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Poimandres Soteriologia

terça-feira 29 de março de 2022, por Cardoso de Castro

    

Excertos de Festugiere Hermetismo - HERMETISMO E MÍSTICA PAGÃ
Vie Spirituelle (I 20-23, IV, VII, XII 1-14)
Le soteria   - salut dans l’hermétisme n’est pas l’effet de la venue soudaine, à un moment du temps, d’un Sauveur qui aurait vécu sur la Terra   - terre, institué des sacrements, puis qui serait mort et remonté au ciel. Le soteria - salut hermétique consiste essentiellement à se connaître, c’est-à-dire à reconnaître en soi-même   cette part de Luz - Lumière, d’nous - intellect divin, que déjà l’on possède naturellement, à la reconnaître, dis-je, et à la chérir, tandis que l’on détestera la partie matérielle, le corps issu des Trevas - ténèbres qui emprisonne cette phos   - lumière. La gnose, la Connaissance, a un double objet: c’est la connaissance de Deus   - Dieu, et c’est la connaissance de soi-même en tant qu’on est, de naissance, un être divin. Lisons en effet: «Que celui qui a l’nous - intellect se reconnaisse soi-même comme immortel, et qu’il sache que la cause de la mort est l’amour» (I 18). «Celui qui s’est reconnu lui-même est arrivé au bien élu entre tous, tandis que celui qui a chéri le corps issu de l’erreur de l’amour demeure dans l’obscurité, errant  , souffrant dans ses sens les choses de la mort» (I 19). Il y aura donc, dès ici-bas, deux catégories d’hommes: il y a ceux qui sont dans la Connaissance, c’est-à-dire dans l’immortalité, ou encore en Deus - Dieu, et il y a ceux qui sont dans l’ignorance, c’est-à-dire dans la mort, ou encore dans les Trevas - ténèbres. Ceux-ci méritent de mourir. Us sont déjà dans la mort, et ils y resteront toujours. Pourquoi ? Parce que — je cite — «la source d’où procède le corps individuel est la sombre obscurité, d’où vient la Natureza - Nature humide, par quoi est constitué dans le monde sensible   le corps où s’abreuve la mort» (I 20). En revanche, celui qui s’est reconnu soi-même «va vers soi», c’est-à-dire vers son vrai moi, vers cette partie divine qui est en lui, donc, en définitive, vers Deus - Dieu. Je cite encore (I 21): «Si donc tu apprends à te connaître comme étant composé de vie et de phos - lumière et que ce sont là les éléments qui te constituent, tu retourneras à la vie».

Mais alors se pose le problème: tous les hommes n’ont-ils pas l’nous - intellect, c’est-à-dire, cette part d’nous - intellect divin qu’ils doivent à leur ancêtre, l’Homem   Celeste - Homme céleste   fils   de Deus - Dieu ? A cette question, qui revient dans le Poimandres   - Poimandrès (I 21), dans le Caverna   - Cratère (IV 3 ss.) et dans le traité XII, la réponse est la suivante: Tous les hommes ont reçu l’nous - intellect en puissance. Mais il dépend d’eux de le mettre en acte. Ils le mettent en acte par la manière dont ils vivent. Ceux qui sont saints, bons, purs, miséricordieux, bref, les hommes pieux, non seulement possèdent l’nous - intellect par essence, mais, du fait qu’ils vivent selon l’nous - intellect, le nous - Noûs   divin se tient en eux comme un ange gardien: «Bien mieux, moi, nous - Noûs, je ne permettrai pas que les opérations du corps, qui les assaillent, consomment sur eux leurs effets. Car, en ma qualité de gardien des portes, je fermerai l’entrée aux actions mauvaises et honteuses, coupant court aux mauvaises pensées» (I 22). De même XII 3: «Quand donc les âmes se laissent dominer par l’nous - intellect, celui-ci leur fait apparaître sa phos - lumière et s’oppose aux mauvaises pensées qui se sont emparées d’eux à l’avance (du fait de leur union au corps)». Comme un bon médecin coupe la partie malade, «ainsi l’nous - intellect fait souffrir l’psyche   - âme en la retirant hors du plaisir, qui est le principe d’où dérive toute maladie de l’psyche - âme» (ib.). En revanche, si les hommes sont insensés, mauvais, vicieux, envieux, cupides, meurtriers, impies, l’nous - intellect divin s’éloigne, cède la place au démon vengeur, qui torture l’psyche - âme malade par les appétits mêmes et les désirs qui la travaillent sans repos et qui ne trouvent jamais satisfaction. Ces hom-mes-là ont bien reçu, eux aussi, l’nous - intellect, mais, comme ils ne vivent pas selon l’nous - intellect, ils n’ont plus pour guide l’nous - intellect divin, ils sont sans nous - intellect (cf. I 23 = XII 4). Ainsi se comprend la doctrine du Cratère qui contredit apparemment celle du Poimandres - Poimandrès et du traité XII. Hermes   - Hermès y enseigne à Tat que tous les hommes ont reçu en partage la raison, mais non pas l’nous - intellect. Et comme Tat demande (IV 3): «Pourquoi Deus - Dieu n’a-t-il pas donné l’nous - intellect en partage à tous ?», Hermes - Hermès répond: «C’est qu’il a voulu que l’nous - intellect fût présenté aux âmes comme un prix qu’elles eussent à gagner». Il a donc rempli d’nous - intellect un grand cratère qu’il a envoyé ici-bas et il a appointé un héraut avec ordre de faire connaître aux hommes cette proclamation: «Toute psyche - âme, qui le peut, doit se plonger dans ce cratère, toute psyche - âme qui croit qu’elle remontera vers Celui qui a envoyé le cratère, qui sait pourquoi elle est venue à l’être  » (IV 4). En réalité toute psyche - âme humaine possède déjà l’nous - intellect. Mais il reste à prendre conscience de cette possession, et, cette connaissance acquise, à faire usage de l’nous - intellect divin immanent. Cela exige des capacités, un effort, — d’où l’expression f] ôuvapiévr), «toute psyche - âme qui le peut», — et surtout, cela exige, au principe, un choix.

On est libre de choisir: suivant le mot de Platon  , aitios ò helomenos, la responsabilité incombe à celui qui a choisi. Selon le choix, il se fait un partage entre les hommes: ceux qui ont choisi pour le corps et contre la phos - lumière, ceux qui ont choisi pour la phos - lumière et contre le corps. C’est cette opérations seconde, dépendante du choix de l’homme, que signifie le don du cratère et l’expression «être baptisé dans le cratère». Ce n’est pas l’opération première, indépendante du choix de l’homme puisqu’elle se passe à la naissance, lorsque l’nous - intellect est donné une première fois à l’homme en qualité d’instrument qu’il faut mettre en usage.

Cette réponse commande à son tour la solution d’une autre difficulté. Celle-ci apparaît dans le traité XII (5-9). Hermes - Hermès a expliqué à Tat comment l’psyche - âme peut se conduire diversement à l’égard de l’nous - intellect qu’elle a reçu, comment elle peut lui obéir ou au contraire se livrer aux passions irrationnelles, comment enfin, dans ce cas, Deus - Dieu fait tomber les âmes sous le coup de la loi pénale, pour les punir et les convaincre de péché. — Mais alors, demande Tat, que devient la doctrine de la Fatalité ? «Si en effet le Destin a déterminé absolument qu’un tel ou un tel sera adultère ou sacrilège ou commettra quelque crime, va-t-on châtier encore celui qui n’a commis l’acte que sous la contrainte de la Fatalité ?» — La réponse est la suivante: Tous les hommes sont soumis à la fatalité en ce qui regarde leur corps, ils croissent et ils meurent. Mais leur état moral dépend de la manière dont ils se comportent à l’égard de l’nous - intellect. Dans l’homme, l’nous - intellect a pour office de maîtriser les passions qui nous enchaînent au corps, partant à la fatalité. Si donc on se livre à l’action bienfaisante de l’nous - intellect, on échappe aux passions, donc au corps, donc au Destin. Le corps subit bien heimarmene   - ta heimarmena, «les choses fatales», l’psyche - âme reste pure de tout mal; le gnostique souffre comme s’il avait commis le crime, mais sans être criminel. L’esprit   humain, qui ne fait qu’un avec le moi   de Deus - Dieu, reste toujours bon. Hermes - Hermès cite alors un mot du Bon Génie, ‘Ayo&ôç Aat[icov, divinité bien comme en Egypte et que les hermétistes se sont appropriée pour en faire, à côté d’Hermes - Hermès, un maître de sagesse révélée. Selon le Bon Génie donc, l’nous - intellect en nous n’est qu’une émanation de l’nous - intellect divin, et, puisque la vie est union de cet nous - intellect et de l’psyche - âme, nous vivons donc par Deus - Dieu, par l’nous - intellect et le moi de Deus - Dieu. Or tous les intelligibles sont un, il n’y a point en eux de Matéria - mati  ère, donc d’espace, et par suite l’nous - intellect divin en nous ne fait qu’un avec le Deus - Dieu-Intellect lui-même. Dès lors, puisque ce Deus - Dieu-Intellect est par essence au-dessus de toutes choses, et que l’nous - intellect en l’homme ne fait qu’un avec ce Deus - Dieu-Intellect, notre nous - intellect, étant l’psyche - âme même et le moi de Deus - Dieu, a puissance de faire tout ce qu’il veut, il règne sur tout, fatalité, loi, etc., et il peut donc mettre l’psyche - âme humaine au-dessus de la Destinée. On voit où aboutit la doctrine: à une aberration morale que l’on rencontre assez souvent chez les faux mystiques. Pourvu que l’psyche - âme se sente en union avec Deus - Dieu, elle est libre de se conduire à sa guise: les crimes qu’elle peut commettre sont le fait de la partie inférieure de son être, de la partie matérielle qui n’est pas le vrai moi. Le vrai moi est déjà divinisé, fixé en Deus - Dieu: le reste n’est qu’apparence: «le gnostique subira (ici-bas) le châtiment de la loi pénale, non pas pour avoir été adultère, mais comme s’il avait été adultère».

A la réserve de cette dernière conclusion, qui est aussi éloignée que possible du christianisme, on pourrait comparer le libre choix de l’hermétiste touchant l’nous - intellect au libre choix du chrétien touchant la grâce. La grâce, elle aussi, est donnée en puissance: tout chrétien baptisé la possède. Mais il s’agit pour lui de la mettre en acte. Pour cela, il faut d’abord qu’il en prenne conscience (il y a donc une prédication chrétienne comme il y a une prédication hermétiste: C. H. I, IV, VII), puis, qu’il choississe, puis, s’il a bien choisi, qu’il fasse effort pour vivre selon la grâce. En ce cas il est uni à l’Esprit de Deus - Dieu, et l’on peut dire de cet Esprit, comme de l’nous - intellect hermétique, «qu’il se tient auprès du juste, et que cette présence lui devient un secours et lui fait connaître toutes choses» (I 22).

  • Poimandres Divinização - DIVINIZAÇÃO