arbitrário, sugestão todo-poderosa, pediatria, pedagogia, tão eficaz quanto a nossa é pouco, e que é para nós o que nossos meios materiais são para aqueles dos povos mais bárbaros - consigamos fazer o ato bom completamente reflexo e quase irresistível ; o ato mau, excessivamente penoso, doloroso, até mesmo de imaginar ...
  •  E então ?
  •  Então ? ... Primeiro, não há mais mérito, certo ? ... O bom não custaria nada. Pelo contrário, o mal ficaria caro ...
  •  Tudo funcionaria melhor.
  •  Mas os moralistas ficariam desesperados ...
  •  Não vejo problema ... E por quê ? ... Estariam no auge da alegria? ... Chega de pecado?, chega de culpas, chega de crimes ...
  •  Mas de jeito nenhum ... Não é do bem que eles gostam ... É o castigo que se inflige a si mesmo por fazer o bem.
  •  Mas eles são sádicos !
  •  Eles são "desportistas". Eles experimentam o esforço pelo esforço. Virtude é força. Toda força contraria alguma força. Se eu fugir do mal ... como minha mão foge de uma coisa quente, - se a oportunidade de fazer o bem atua em mim como atua nas glândulas salivares ...
  •  As tripas…
  •  Horror ... Não, algum belo? fruto ! ... Então, o comportamento humano ...
  •  O comportamento.
  •  Essa palavra me irrita ... Inútil e recente.
  •  Fobia !… Ele é excelente.
  •  Em suma, digo que a conduta humana, assim reduzida a um ... automatismo virtuoso, não oferece mais nada de interessante.
  •  Isso vai longe ... Vai ao Tribunal de Justiça.
  •  Então você não vê que esse automatismo ético arruinaria moralmente a todos ? ...
  • Original

    — Si… On peut se défaire d’une autorité d’origine externe, — dénouer tous les nœuds, cisailler tous les fils étrangers. La défense est possible… Mais il est presque impossible de se défaire d’habitudes d’esprit qui sont renforcées par l’expérience autant que la pensée peut l’être, et que justifie la critique aussi souvent qu’elle s’applique à les contrôler. La puissance du moderne est fondée sur « l’objectivité ». Mais à y regarder de plus près, on trouve que c’est… l’objectivité même qui est puissante, — et non l’homme même. Il devient instrument, — esclave, — de ce qu’il a trouvé ou forgé : une manière de voir.

    — Une méthode… Mais si cette manière est la bonne ? Si elle est comme le seuil, la limite, où des siècles de tâtonnements ont abouti, et devaient aboutir ?

    — Assurément… Mais gare à l’automatisme !

    — Comment !… Vous faites la chasse aux perroquets, vous poussez à la précision et puis, vous tournez casaque !

    — Non. D’ailleurs, il n’existe pas d’esprit qui soit d’accord avec soi-même. Ce ne serait plus un esprit. Mais écoutez un peu. Permettez-moi de m’égarer un peu dans la brousse de la morale.

    — Allez ! Monsieur…

    — Supposez que, par une autorité quelconque…

    — Comme toutes les autorités.

    — Un code de morale, une table des valeurs morales ait été établie ; le bien, le mal, nettement définis ; tous les actes imaginables affectés de coefficients éthiques, positifs ou négatifs…

    — Ou nuls… Mais tout ceci existe…

    — A peu près. Supposez maintenant que par un procédé également quelconque, suggestion toute-puissante, pédiatrie, pédagogie, aussi efficace que la nôtre l’est peu, et qui soit à la nôtre ce que nos moyens matériels sont à ceux des peuplades les plus barbares, — on soit parvenu à rendre l’acte bon tout à fait réflexe, et presque irrésistible ; l’acte mauvais, excessivement pénible, douloureux, même à imaginer…

    — Et alors ?

    — Alors ?… D’abord, plus de mérite, n’est-ce pas ?… Le bien ne coûterait rien. Au contraire, le mal serait hors de prix…

    — Tout marcherait des mieux.

    — Mais les moralistes seraient désespérés…

    — Je n’y vois pas d’inconvénient… Et pourquoi ?… Ils seraient au comble de la jouissance… Plus de péché, plus de fautes, plus de crimes…

    — Mais pas du tout… Ce n’est pas le bien qu’ils aiment… C’est la peine que l’on s’inflige pour faire le bien.

    — Mais ce sont des sadiques !

    — Ce sont des « sportifs ». Ils goûtent l’effort pour l’effort. Vertu c’est force. Toute force contrarie quelque force. Si je fuis le mal… comme ma main fuit une chose? brûlante, — si l’occasion de faire le bien agit sur moi comme agit sur les glandes salivaires…

    — Les tripes…

    — Horreur… Non, quelque beau fruit !… Alors, la conduite humaine…

    — Le comportement.

    — Ce mot m’agace… Inutile et récent.

    — Phobie !… Il est excellent.

    — Bref, je dis que la conduite humaine, ainsi réduite à un automatisme… vertueux, n’offre plus rien d’intéressant.

    — Ceci va loin… Va jusqu’en Cour d’Assises.

    — Vous ne voyez donc pas que cet automatisme éthique ruinerait tout le monde? moral ?…


    Voir en ligne : Œuvres II. Bibliothèque de la Pléiade n. 148.