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La Légende Dorée

SAINT PATRICE

Jacques de Voragine

mercredi 30 juillet 2014

Trad. L’ABBÉ J.-B. M. ROZE, Chanoine Honoraire de la cathédrale d’Amiens.

Selon Pierre Stables ici nous constatons l’existence de mythes et de procédés curieux chez un saint chrétien : le cercle magique, le puits qui se creuse, le Purgatoire terrestre qui évitera celui des théologiens, et enfin, couronnant et prouvant le surréalisme symbolique du tout, cette affirmation invraisemblable et non charitable, selon la morale chrétienne actuel, que beaucoup ne sortiraient jamais vivants de cet ensevelissement.

Patrice [1], qui vécut vers l’an du Seigneur 280, prêchait la passion, de J.-C. au roi des Scots, et comme, debout devant ce prince, il s’appuyait sur le bourdon qu’il tenait à la main et qu’il avait mis par hasard sur le pied du roi, il l’en perça avec la pointe. Or, le roi croyant que le saint évêque faisait cela volontairement et qu’il ne pouvait autrement recevoir la foi de J.-C. s’il ne souffrait ainsi, il supporta cela patiemment. Enfin le saint, s’en apercevant, en fut dans la stupeur, et par ses prières, il guérit le roi et obtint qu’aucun animal venimeux ne put vivre dans son pays.

Ce ne fut pas la seule chose? qu’il obtint ; il y a plus : on prétend que les bois et les écorces de cette province servent de contre-poisons. Un homme? avait dérobé à son voisin une brebis et l’avait mangée ; le saint homme avait exhorté. le voleur, quel qu’il fut, à satisfaire pour le dommage,, et personne ne s’était présenté : au moment où tout le peuple était rassemblé à l’église, il commanda, au nom de J.-C., que la brebis poussât en présence de tous un bêlement dans le ventre de celui qui l’avait mangée. Ce qui arriva : le coupable fit pénitence, et tous, se gardèrent bien de voler à l’avenir.

Patrice avait la coutume de témoigner une profonde vénération devant toutes les croix qu’il voyait ; mais ayant passé devant une grande et belle? croix sans l’apercevoir ; ses compagnons lui demandèrent pourquoi il ne l’avait ni vue ni saluée : il demanda à Dieu, dans ses prières à qui était cette croix et entendit une voix de dessous terre qui disait : « Ne vois-tu pas que je suis? un païen qu’on a enterré ici et qui est indigne du signe de la croix ? » Alors il fit enlever la croix de ce lieu.


Voir en ligne : Sophia Perennis


[1Les éditions latines que nous possédons ; ne nous donnent pas l’interprétation du nom de ce saint ; voici celle que nous trouvons dans une traduction française du XVe siècle : « Patrice est dict ainsi comme saichant. Car par la voulente de nostre Seigneur, il sceut les secretz de paradis et d’enfer. »